02 juillet 2007
Les accords entre la Société du compte du millénaire des États-Unis et des pays africains
Washington - Depuis sa création en janvier 2004, la Société du compte du millénaire des États-Unis (MCC) a accordé à ses partenaires africains plus de 2 milliards de dollars, sous forme de dons et non de prêts, en vue de stimuler une croissance économique durable et de réduire ainsi la pauvreté, a déclaré le président-directeur général adjoint de cette institution, M. Rodney Bent, à la sous-commission des affaires africaines de la Chambre des représentants, le 28 juin.
La MCC, a-t-il dit, aide les pays africains à s'aider eux-mêmes, notamment en élaborant des programmes de développement et en entreprenant des réformes.
Jusqu'ici, elle a conclu des accords avec 5 pays africains, le Bénin, le Cap-Vert, le Ghana, Madagascar et le Mali, portant sur 1,5 milliard de dollars. Le Mozambique et le Lesotho devraient recevoir sous peu 800 millions de dollars pour divers projets de développement.
Selon M. Bent, la MCC envisage d'accorder une place encore plus importante à la lutte contre la pauvreté en Afrique dans les mois à venir. Si elle dispose de crédits budgétaires suffisants - le Congrès s'est engagé à lui fournir 1,8 milliard de dollars pour la prochaine année budgétaire - elle sera en mesure sous peu de finaliser des accords avec le Burkina Faso, le Maroc, la Namibie et la Tanzanie, d'un montant total de 2,2 milliards de dollars.
Outre les accords visant à améliorer l'infrastructure des pays intéressés (routes, écoles, dispensaires, entre autres), dont la durée est en général de cinq ans, la MCC accorde aussi des dons destinés à des projets de gouvernance et de lutte contre la corruption à des pays dits du seuil qui ne remplissent pas encore toutes les conditions pour obtenir l'aide normale. C'est ainsi qu'elle a accordé à ce titre 91 millions de dollars aux 6 pays africains suivants : le Burkina Faso, le Kenya, le Malawi, la Tanzanie, l'Ouganda et la Zambie.
La MCC ne fournit une aide qu'aux pays dont le revenu par habitant est inférieur à 3.465 dollars par an, ce qui est le cas de la plupart des pays africains, et qui remplissent certaines conditions. Ces pays doivent notamment s'engager à entreprendre des réformes économiques de façon à ce que les projets financés grâce à son aide profitent à toute la société et aient des effets durables.
« Les partenariats entre la MCC et les pays africains, a déclaré M. Bent, illustrent le nouveau vocabulaire de la responsabilité dans le domaine du développement. ». Si la MCC ne dit pas à ses partenaires africains ce qu'ils doivent faire, elle s'attend à ce que ces pays prennent l'initiative d'élaborer des programmes de développement.
Les réformes qu'il leur faut entreprendre pour bénéficier de l'aide de la MCC se traduisent par l'ouverture de la vie politique, par l'élargissement de l'accès à l'enseignement, par la libéralisation de l'économie et par la lutte contre la corruption, a-t-il dit.
Les États africains bénéficiaires ne doivent donc pas seulement rendre des comptes à leur population, mais aussi aux contribuables américains grâce auxquels ils reçoivent cette aide. Ces derniers seront disposés à poursuivre cette aide, a-t-il fait remarquer, s'ils constatent que les pays bénéficiaires se sont engagés à prendre les décisions difficiles qui sont nécessaires pour investir et pour réduire la pauvreté sur leur sol.
L'aide de la MCC a déjà permis d'accroître la production d'ananas au Ghana, de lutter contre la corruption au Kenya et en Zambie, de construire des routes au Cap-Vert, de moderniser l'aéroport du Mali et de scolariser des petites filles au Burkina Faso, a indiqué M. Bent.
Pour sa part, un haut responsable du cabinet-conseil Manchester Trade Ltd de Washington, M. Tony Carroll, a déclaré que la MCC représentait une occasion sans précédent, depuis trente ans, de favoriser en Afrique les investissements de grande ampleur en matière d'infrastructure.
« Il est clair que les investissements consacrés à la construction de routes et d'installations portuaires et à la mise en place d'une infrastructure dans le secteur agricole peuvent créer la base nécessaire à la croissance des exportations des petits et grands producteurs », a-t-il dit au sujet des accords conclus avec le Ghana et le Bénin.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)