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15 juin 2007

Grippe aviaire : constitution de réserves de vaccins pour les pays en développement

L'action de l'OMS dans ce domaine et l'entrée en vigueur du nouveau Règlement sanitaire international

 
Agrandissement
Test d'échantillons
Test de dépistage des différentes souches de grippe aviaire. (© AP Images)

Washington - L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé, le 14 juin, qu'elle œuvrait de concert avec des laboratoires pharmaceutiques en vue de créer des réserves mondiales de vaccins contre le virus H5N1 de la grippe aviaire, qui a causé la mort de 190 personnes depuis 2003, en vue de les fournir aux pays très pauvres dans les meilleurs délais en cas d'une pandémie.

Le même jour, le laboratoire pharmaceutique GlaxoSmithKline a indiqué qu'il donnerait 50 millions de doses d'un vaccin « pré-pandémique » que l'on pourrait administrer à 25 millions de personnes (2 injections par personne) pendant les quelques premiers mois d'une pandémie mondiale en attendant de mettre au point un vaccin adapté à cette pandémie.

Trois autres grands laboratoires, Omninvest (Hongrie), Baxter International et Sanofi Pasteur, ont aussi offert à cet effet un nombre non précisé de doses de vaccin contre le H5N1.

Le 23 mai, le ministre de la santé et des services sociaux des États-Unis, M. Michael Leavitt, avait déclaré à ce propos : « Les États-Unis sont résolus à œuvrer de concert avec les États membres de l'OMS et avec cette institution pour découvrir d'autres moyens de satisfaire les besoins à court terme de vaccins contre la grippe, y compris des vaccins pré-pandémiques. »

Des réserves mondiales

Il reste encore à mettre au point les détails de la constitution de ces réserves, a déclaré la porte-parole de l'OMS, Mme Christine McNab, lors de l'interview qu'elle accordée à l'USINFO le 14 juin.

« Il est probable qu'une réunion ou une série de réunions porteront sur l'emploi de ces réserves. Il reste aussi de nombreuses questions à ce sujet : s'agira-il de réserves virtuelles et, sinon, où seront-elles entreposées ? Quand et comment seront-elles utilisées et dans quels pays ? »

L'annonce de l'OMS fait suite à la demande que l'Assemblée mondiale de la santé, qui est l'organe directeur de l'OMS, a faite en mai au sujet de la constitution de telles réserves.

La directrice générale de l'OMS, le docteur Margaret Chan, a déclaré le 14 juin dans un communiqué : « L'OMS accueille avec satisfaction la contribution du secteur des vaccins et collabore aussi avec plusieurs pays en vue de la mise en place d'installations de production de vaccins contre la grippe. »

L'OMS se prépare à faire face à une pandémie éventuelle de grippe en élaborant des plans de maîtrise de la pandémie prévoyant des mesures de santé publique (isolement, mise en quarantaine, hygiène personnelle et distanciation sociale), l'emploi d'antiviraux, l'aide à des pays pour leur permettre d'augmenter leur capacité de production des vaccins et le transfert des techniques de production des vaccins aux pays en développement.

Les réserves de vaccins ne seront utiles que si la prochaine pandémie de grippe est due au virus H5N1, a fait remarquer Mme McNab. Elle a cependant ajouté que même si c'était un virus tout à fait différent qui déclenchait une pandémie mondiale, l'expérience acquise lors de la constitution de ces réserves serait utile.

Le nouveau Règlement sanitaire international

Le nouveau Règlement sanitaire international de l'Organisation mondiale de la santé, qui s'applique à ses États membres, est entré en vigueur le 15 juin. Il vise à limiter la propagation au niveau international d'épidémies, de pandémies et d'autres situations d'urgence en matière de santé publique et à réduire au minimum les perturbations susceptibles d'entraver les déplacements, les échanges commerciaux et l'activité économique.

En 2005, les États membres de l'OMS ont approuvé la révision du règlement sanitaire de 1969 qui ne portait que sur 4 maladies : le choléra, la peste, la fièvre jaune et la variole, cette dernière maladie ayant été éradiquée.

Adopté par la plupart des pays, ce règlement a force obligatoire et est destiné à prévenir la propagation rapide de maladies d'un pays à un autre. Ces maladies comprennent de nouvelles infections tels que le virus de la grippe aviaire chez l'homme et le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), qui a causé une épidémie de grande ampleur de novembre 2002 à juillet 2003 : 774 personnes sur les 8.000 qui ont contracté ce syndrome en sont mortes.

« Le SRAS nous a fait prendre conscience des risques encourus, a dit Mme Chan. Il se propage plus rapidement que prévu et n'a été endigué que grâce à la coopération poussée entre les pays qui ont empêché cette nouvelle maladie de se répandre. »

D'autres risques peuvent aussi découler du déversement accidentel ou délibéré de produits chimiques, de la contamination de produits alimentaires et d'accidents nucléaires.

(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

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