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09 juillet 2007

Les pays africains peuvent profiter de l'accroissement des échanges commerciaux

Propos de la représentante adjointe des États-Unis pour le commerce extérieur avec l'Afrique

 

Washington - Les pays africains ont beaucoup à gagner d'un éventuel accord mondial sur la libéralisation du commerce s'ils se montrent disposés à ouvrir leur économie aux investissements et aux échanges commerciaux, ainsi qu'à encourager d'autres pays en développement à faire de même, a déclaré à l'USINFO, la représentante adjointe des États-Unis pour le commerce extérieur avec l'Afrique, Mme Florizelle Liser.

Négocié sous les auspices de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), a-t-elle indiqué, un tel accord devrait offrir aux pays moins avancés des possibilités considérables d'augmenter leurs exportations.

Toutefois, les avantages que les pays africains pourront retirer de la libéralisation du commerce dépendront de la mesure dans laquelle ils pourront davantage avoir accès au marché de grands pays émergents et également de la mesure dans laquelle leurs réformes renforceront la compétitivité de leurs entreprises sur le marché mondial.

Connu sous le nom de négociations de Doha, les négociations de l'OMC sont de nouveau paralysées depuis la fin de juin, du fait de l'échec des pourparlers entre les négociateurs du Brésil, des États-Unis, de l'Inde et de l'Union européenne à Postdam (Allemagne). Les négociateurs des États-Unis et de l'Union européenne avaient espéré faire des progrès importants à cette occasion, mais la réunion a pris fin plus tôt que prévu après que le Brésil et l'Inde eurent refusé de réduire les droits de douane appliqués à l'heure actuelle aux produits industriels.

Les pays africains les moins avancés ont déjà un accès préférentiel au marché des grands pays industriels dans le cadre de la loi des États-Unis sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (AGOA) et dans le cadre du programme de l'Union européenne dénommé « Tout sauf les armes ». Par exemple, plus de 98 % des importations des États-Unis en provenance de pays africains bénéficiaires de l'AGOA sont entrés en franchise de douane en 2006.

Il s'ensuit donc, selon Mme Liser, qu'un accès accru au marché des grands pays émergents, en particulier en Asie, serait avantageux pour les États africains. Toutefois, dans le cadre des négociations de Doha, la plupart d'entre eux se sont alignés sur de grands pays en développement, tels que le Brésil et l'Inde qui sont peu désireux de réduire fortement leurs droits de douane.

Les États-Unis et la Commission économique pour l'Afrique de l'Union européenne ont transmis aux pays africains des études indiquant les pays où ils seraient le plus à même d'exporter leurs produits, principalement des produits agricoles. Si les pays africains, a dit Mme Liser, tirent de ces études les conclusions qui s'imposent, leur position en matière de négociation devrait être beaucoup plus nuancée et refléter davantage leurs véritables intérêts économiques.

En tant que groupe régional le plus important au sein de l'OMC, ils ont un pouvoir de négociation important. Et pourtant ils se tiennent sur la défensive dans de nombreux domaines et concentrent leur attention sur le maintien des préférences et du traitement spécial ainsi que sur leur élargissement.

Selon des responsables américains et les auteurs d'études d'organismes indépendants, un accord mondial sur la libéralisation du commerce réduirait l'avantage concurrentiel dont certains pays africains moins avancés jouissent dans le cadre des programmes préférentiels actuels. Il aurait cependant pour effet d'accroître proportionnellement le revenu réel des pays d'Afrique subsaharienne bien plus que celui des autres pays en développement ou à revenu élevé, indique une étude réalisée par la Banque mondiale en 2006. Le revenu net des agriculteurs augmenterait considérablement, ce qui permettrait de réduire la pauvreté dans les zones rurales africaines.

Par rapport aux pays d'autres continents, ce sont les pays africains qui ont le moins de relations commerciales entre eux, et c'est là un état de choses qui les laisse peu préparés à tirer parti du système commercial mondial.

Tout accord conclu dans le cadre des négociations de Doha n'exigera pas que la plupart des pays africains réduisent fortement leurs droits de douane, mais la libéralisation du commerce en Afrique est susceptible d'offrir des avantages économiques importants si ces pays réduisent leurs obstacles au commerce interétatique dans leur continent.

Plusieurs études font état des inconvénients à court terme pour les pays moins avancés de la conclusion d'un accord commercial mondial, en particulier pour les pays importateurs de vivres et pour ceux qui ont un accès préférentiel au marché des pays industriels. Selon Mme Liser, les auteurs de ces études ont examiné les négociations de Doha en se limitant à l'accès aux marchés pour les biens. En fait, ces négociations visent aussi à accroître l'accès aux marchés pour les services et à faciliter les échanges, domaines qui sont aussi importants pour les pays africains. Il serait particulièrement intéressant pour ces pays de passer du stade de l'exportation de matières premières à celui de produits transformés dont le prix de vente est plus élevé, mais qui exige des services plus perfectionnés en matière de financement, de transport et de distribution.

Pour de nombreux pays moins avancés, a-t-elle fait remarquer, un accord mondial de libéralisation du commerce donnerait aussi une impulsion aux réformes politiquement difficiles dans les domaines financier, juridique et réglementaire, mais indispensables pour que leurs entreprises puissent entrer en concurrence avec celles de pays d'autres continents. Certains États, notamment le Ghana, Maurice et la Tanzanie, ont déjà entrepris de telles réformes et même eux pourraient bénéficier sur le plan politique de la conclusion d'un tel accord.

(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

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