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16 juillet 2007

Les racines sénégalaises, britanniques et amérindiennes de la Virginie

Le Festival annuel des traditions populaires à Washington

 
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Karenne Wood
Karenne Wood, le 5 juillet, au Festival des traditions populaires de l'institution Smithsonian. (Photo Janine Sides/ Dép. d'État)

Washington - Le Festival des traditions populaires, organisé chaque année par l'institution Smithsonian, a été cette année l'occasion notamment d'explorer les racines amérindiennes, africaines et anglaises de la Virginie. Les organisateurs du festival ont tiré parti de l'attention particulière dont bénéficie cet État qui célèbre cette année le 400e anniversaire de la fondation de Jamestown, la première colonie anglaise permanente créée en Amérique du Nord.

Ont participé au festival, qui a pris fin le 8 juillet, des artisans et des agriculteurs venus du Sénégal, d'où provenaient les premiers esclaves africains, et du comté du Kent (Angleterre), d'où sont venus les premiers colons de Jamestown. Il y avait également des représentants des huit dernières tribus indiennes de la Virginie. Il s'agissait de montrer l'influence de ces trois groupes sur la vie des habitants de l'État actuel de la Virginie.

Par exemple, les célèbres cacahouètes de la Virginie proviennent de plantes apportées par les esclaves. Non loin d'agriculteurs sénégalais qui expliquaient la culture de l'arachide, l'éleveur virginien Sam Edwards montrait aux visiteurs comment sa famille salait et fumait des jambons depuis des générations.

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Yoro Kebé
Kebé, artiste Sénégalais, au Festival des traditions populaires de l'institution Smithsonian. (Photo Janine Sides/ Dép. d'État)

Amy Ritchie, qui a aidé à organiser l'exposition intitulée « Les racines de la Virginie », a évoqué la longue histoire et les paysages variés de l'État. « Nous avons des montagnes et des plages, et les traditions qui les accompagnent et qui se mélangent pour former ce qui est aujourd'hui la Virginie. » C'est ce mélange de traditions qui a abouti à des innovations musicales telles que le « bluegrass », qui est une combinaison de chansons d'origine écossaise et irlandaise accompagnées au banjo, instrument apporté d'Afrique.

« Vous pouvez observer un forgeron anglais et son homologue africain. Ils travaillaient alors de façon différente, mais ils ont appris les uns des autres », a dit Linda Stanier, une bénévole du festival.

Membre de la tribu Monacan de Virginie, Karenne Wood a fait une démonstration de broderie perlée et d'enfilage de perles. Un collier de toutes petites perles, qui peut prendre des semaines à confectionner, était souvent offert en signe de respect et d'amitié.

« Dans notre tradition, les perles sont considérées comme des objets spirituels parce qu'elles réfléchissent la lumière. Les objets brillants ont une signification particulière, et une fonction très décorative. » Elle a précisé que, traditionnellement, les Indiens n'avaient pas de mot pour « art ». « On faisait de belles choses parce que c'était une obligation vis-à-vis de la matière avec laquelle on travaillait. On cherchait à faire quelque chose de très beau, mais on ne pensait pas à faire de l'art. »

Un artisan du comté de Kent, Keith Hill, a démontré l'art traditionnel anglais de la création de vitraux semblables à ceux qui ont décoré les premières églises de la Virginie. Après avoir montré comment on courbait les baguettes souples de plomb dans lesquelles on insérait les morceaux de verre, il a présenté la photographie d'un morceau de vitrail découvert lors de fouilles réalisées sur le site d'une colonie américaine du XVIIe siècle. On pouvait y distinguer le nom de l'artisan, qui était le même que celui qui figure sur les baguettes de plomb que l'on trouve en Angleterre.

Sam Edwards considère le fait d'avoir été invité à participer au festival comme un honneur. Il est d'avis que cette manifestation pourrait contribuer à des innovations culturelles. « Le soir, après la fermeture du festival, nous nous retrouvons à l'hôtel, et les musiciens des différentes régions qui y sont représentées improvisent sur leurs instruments. Ainsi cette année nous avons des gars de la Chine, du Cambodge, du Vietnam et des montagnes de la Virginie. Et il y a des gars venus de l'Irlande qui chantent des chansons sur le whisky. J'ai hâte de voir ce que ça va donner ce soir. »

(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

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