11 juillet 2007
Extraits de la transcription de la discussion en ligne de l'USINFO sur les possibilités de commerce et d'investissement en Afrique
La représentante adjointe des États-Unis pour le commerce extérieur avec l'Afrique, Mme Florizelle Liser, a répondu aux questions posées lors de la discussion en ligne sur le commerce et les investissements en Afrique et sur l'AGOA que l'USINFO avait organisée le 6 juillet.
(Début de la transcription)
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Mme Florizelle Liser - Le développement des échanges commerciaux est crucial pour la croissance économique, et le commerce est un moyen essentiel d'aider les pays africains à lutter contre la pauvreté et à améliorer le niveau de vie de leur population.
Voici un exemple de l'importance du commerce : la part de l'Afrique dans les échanges commerciaux mondiaux est maintenant de 2 %, contre 6 % dans les années 1970. Si cette part passait seulement à 3 %, cela se traduirait par 70 milliards de dollars de revenus supplémentaires - soit presque trois fois le montant actuel de l'aide au développement.
• Trente huit des 48 pays d'Afrique subsaharienne peuvent bénéficier de l'AGOA (loi sur le commerce et les possibilités économiques en Afrique subsaharienne), dont deux depuis 2007 (le Libéria et la Mauritanie).
• L'AGOA offre un accès en franchise de droits au marché américain à plus de 6.000 produits, et en 2006 plus de 98 % des importations des États-Unis provenant de pays bénéficiaires de l'AGOA sont entrés aux États-Unis en franchise de droits. La marge de préférence qu'accorde l'AGOA permet aux entreprises africaines de compenser les frais supplémentaires qu'entraîne l'acheminement de leurs produits sur le marché américain, afin de s'établir sur le marché de l'exportation et, à terme, de devenir concurrentielles dans des domaines où elles possèdent un avantage comparatif.
• Depuis sa promulgation, l'AGOA a contribué à accroître les échanges commerciaux dans les deux sens entre les États-Unis et l'Afrique subsaharienne. Les importations réalisées dans le cadre de l'AGOA ont été cinq fois plus élevées en 2006 qu'en 2001 - la première année pendant laquelle cette loi a été appliquée pendant douze mois consécutifs.
• Le montant total des importations des États-Unis provenant des pays bénéficiaires de l'AGOA s'est élevé à 44,2 milliards de dollars en 2006, soit une hausse de 16 % par rapport à 2005, due en grande partie aux importations de pétrole. Le commerce de produits non pétroliers réalisé dans le cadre de l'AGOA a cependant augmenté de 7 % pour atteindre 3,2 milliards de dollars - marquant ainsi une reprise après avoir diminué de 16 % en 2005 -, à mesure que se développaient plusieurs secteurs, dont les chaussures, les fruits, les fruits à coque, les légumes préparés, les fleurs coupées.
• L'une des dispositions importantes de la loi sur l'AGOA porte sur la création d'un Forum annuel de coopération économique et commerciale États-Unis-Afrique subsaharienne (communément désigné sous le nom de Forum de l'AGOA). Il s'agit d'un événement important au cours duquel des représentants de haut niveau du commerce, des finances et des affaires étrangères des États-Unis et de pays africains se réunissent en vue d'accroître les échanges commerciaux entre les États-Unis et l'Afrique subsaharienne et d'augmenter les investissements dans les pays africains.
• La représentante des États-Unis pour le commerce extérieur, Mme Susan Schwab, la secrétaire d'État, Mme Rice, le ministre de l'agriculture, M. Johanns, et de hauts fonctionnaires de divers autres secteurs du gouvernement américain, y compris l'Agence des États-Unis pour le développement international, l'Agence du commerce et du développement, le ministère du commerce, la Société de promotion des investissements privés des États-Unis à l'étranger (OPIC) et l'Administration des petites entreprises, y participeront.
• Le sixième Forum annuel aura lieu les 18 et 19 juillet à Accra (Ghana). Il aura cette année pour thème : « A mesure que le commerce se développe, l'Afrique prospère : optimiser les avantages de l'AGOA ».
