18 juin 2007
Cette ancienne combattante de la guerre d'Irak, amputée des deux jambes, a brigué un poste d'élue en 2006.
Washington - De l'avis d'une ancienne combattante de la guerre en Irak qui s'est présentée aux élections législatives de 2006, il est indispensable que les femmes participent au processus politique.
« Je pense que le processus politique est extrêmement important », a souligné Mme Ladda Duckworth (surnommée Tammy) à l'occasion d'une discussion en ligne (webchat), organisée le 14 juin, ajoutant : « Je dis toujours aux gens que s'ils ne votent pas, c'est la même chose que s'ils votaient pour le candidat qui va remporter l'élection. »
Mme Duckworth est d'origine thaïlandaise. Elle a été nommée au poste de directrice du département des anciens combattants de l'Illinois en novembre 2006. En Irak, elle était pilote d'hélicoptère et a volé plus de 200 heures à bord d'un hélicoptère Blackhawk. Lors d'une mission, en novembre 2004, son hélicoptère a été touché par un tir de roquette et a explosé. Elle a été grièvement blessée ; ses deux jambes ont dû être amputées et son bras droit gravement endommagé.
Son service à l'armée lui a valu de nombreuses distinctions, notamment le « Purple Heart », la « Air Medal », l'« Army Commendation Medal », la « Meritorious Service Medal » et la « National Defense Service Medal ». Elle s'est présentée à la dernière élection législative, en 2006, en tant que représentante de l'Illinois, et n'a perdu que de quelque 4.000 voix. Elle n'a pour l'instant pas encore décidé si elle se représentera ou non en 2008.
Elle a fait valoir à ses interlocuteurs féminins des quatre coins du monde, notamment en Afrique, l'importance de participer au processus politique de leur pays, expliquant qu'un excellent moyen de débuter en politique, était de travailler en tant que bénévole dans la campagne d'une autre personne.
En effet, lorsqu'un bénévole travaille pour la campagne d'un candidat, il (ou elle) peut observer comment fonctionnent les rouages de la politique, améliorer ses compétences et trouver des idées pertinentes pour son avenir politique.
Il est essentiel que les femmes qui veulent se lancer dans la politique aient l'appui de leur famille, ou tout au moins d'une personne qui leur est proche. Il leur faut ensuite s'entourer de gens compétents qui peuvent leur donner de bons conseils et ne leur cachent pas la vérité.
« Il faut avoir des gens en qui vous pouvez avoir entière confiance et qui vous maintiendront sur la voie que vous avez choisie », a-t-elle déclaré.
Elle a aussi fait valoir l'importance d'avoir un guide, quelqu'un qui a déjà brigué un poste d'élu. « Vous seriez surpris de voir combien de gens à qui on ne demande pas d'aide et qui pourtant seraient heureux et flattés de vous en apporter », a-t-elle dit.
Selon Mme Duckworth, les femmes s'intéressent à la politique, « mais on en décourage beaucoup de participer ».
« Nombreuses sont les femmes qui s'intéressent d'abord à la politique parce qu'elles se sentent concernées par les questions touchant la famille, mais par la suite bien d'autres thèmes les préoccupent (...) Je pense que les femmes sont très sensibles aux questions qui touchent la famille, telles que les soins médicaux, l'éducation, et les questions liées aux femmes. Ce sont là des questions qui affectent tous les membres de la société, pas seulement les femmes », a-t-elle fait observer.
La politique n'est pas pour les timides, a-t-elle fait remarquer, et l'agressivité a souvent été découragée chez la femme, si bien que beaucoup d'entre elles ne sont pas équipées pour la politique, d'où l'importance d'avoir un « parrain ».
Pour elle, la création d'une organisation internationale qui appuierait les candidates à des postes électifs ne serait guère utile car chaque pays a un système politique différent.
« Peut-être chaque pays devrait-il mettre sur pied sa propre organisation qui organiserait une conférence annuelle », a-t-elle suggéré.
Un candidat idéal, a-t-elle dit, « doit se souvenir comment les gens ordinaires vivent (...), savoir ce dont la majorité des gens ont besoin, pas seulement les riches ».
Et de proposer : « La prochaine fois que vous voyez un politicien, demandez-lui ce que coûte l'un des produits alimentaires de base de votre culture (...) Celui qui le sait connaît bien les gens qu'il doit servir. »
Faisant allusion aux pays qui ont élu une femme présidente, elle a rappelé : « Ce dont on a besoin, ce n'est pas nécessairement d'une femme à la tête d'un pays, mais de groupes qui appuient la participation des femmes et la diversité en matière de politique. Il faut aider les minorités et les femmes à percer dans le gouvernement. Il faut que davantage de personnes les aident à cette fin. N'importe qui peut apporter cette aide, pas seulement les autres femmes et les responsables de gouvernement appartenant à une minorité. »
(Diffusé par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)