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07 mars 2007

Les missions humanitaires de l'armée américaine

Elles sont aussi importantes que la préparation au combat.

 
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Le capitaine Francesca Lane de l'armée de l'air américaine administre un médicament à un petit Nicaraguayen
Le capitaine Francesca Lane de l'armée de l'air américaine administre un médicament à un petit Nicaraguayen. (Photo armée de l'air)

« Consciente du fait que le communisme se nourrit de la misère et du mécontentement, l'Armée a toujours été prête à aider les peuples infortunés à améliorer leurs conditions de vie. »

--Le général Maxwell Taylor, chef de l'état-major de l'armée des États-Unis.
Discours prononcé à Détroit (Michigan), le 8 mai 1956.

Washington - Changez le mot « communisme » pour « terrorisme » dans la citation ci-dessus, et les propos de Maxwell Taylor demeurent aussi pertinents aujourd'hui qu'ils l'étaient il y a 50 ans.

Alors que des forces américaines sont au combat en Irak, en Afghanistan et ailleurs, des milliers de troupes américaines continuent, chaque jour, de participer à des missions humanitaires et de maintien de la paix dans le monde entier. Leur objectif est de créer les conditions de la stabilité et de la prospérité dans des régions en proie aux troubles politiques ou victimes de catastrophes naturelles.

« Nous vivons dans un monde chaotique. Il n'y a pas de mission plus noble pour un soldat, un marin, un aviateur ou un fusilier marin que le maintien de la paix », a affirmé l'amiral James Stavridis, chef du commandement Sud des États-Unis, le 15 décembre, lors d'une allocution prononcée à l'Inter-American Defense College à Washington. M. Stavridis, qui a participé aux missions de maintien de la paix à Haïti et en Bosnie, a affirmé que les missions à caractère humanitaire ou de maintien de la paix permettaient aux pays de collaborer à la stabilité régionale et mondiale.

« Nous faisons la paix, et nous y travaillons avec toute notre énergie », avait déclaré le général des fusiliers marins Timothy Ghormley, ancien commandant des forces américaines dans la Corne de l'Afrique, lors d'une conférence de presse tenue au Pentagone en septembre 2005. Il avait alors affirmé que le travail humanitaire était une arme aussi importante contre le terrorisme que le combat armé.

Les hauts responsables militaires des États-Unis sont d'accord. Le Plan stratégique national pour la guerre contre le terrorisme, dont la dernière mise à jour remonte au 1er février 2006, mentionne l'aide humanitaire comme méthode essentielle de création des conditions susceptibles de contrer l'influence de l'idéologie terroriste. Ce plan a été conçu par l'état-major des armées, qui comprend les principaux conseillers militaires du président Bush.

Les capacités considérables des forces armées des États-Unis d'alléger les souffrances durant des périodes difficiles est une chance d'influencer la façon dont les populations perçoivent leur situation et leur environnement », est-il affirmé dans le plan stratégique. « Ces efforts sont essentiels pour démontrer notre bonne volonté à l'étranger, renforcer notre soutien à des gouvernements locaux et remédier aux problèmes que les extrémistes exploitent pour amener les gens à soutenir leur cause. »

L'idée n'est pas nouvelle. Cela fait plus de cent ans que les troupes américaines entreprennent des missions humanitaires et de maintien de la paix, allant de la lutte contre la fièvre jaune en Amérique centrale à l'effort massif de secours et de reconstruction après la Deuxième Guerre mondiale, en passant par les opérations de secours d'urgence aux victimes du tsunami de décembre 2004 en Asie du Sud et du tremblement de terre d'octobre 2005 au Pakistan.

Des missions humanitaires locales sont si courantes pour l'armée des États-Unis qu'elles sont souvent considérées comme allant de soi par tout le monde, sauf par les collectivités concernées. Chaque année, des troupes américaines entreprennent des projets humanitaires dans près de 100 pays.

Le 5 mars dernier, par exemple, un avion-cargo de type C-130 de l'Armée de l'air des États-Unis a livré pour 30.000 dollars de fournitures d'urgence dans les régions de l'Est de la Bolivie dévastées par les inondations. Depuis que la Bolivie a déclaré l'état d'urgence, les États-Unis lui ont fait don de près d'un million de dollars d'aide pour faire face à la catastrophe.

Le 26 février, des ingénieurs de l'armée se sont rendus à Assamo (Djibouti), un village situé près de la frontière éthiopienne, pour sonder le site en vue du creusement d'un puits en avril prochain dans le cadre d'un projet d'aide aux collectivités de la Corne de l'Afrique.

Dans la province du Khost, en Afghanistan, de nombreuses troupes américaines de la Base militaire de Salerno ont consacré leurs jours de congé à aider à soigner des malades à la clinique des grands brûlés de la base. Du fait du dur climat de la région, des centaines d'habitants sont en effet brûlés chaque année par l'explosion d'appareils de chauffage dans leur maison. L'armée ne se contente pas de traiter les brûlés sur sa base. Elle a aussi formé des spécialistes afghans afin qu'ils puissent ouvrir des cliniques en dehors de la base.

Cette œuvre humanitaire est souvent coordonnée par les commandements régionaux des États-Unis, dont les réseaux de bases militaires et les relations professionnelles dans des régions clés du monde permettent une réaction rapide en cas de catastrophe ou de déclenchement d'un conflit.

Par exemple, l'un des objectifs que le ministère de la défense cherche à atteindre en créant un commandement en Afrique (AFRICOM) est de mieux coordonner l'aide humanitaire et au développement sur un continent qui revêt une importance stratégique croissante, ont déclaré des responsables du Pentagone et du département d'État en février dernier.

En Amérique latine et aux Antilles, le Commandement Sud (SOUTHCOM) doit effectuer 61 exercices médicaux en 2007 avec 14 pays partenaires. En 2006, ces exercices ont permis d'offrir des soins à plus de 270.000 habitants de la région. Le SOUTHCOM a en outre aidé à construire ou à rénover trois centres régionaux d'opérations d'urgence et 13 entrepôts de matériel de secours, et il a positionné des fournitures d'urgence dans l'ensemble de la région. Huit centres d'opérations d'urgence et sept entrepôts supplémentaires sont en cours de construction. Au Honduras, la Force mixte Bravo (JTF-Bravo) a déployé neuf hélicoptères et livré plus de 50 tonnes de vivres, d'eau et de fournitures médicales lorsque la tempête tropicale Gamma a frappé le pays en novembre 2005, faisant 34 victimes.

Lorsque l'ouragan Stan a frappé le Guatemala en septembre 2005, les États-Unis ont été en mesure de répondre immédiatement du fait de la proximité de la JTF-Bravo.

« La Force Bravo avait des hélicoptères sur le terrain dans les 24 heures qui ont suivi la demande d'aide du gouvernement du Guatemala », a déclaré le général Bantz Craddock, le prédécesseur de M. Stavridis, lors d'une déposition au Congrès en mars 2006. Malgré des conditions météorologiques difficiles, ces hommes ont réussi à livrer les vivres et autre matériel de secours dont les collectivités isolées avaient le plus grand besoin.

Une réaction rapide et efficace a été possible, a affirmé M. Craddock, parce que les équipes de vol opèrent régulièrement dans la région et, en conséquence, connaissent le terrain et les responsables locaux.

(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

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