• Le Forum réunit en outre chaque année des représentants de la société civile et du secteur privé des États-Unis et de l'Afrique. Des centaines de fonctionnaires devraient également participer au dialogue sur le commerce et les investissements dans le cadre de l'AGOA.
Question (Edward.Cuffy) - Les réseaux informatiques constituent l'un des principaux moteurs de la croissance des télécommunications. À mesure que l'utilisation des téléphones portables s'accroît progressivement en Afrique et a de plus en plus de succès, on ne saurait sous-estimer les besoins de formation de la main-d'œuvre, bien que le nombre d'instituts de formation soit très restreint ; il n'y en a probablement qu'un ou deux pour certains des géants informatiques de renommée mondiale.
Je souhaiterais entrer en contact avec un géant de l'informatique qui chercherait à établir un centre de formation aux réseaux en Afrique, en particulier au Libéria. J'ai été maître de conférences dans le domaine des systèmes et contrôles informatiques. Y aurait-il une société informatique américaine qui souhaiterait investir dans des locaux et établir un institut de formation aux réseaux informatiques ?
Mme Liser - Je pense que cela intéresserait beaucoup de sociétés informatiques américaines. Plusieurs travaillent déjà sur le terrain en Afrique. L'insuffisance des infrastructures dans le domaine des technologies de l'information et de la communication (TIC) a été l'un des grands freins à la croissance et au développement économiques durables en Afrique et a nui à la compétitivité de la région sur le plan international. Des organismes publics américains se sont employés à aider les pays africains à améliorer ce secteur important. L'Initiative en faveur de la liberté numérique (Digital Freedom Initiative ou DFI) du président Bush est un volet important de ces efforts. Cette initiative a été lancée en mars 2003 à la Maison-Blanche, lorsque les gouvernements du Sénégal et des États-Unis ont convenu de la mettre à l'essai. Plusieurs centaines d'organismes privés du Sénégal ont bénéficié des formations à la création d'entreprises et aux technologies de l'information et de la communication dispensées pendant les premières années de cette initiative. Depuis 2003, la DFI s'est étendue à d'autres pays africains, dont le Kenya, le Mali, le Nigeria et l'Ouganda, en mettant les technologies de l'information et de la communication au service de la croissance économique et des réformes des politiques. La DFI bénéficie de l'impulsion du gouvernement américain tout en mettant à contribution la créativité et les ressources des entreprises américaines et l'ambition et le dynamisme des partenaires locaux des pays en développement.
L'Agence du commerce et du développement des États-Unis constitue un autre axe important de nos efforts visant à améliorer les technologies de l'information et de la communication en Afrique. Pendant l'année budgétaire 2006, elle a accordé des subventions dont le montant total dépasse 2.855.000 dollars à 14 nouveaux projets menés en Afrique subsaharienne dans le secteur des technologies de l'information et de la communication. Cette agence a en outre organisé à ce sujet une grande conférence qui a eu lieu en mars 2007 dans la région de San Francisco. Cette Conférence sur les technologies de l'information et de la communication en Afrique subsaharienne a réuni des représentants de haut niveau des secteurs publics et privés de l'Afrique, ainsi que des experts et des fournisseurs de matériel et prestataires de services des États-Unis. Les organisateurs de projets ont pu faire des présentations et rencontrer les représentants de l'industrie américaine, et des séminaires ont été organisés sur des thèmes tels que la réforme des marchés, les ateliers de technologie, la valorisation des ressources humaines, les possibilités de projets et d'activités commerciales, le renforcement de l'infrastructure, la connectivité internationale, les initiatives du secteur public et le financement des technologies de la communication et de l'information. L'Agence du commerce et du développement a également effectué des investissements dans des activités d'assistance technique et dans des études de faisabilité et prévoit d'accorder à l'avenir davantage de subventions dans le domaine des TCI.
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Question (Jalloh Amadu Fula2) - Qu'est-ce que signifie le sigle AGOA ? Et comment est-ce que notre pays [la Guinée] peut en bénéficier ?
