13 juin 2007

Des ONG se consacrent à l'éradication de la traite des personnes

Les efforts qu'elles mènent de par le monde sensibilisent les populations et entravent les activités illicites.

 

Washington - Aux quatre coins du monde, des organisations non gouvernementales (ONG) financées par les États-Unis œuvrent en vue de prévenir la traite des personnes, d'assister les victimes et d'arrêter et poursuivre en justice les agresseurs sexuels d'enfants.

Que ce soit en Afrique, en Europe ou en Asie, diverses initiatives sensibilisent les populations à la pratique illégale de la traite des personnes.

Le Protocole additionnel à la Convention des Nations unies contre la criminalité transnationale organisée visant à prévenir, supprimer et punir le trafic des personnes précise que la traite des personnes implique le recours à la force ou à des méthodes coercitives pour transporter des personnes, y compris des enfants, en vue de leur exploitation à des fins sexuelles ou de leur travail.
(http://www.uncjin.org/Documents/Conventions/dcatoc/final_documents_2/convention_ %20traff_french.pdf)

Prévenir le trafic des êtres humains

En Afrique occidentale, une ONG locale, le « Lutrena Project for the Mobilization and Building Capacity of Road Haulers » a formé une alliance avec le syndicat national des transporteurs routiers, au Burkina Faso, pour intercepter et rapatrier les victimes de la traite des personnes.

Dans les gares routières de sept des treize régions où la traite des enfants est courante, cette ONG a mis en place un mécanisme d'alerte qui a permis d'intercepter 549 enfants en 2006, dont 4 filles, et de poursuivre en justice 29 trafiquants.

Le réseau burkinabè de lutte contre la traite des personnes comprend des représentants des syndicats de chauffeurs routiers, des forces de sécurité et des associations de bienfaisance et religieuses qui s'efforcent de mettre à jour des activités pouvant être liées à la traite des personnes et les rapportent aux autorités compétentes.

Au Cambodge, le réseau « ChildSafe », créé et géré par l'ONG « Friends International », s'efforce de réprimer le tourisme sexuel impliquant des enfants en donnant aux chauffeurs de moto-taxi les informations leur permettant d'identifier et de déclarer aux autorités les comportements suspects de touristes qui pourraient s'intéresser aux enfants à des fins sexuelles. Il a notamment formé 36 chauffeurs de moto-taxi et les employés de 25 hôtels à l'identification et à la protection des enfants risquant de se faire exploiter à des fins sexuelles à Sihanoukville, une ville estivale.

Au Népal, « Shakti Samuaha » est la première ONG du monde à avoir été créée par d'anciennes victimes de la traite des personnes et plus de 120 d'entre elles ont assisté à la conférence qui avait été organisée en mars pour commémorer la Journée internationale de la femme. Les participants à la conférence ont concentré leurs travaux sur la prévention du trafic des personnes vulnérables, notamment d'adolescentes, et sur la fourniture de services de réinsertion à ses victimes.

Au Bangladesh, l'ONG « INCIDIN » qui se voue à la défense des droits des enfants, œuvre pour prévenir la prostitution des jeunes garçons dans le pays. Cette ONG veut faire la lumière sur la situation et faire en sorte que le sujet puisse être évoqué ouvertement. Elle a ouvert un abri de nuit pour les enfants de la rue de Dhaka et travaille avec le gouvernement du Bangladesh pour étendre le programme à d'autres régions du pays.

Donner des ressources aux victimes

En Bosnie-Herzégovine, l'ONG « Vasa Prava » fournit une assistance juridique gratuite aux victimes de la traite des personnes. Créée en 1996, l'organisation a 16 bureaux permanents et 50 unités mobiles disposant d'un personnel fort de 80 employés. Elle est venue en aide à plus de 400.000 Bosniaques. Des avocats associés à l'organisation assistent les victimes de la traite des personnes dès leur arrivée dans un lieu de refuge et ils font les démarches pour que les victimes étrangères puissent recevoir un permis de résident ainsi que l'asile.

Les victimes à qui « Vasa Prava » vient en aide sont plus susceptibles d'être des témoins à charge lors des procès de leurs trafiquants et leurs témoignages ont conduit à l'inculpation de plusieurs trafiquants notoires et réseaux de criminels organisés.

Au Malawi, des policiers ayant reçu une formation spéciale pour reconnaître les victimes d'une exploitation, y compris de la traite des personnes, œuvrent à sensibiliser la population et aident les organisations locales à fournir des services de réinsertion aux victimes. Dans les 27 circonscriptions du pays, près de 400 officiers chargés de la protection de l'enfance jouent un rôle essentiel en surveillant les signes d'activités liées à la traite des personnes et c'est à ces derniers que l'on doit l'identification de près de la moitié des affaires de trafic de personnes au Malawi.

Sensibiliser le public

Des vedettes du foot, en Allemagne et en Afrique du Sud, braquent les feux des projecteurs sur le sujet de la traite des personnes en lançant des campagnes de sensibilisation.

Dans le courant de 2005, en vue de la Coupe du monde 2006 de football, le gouvernement allemand, des organisations internationales et des ONG ont mis en œuvre des mesures visant la prévention et la protection de la traite des personnes qui pourraient être un modèle efficace pour les grandes manifestations sportives internationales à venir.

Plus d'un an avant la Coupe du monde, les services policiers allemands ont mis au point des stratégies visant spécifiquement à empêcher le trafic de personnes à des fins d'exploitation sexuelle à l'occasion de ces rencontres sportives.

Les politiciens et autres personnalités publiques ont donné leur appui aux diverses initiatives visant la lutte contre le trafic de personnes et le gouvernement a financé le lancement par des ONG de campagnes d'informations publiques et la mise en place de numéros de téléphone gratuits auxquels pouvaient accéder 24 heures sur 24 les victimes de la traite des personnes et les spectateurs de la Coupe du monde. Des affiches et des brochures ont été placées à des endroits stratégiques où les gens regardaient la diffusion des matchs sur de grands écrans extérieurs, une stratégie qui a atteint un public bien plus vaste que toute autre campagne organisée auparavant.

En 2006, durant un match amical avant un grand match de foot, les « Kaizer Chiefs » d'Afrique du Sud ont porté des maillots où était inscrit un message appuyant la lutte contre le trafic des personnes ainsi que le numéro de téléphone gratuit d'une ONG. Diffusé à la télévion dans tout le pays, le match inaugurait officiellement la campagne de sensibilisation de l'Afrique du Sud au problème de la traite des personnes qui vise à le rendre moins courant avant la Coupe du Monde 2010, qui aura lieu dans ce pays.

Arrêter et poursuivre en justice les criminels

En République tchèque, une unité de police spéciale est chargée de combattre la traite des personnes visant à exploiter leur travail. Les policiers coordonnent leur travaux avec les inspecteurs du travail qui font respecter les lois en matière de conditions de travail et ils donnent plus de poids à la collaboration entre les divers organes gouvernementaux lors d'enquêtes et de poursuites ayant trait au travail forcé.

Au Cambodge, l'ONG « Action pour les enfants » (APLE) aide la police à arrêter les délinquants sexuels itinérants. Du fait de son action, les autorités cambodgiennes ont arrêté 21 pédophiles et délinquants sexuels impliquant des enfants en 2006. L'organisation APLE collabore avec la police locale et les responsables judiciaires pour faciliter une meilleure coordination avec les responsables policiers étrangers et fournir une assistance juridique aux victimes.

(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

Créer un signet avec :    Qu'est-ce que c'est ?