11 juin 2007

Il est temps d'agir en vue de donner son indépendance au Kosovo, déclare M. Bush

Le président exprime également son appui au souhait de l'Albanie de faire partie de l'OTAN.

 
Le président Bush et les premiers ministres de l'Albanie, de la Croatie et de la Macédoine
Le président Bush et les premiers ministres de l'Albanie, de la Croatie et de la Macédoine. (© AP Images)

Washington - Nombreux sont les membres de l'Union européenne qui, à l'instar des États-Unis et de l'Albanie, appuient la proposition de M. Martii Ahtisaari, envoyé spécial de l'ONU, en faveur d'une indépendance « supervisée » pour le Kosovo, a souligné le président Bush lors d'un exposé à la presse donné le 10 juin pendant sa visite en Albanie, et auquel participait également le premier ministre de ce pays, M. Sali Berisha.

Selon le président, le moment est venu d'agir à ce sujet. « L'indépendance est l'aboutissement. Faisons en sorte que le processus progresse », a-t-il dit.

Province de Serbie, le Kosovo est administré par les Nations unies depuis 1999, date à laquelle les alliés de l'OTAN sont intervenus pour faire cesser les attaques serbes contre les Albanais du Kosovo, une ethnie séparatiste qui constitue 90 % de la population du Kosovo. Les 10 % restants, appartenant à l'ethnie serbe et qui ont de profonds liens culturels et religieux avec le Kosovo, souhaitent continuer à faire partie de la Serbie.

En vertu du plan de M. Ahtisaari, les autorités kosovares auraient le droit à l'indépendance et pourraient négocier et conclure des accords internationaux, mais le Kosovo resterait sous la supervision d'un administrateur de haut rang de l'Union européenne disposant de vastes pouvoirs lorsqu'il s'agit d'abroger des lois ou de limoger des personnes coupables du non-respect des termes du règlement de paix de l'ONU. Une mission européenne serait aussi créée afin de surveiller les services de police et l'appareil judiciaire, et l'OTAN continuerait sa surveillance des frontières du Kosovo et à maintenir la paix dans le pays jusqu'au moment où il aurait mis sur pied sa propre force militaire.
(voir : http://www.unosek.org/docref/rapport-francais.pdf et http://www.unosek.org/docref/Proposition_globale-fran %E7ais.pdf)

Les États-Unis appuient la résolution que le Conseil de sécurité de l'ONU a adoptée en appui à cette proposition. Cependant, la Russie, qui est membre permanent du Conseil de sécurité et qui dispose du droit de veto, a exprimé des préoccupations à propos de cette mesure, faisant valoir qu'elle ne contient pas de protections pour les Serbes qui sont une minorité ethnique et qu'elle pourrait constituer un précédent pour régler des « conflits en situation d'impasse » en Moldavie, en Géorgie et ailleurs autour de la Russie.

Les États-Unis, pour leur part, ne pensent pas que l'indépendance du Kosovo créerait de précédent.

« La plupart des gens, au sein de l'Union européenne, sont très favorables au plan de M. Ahtisaari. Ils espèrent simplement qu'un accord sera possible entre les diverses parties concernées de façon à ce que le passage à l'indépendance se fasse aussi facilement que possible. Mais, s'il s'avérait que cela ne puisse se produire dans un avenir assez proche, je pense qu'il faudra alors mettre en œuvre la résolution du Conseil de sécurité », a dit M. Bush, ajoutant que son pays appuyait les aspirations de la Serbie à « s'intégrer davantage à l'Occident ». Cette intégration aurait pour effet d'encourager la coopération bilatérale avec les États-Unis, notamment au plan du développement, et favoriserait peut-être son adhésion à l'OTAN et à l'Union européenne.

Les États-Unis, a indiqué M. Bush, soutiennent aussi le vœu énoncé par l'Albanie de devenir membre de l'OTAN et tiennent à l'aider à répondre aux critères sous-tendant une telle adhésion.

« L'un des critères d'adhésion à l'OTAN repose sur une réorganisation des forces de la défense. L'Albanie ne ménage pas ses efforts pour y parvenir et pour répondre aux normes imposées pour en devenir membre, s'efforçant, entre autres, de mettre sur pied une réforme politique et d'obtenir des résultats concrets dans la lutte contre la criminalité organisée et la corruption », a-t-il expliqué.

Le président a aussi remercié l'Albanie pour son assistance en Irak et en Afghanistan.

« Les Albanais n'ignorent rien de la tyrannie. Ils œuvrent donc à donner l'espoir de la liberté aux peuples qui ne l'ont jamais connue. C'est un noble effort et un sacrifice », a-t-il déclaré.

(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

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