Mme Liser - : L'AGOA (African Growth and Opportunity Act ou loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique) est une loi promulguée en 2000 qui permet aux pays remplissant certaines conditions d'exporter en franchise de droits plus de 6.000 produits aux États-Unis. Cela signifie que les Africains qui produisent et exportent des produits destinés au marché américain, qui représente 13 billions de dollars, peuvent ainsi être plus compétitifs et créer des emplois, développer leur économie et combattre la pauvreté grâce aux échanges commerciaux.
Le site Web www.agoa.gov donne plus d'informations en anglais sur l'AGOA, les produits concernés et ses autres dispositions, y compris le Forum annuel de l'AGOA qui aura lieu les 18 et 19 juillet à Accra (Ghana).
La Guinée est l'un des 39 pays pouvant bénéficier de l'AGOA ; en 2006 ses exportations dans le cadre de l'AGOA se sont élevées à 139.000 dollars - il s'agit principalement de produits miniers et de quelques produits agricoles.
Question (Barry Ousmane) - Depuis 2000, combien de personnes ont-elles manifesté leur intérêt pour l'AGOA ?
Mme Liser - De nombreuses petites et moyennes entreprises africaines et américaines bénéficient de l'AGOA, participant à des projets communs et à des activités d'import-export qui ont contribué à la croissance importante des échanges commerciaux entre les États-Unis et l'Afrique subsaharienne depuis la création de l'AGOA.
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Question (Kuba) - Depuis des siècles, les pays riches pillent les ressources de l'Afrique. En quoi l'AGOA est-il différent ? Plus précisément, quel avantage peuvent en tirer les Africains ?
Mme Liser - L'AGOA est un programme sans équivalent, qui accorde des préférences aux produits africains, non seulement aux matières premières, mais il favorise également la transformation ou la fabrication de produits à valeur ajoutée. Depuis la création de l'AGOA, les Africains ont accru leurs exportations à destination des États-Unis de produits non pétroliers, y compris des exportations autres que leurs produits habituels, par exemple des fruits et des légumes transformés, des fleurs coupées et des vêtements.
Question (Kuba) - Une question supplémentaire, s'il vous plaît. Quelle est la position des États-Unis face au commerce des « diamants du sang » ? L'AGOA permet-il de garantir que les diamants provenant des zones de conflit ne puissent être commercialisés en dehors de l'Afrique ?
Mme Liser - L'AGOA ne comprend aucune disposition portant spécifiquement sur les diamants du sang. Mais les États-Unis coopèrent étroitement avec d'autres pays dans le cadre du processus de Kimberly. Nous pensons que ce processus permet de lutter contre le problème des diamants provenant des zones de conflit de l'Afrique et d'ailleurs.
Commentaire (Barry Ousmane) - Désolé, j'ai oublié de préciser que je suis journaliste au seul quotidien de mon pays, la République de Guinée, en Afrique de l'Ouest. Je m'appelle Ousmane Barry. Merci pour votre attention !
Question (Barry Ousmane) - (...) La loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique n'est pas très connue des milieux d'affaires locaux ; comment pourriez-vous la faire davantage connaître dans mon pays ?
Mme Liser - Le gouvernement américain s'efforce, notamment au moyen des quatre centres commerciaux régionaux de l'AGOA, de mieux faire connaître les dispositions de l'AGOA auprès des hommes et femmes d'affaires africains et, surtout, de les aider par divers services à tirer parti de l'AGOA.
Le centre commercial de l'Afrique de l'Ouest d'Accra (Ghana) est chargé de fournir une assistance technique en Guinée pour ce qui est de l'AGOA. Pour le contacter et s'informer des séminaires organisés sur l'AGOA à l'intention des milieux d'affaires guinéens, veuillez consulter le site www.watradehub.com.
Question (Barry Ousmane) - Pourrais-je savoir, approximativement, quelles sont les répercussions positives et l'impact de l'AGOA sur les activités commerciales en Guinée (Afrique de l'Ouest) ?
Mme Liser - En 2006, la Guinée a exporté pour 139.000 dollars de produits aux États-Unis.
Question - Merci de participer à cette discussion. C'est Omar Woodard du Whitaker Group. Comment l'AGOA évoluera-t-elle à l'avenir et est-il prévu d'ajuster, d'étendre ou de modifier les programmes préférentiels accordés aux pays africains ?
