23 juillet 2007

Le point sur le plan des États-Unis pour se prémunir contre une pandémie de grippe

Les préparatifs contre la grippe peuvent s'appliquer à la protection contre d'autres maladies.

 

Washington - Selon les conclusions d'un rapport publié le 17 juillet par la Maison-Blanche, grâce aux efforts coordonnés qui ont été entrepris au niveau intergouvernemental, les États-Unis sont aujourd'hui plus aptes à déceler une flambée de pandémie de grippe, à appuyer les initiatives mises en œuvre au plan international pour circonscrire rapidement une telle pandémie, à en limiter la propagation et à sauver ainsi de nombreuses vies.

Il est nécessaire, cependant, de poursuivre les efforts afin de renforcer les mécanismes de surveillance de la maladie, d'accroître la capacité des hôpitaux et d'aider l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à améliorer l'accès de tous les pays aux vaccins, conclut le « Homeland Security Council » (Conseil de sûreté nationale) dans son évaluation, au bout d'un an, du plan de mise en œuvre de la Stratégie nationale en matière de lutte contre la grippe pandémique.

La publication de cette évaluation coïncide avec la publication d'un rapport de l'OMS faisant état des derniers chiffres concernant le nombre de victimes, dans le monde, de la souche très pathogène du virus H5N1 de la grippe aviaire, qui se chiffre à 318, dont 192 décès. Parmi les oiseaux, il semblerait que l'épidémie demeure tout aussi vigoureuse quelle que soit la région du monde.

« Les maladies infectieuses n'épargnent aucun pays », a rappelé le 17 juillet M. John Lange, représentant spécial du département d'État pour la grippe aviaire et la grippe pandémique, à l'occasion d'un exposé à la presse, ajoutant : « L'un des principaux éléments de notre campagne visant à circonscrire la propagation du virus fortement pathogène de la grippe aviaire et nous préparer à la possibilité d'une épidémie de grippe repose sur un engagement à l'échelle mondiale, notamment sur la continuité des initatives des gouvernements, des organisations internationales et du secteur privé. »

Le président Bush avait annoncé l'initiative nationale des États-Unis en matière de lutte contre la grippe en 2005. Le plan relatif à son application, rendu public en mai 2006, énonçait plus de 300 mesures que devaient mettre en œuvre au niveau national et international les divers organes du gouvernement au cours des 12 mois suivants. À ce jour, 86 % de ces mesures se sont concrétisées, le reste devant l'être dans les six prochains mois.

Partenariat international

Pour être en mesure de faire face à la menace d'une pandémie de grippe à sa source, les États-Unis ont fait des contributions essentielles afin de juguler la propagation dans le monde du virus H5N1 en travaillant de concert avec l'OMS, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), l'Organisation mondiale pour la santé animale et bien d'autres organismes internationaux.

Par le truchement du Partenariat international sur la grippe aviaire et la grippe pandémique, les spécialistes américains travaillent avec les pays touchés et avec des partenaires internationaux en vue de prévenir, détecter et circonscrire les foyers chez l'animal, limiter les risques de contamination de l'homme et renforcer les mécanismes permettant de se préparer à d'éventuelles flambées.

Les États-Unis aident une centaine de pays à trouver des solutions aux problèmes liés à la grippe aviaire. Au cours des douze derniers mois, par exemple, le gouvernement américain a facilité la formation à la surveillance et au contrôle du virus H5N1 de plus de 129.000 personnes travaillant dans le domaine de la santé animale et 17.000 membres du personnel sanitaire ; il a par ailleurs envoyé 300.000 nécessaires de protection personnelle pour les membres d'équipes attachés à la surveillance et à l'endiguement des flambées épidémiques dans 70 pays.

Des spécialistes américains ont aussi apporté une assistance technique cruciale lors d'enquêtes sur les foyers d'infection par le virus H5N1 dans des pays de trois continents et fourni une aide technique, matérielle, logistique ou financière à 39 des 60 pays touchés par le virus H5N1.

Les États-Unis travaillent en outre à la modernisation des laboratoires de diagnostic et des réseaux d'alerte précoce de 75 pays.

« Nous nous efforçons aussi de rétablir les capacités de production de vaccin et de faciliter le recours aux nouvelles techniques (telles que l'incorporation aux médicaments de substances particulières pour en renforcer les effets) afin d'accroître le nombre de personnes pouvant être vaccinées avec une seule dose de vaccin », a expliqué le docteur Rajeev Venkayya, assistant spécial du président pour la biodéfense.

Les oiseaux et les frontières

Aux côtés de partenaires associés à d'autres organes fédéraux, les chercheurs du ministère américain de l'agriculture (USDA) poursuivent leur surveillance générale des oiseaux sauvages là où ils passent en Amérique du Nord. Dans le cadre d'une stratégie portant sur une alerte précoce, ils prennent aussi part à la surveillance des oiseaux sauvages en Russie, au Groenland et au Mexique.

Des membres du personnel de l'USDA sont affectés à des équipes d'évaluation et de réaction rapides (à la grippe aviaire) qui travaillent dans 30 pays, et 130 employés se sont portés volontaires pour un déploiement à l'étranger par le biais de la FAO ou dans le cadre d'un accord bilatéral avec un pays touché par cette maladie et les États-Unis.

« Nous avons aidé une cinquantaine de pays à distribuer des informations visant à prévenir la propagation du virus H5N1. Nous avons aidé à la formation de plus de 100.000 personnes dans d'autres pays, tant du personnel attaché à la santé animale que des biologistes spécialisés dans les animaux sauvages ou des décideurs politiques », a précisé le chef vétérinaire de l'USDA, M. John Clifford.

Le département du ministère de la sécurité intérieure chargé de la protection douanière et des frontières (Customs Border Protection, CBP) travaille en collaboration avec le Canada et le Mexique pour mettre au point, par le biais de conférences, des recommandations et des pratiques appropriées à l'intention du personnel policier, des services médicaux d'urgence, des travaux publics et des services responsables de la gestion des situations d'urgence.

Sous la houlette de l'Administration de la sécurité des transports (TSA), des responsables du CBP, du Centre fédéral d'épidémiologie (CDC), du département d'État, du ministère de la défense et de l'Administration fédérale de l'aviation (Federal Aviation Administraiton, FAA) sont en train de mettre au point un plan permettant de guider les compagnies aériennes américaines au cas où une épidémie se déclencherait.

Si ces mesures sont conçues pour faire face à une pandémie de grippe chez l'homme, elles fournissent aussi la structure permettant de faire face à toutes les autres menaces biologiques, qu'elles soient d'origine naturelle ou terroriste, a souligné le docteur Jeff Runge, responsable du ministère de la sécurité intérieure chargé de la préparation aux pandémies.

« Si le H5N1 devait disparaître du jour au lendemain, la nécessité de se préparer à une pandémie ne disparaîtrait pas pour autant, et il nous faut y penser en tant que communauté, que société, et ce pour le long terme », a fait observer le docteur John Agwunobi, ministre adjoint de la santé et des affaires sociales.

(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

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