12 juin 2007
Les huit « champions de la lutte contre l'esclavage des temps modernes » sélectionnés par le département d'État
Washington - À l'occasion de la parution de son rapport annuel sur la traite des personnes, le département d'État des États-Unis a rendu hommage à une commissaire de police ghanéenne, Mme Patience Quaye, pour les efforts extraordinaires qu'elle avait faits pour faire appliquer une nouvelle loi ghanéenne visant à lutter contre la traite des personnes.
Mme Quaye, qui fait partie de la police depuis trente ans, figure parmi les huit « champions de la lutte contre l'esclavage des temps mordernes » pour le rôle qu'elle a joué dans la poursuite d'un homme qui avait enlevé son beau-fils âgé de 9 ans et qui l'avait vendu à des inconnus au Nigeria et dans sa traduction devant les tribunaux, où il a été condamné à six ans de prison.
Lors de l'interview téléphonique qu'elle a accordée à l'USINFO le 5 juin, Mme Quaye a déclaré qu'elle était très reconnaissante aux États-Unis pour lui avoir décerné cette distinction. L'arrestation de cet homme et sa condamnation, a-t-elle dit, constituent un bon résultat découlant de la loi sur la traite des personnes que le Parlement ghanéen a adoptée en 2005.
À la suite du dépôt de la plainte d'une femme indiquant que son mari avait enlevé son fils d'un premier lit, les autorités ghanéennes ont reçu des informations selon lesquelles ils se trouvaient tous deux à Lagos (Nigeria). « Quand je me suis rendu au Nigeria, j'ai découvert qu'il avait tenté de vendre l'enfant sans succès et qu'il était parti à Abuja (la capitale du Nigeria) », a-t-elle dit.
À Abuja, qui est située à 600 kilomètres de Lagos, le beau-père a réussi à vendre l'enfant, mais des personnes qui avaient des soupçons l'ont dénoncé à la police, et celle-ci l'a arrêté.
Après une série d'entretiens empreints d'esprit de coopération avec les autorités nigérianes, Mme Quaye a réussi à faire extrader le beau-père vers le Ghana, où il a été jugé et déclaré coupable de traite d'une personne. Ce fut la première traduction en justice en vertu de la loi de 2005 qui ait été couronnée de succès.
Selon un haut responsable de l'ambassade des États-Unis à Accra, le département d'État tient en très grande estime Mme Quayle pour ce qu'elle a fait, car, même si la loi avait été promulguée, son décret d'application n'était pas encore entré en vigueur. Son action représente ce qu'il y a de mieux en matière de police judiciaire au Ghana, a-t-il dit.
Depuis 2005, l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) a consacré plus de 2,2 millions de dollars au titre de la lutte contre la traite des personnes dans 8 pays africains.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)