Mme Liser - L'AGOA a été récemment actualisée, et certaines de ses dispositions ont été renouvelées en 2006. Le gouvernement américain coopère maintenant avec les gouvernements africains et le secteur privé et la société civile des États-Unis et de l'Afrique pour exploiter pleinement les possibilités existantes et nouvelles de la loi sur l'incitation aux investissements en Afrique (promulguée en décembre 2006). En raison des contraintes pesant sur l'offre, il y a encore beaucoup de progrès à faire en ce qui concerne l'application de cette loi par les pays, notamment pour certains produits (par exemple dans les secteurs non pétroliers). Cela demeure notre priorité à ce stade.
Question (Barry Ousmane) - Réciproquement, que faites-vous pour encourager les milieux d'affaires à investir en Afrique dans le cadre de la lutte contre la pauvreté sur notre continent ?
Mme Liser - Les investissements étrangers directs (IED) des États-Unis en Afrique restent faibles (moins de 1 % de l'ensemble des investissements directs effectués par les États-Unis dans le monde). Cependant, les flux d'IED en Afrique subsaharienne ont régulièrement progressé dans le cadre de l'AGOA. À la fin de l'année (d'après les dernières données disponibles), les investissements directs des États-Unis en Afrique s'élevaient à 14,8 milliards de dollars - soit 16 % de plus que l'année précédente.
Les investissements tendent à graviter vers les marchés qui présentent les conditions les plus concurrentielles et les plus favorables et où il y a des réglementations transparentes, une infrastructure adéquate et une stabilité politique et économique. Heureusement, les pays susceptibles de bénéficier de l'AGOA continuent de progresser sur cette voie.
Nous montrons également aux entreprises américaines les progrès qu'ont réalisés les pays africains en vue d'améliorer les conditions offertes aux entreprises et les possibilités croissantes qui existent. D'après un rapport récent de l'ONU, le retour sur investissement des filiales africaines des sociétés américaines a été de 25 % en moyenne entre 1990 et 2002, à comparer avec une moyenne mondiale de 12 %.
Question (Jalloh Amadu Fula2) - Quelles conditions doivent remplir les pays africains pour pouvoir bénéficier de l'AGOA ?
Mme Liser - Parmi les conditions à remplir figurent l'instauration d'une économie de marché. l'État de droit, l'élimination des obstacles au commerce et aux investissements des États-Unis, l'adoption de mesures visant à réduire la pauvreté, l'établissement d'un système de lutte contre la corruption et la protection des droits des travailleurs reconnus sur le plan international. Le site www.agoa.gov donne des renseignements sur ces critères, ainsi que sur d'autres conditions à satisfaire pour bénéficier de l'AGOA.
Question (Jalloh Amadu Fula2) - Existe-t-il dans le cadre de l'AGOA une société d'investissements privés ?
Mme Liser - L'un des objectifs de l'AGOA est de faciliter les investissements des États-Unis en Afrique. La Société de promotion des investissements privés des États-Unis à l'étranger (Overseas Private Investment Corporation ou OPIC) a un certain nombre de fonds d'investissement qui fournissent près de 2 milliards de dollars sous forme de financements et d'assurances contre les risques politiques à 74 projets et fonds d'investissement de l'Afrique subsaharienne.
D'autres organismes gouvernementaux américains, notamment la Banque export-import, l'Administration des petites entreprises et l'Agence du commerce et du développement apportent également une aide aux investissements relatifs à l'AGOA, dans le cadre de divers programmes et projets.
Question (Jalloh Amadu Fula2) - Existe-t-il dans le cadre de l'AGOA des banques qui aident les échanges commerciaux des pays africains ?
Mme Liser - Divers organismes gouvernementaux américains, par exemple l'Administration des petites entreprises, la Banque export-import et le ministère des finances coopèrent avec des banques africaines pour améliorer les marchés financiers africains et l'accès des petites et moyennes entreprises africaines au financement du commerce.
(Fin de la transcription)
(Diffusé par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)