31 janvier 2007
Le centre médical de la marine américaine aide à confirmer les cas et à renforcer les capacités de laboratoire.
Washington - Au Caire, des scientifiques de la marine américaine et leurs collègues égyptiens œuvrent pour confirmer de nouveaux cas humains de la grippe aviaire extrêmement pathogène en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Ils s'efforcent en outre de renforcer les capacités d'analyse dans ces régions et ailleurs, pour permettre aux chercheurs et aux techniciens de laboratoire de nombreux pays à identifier et à diagnostiquer rapidement les maladies humaines qui résultent des flambées de la grippe aviaire mortelle en Asie et en Égypte.
Le 22 janvier, le ministre indonésien de la santé et son homologue égyptien ont annoncé des nouveaux cas mortels de la grippe aviaire dans leurs pays, rapporte l'organisation mondiale de la santé (OMS).
En Indonésie, une femme de 26 ans de la province de Java Ouest a commencé à manifester des symptômes le 11 janvier et elle est morte huit jours plus tard. Des enquêtes préliminaires révèlent que la victime avait pris part à la destruction de poulets malades. Des 80 cas confirmés en Indonésie, 62 ont été mortels.
En Égypte, le laboratoire central de la santé publique et l'unité navale de recherches médicales no 3 des États-Unis (NAMRU-3) ont confirmé qu'une femme de 27 ans du gouvernorat de Beni Sweif a manifesté des symptômes le 9 janvier et est morte 10 jours plus tard. Des enquêtes préliminaires ont révélé la présence de volailles malades et mortes dans son domicile avant qu'elle ne tombe malade. Des 19 cas confirmés en Égypte, 11 ont été mortels.
Ces nouveaux décès portent à 269 le nombre total de personnes atteintes de la grippe aviaire dans le monde, et à 163 le nombre de morts.
Appui en matière de luttre contre les épidémies
Créé en 1946, NAMRU-3 est bien placé sur les plans géographique et matériel pour fournir un appui en matière de lutte contre les poussées épidémiques en Afrique du Nord et au Moyen-Orient - avec ce que le lieutenant de la marine américaine Marshall Monteville, chef du programme de recherches en maladies virales et zoonotiques appelle « des capacités de laboratoire d'avant-poste ».
Le service se compose d'un vétérinaire, d'un technicien de laboratoire et d'équipement mobile spécial pour ce qu'on appelle la réaction en chaîne de polymérase en temps réel (PRC en temps réel), un procédé qui « amplifie » ou qui fait des copies de l'ADN ou de l'ARN au moment même où a lieu la réaction et non pas après, pour que les chercheurs puissent identifier le pathogène sur place.
« S'il y avait une épidémie et que nous avions besoin de dépêcher quelqu'un immédiatement (pour identifier le pathogène) », a déclaré, récemment, le lieutenant Monteville lors d'une interview au Caire pour le Bureau des programmes d'information internationale du gouvernement américain (USINFO), « le système mobile d'environ 25 kg - qu'on appelle RAPID (dispositif tout terrain d'identification de pathogène) - se transforme en mallette, se glisse dans un sac à dos et vous êtes prêt à partir. »
En 2006, NAMRU-3 a effectué 14 missions d'alerte à l'épidémie, notamment en Afghanistan, à Djibouti, au Soudan, en Égypte, à Gaza, dans les Caucases, en Bulgarie et en Roumanie.
Une ressource au niveau régional
Pendant plus de 10 ans, NAMRU-3 a été un laboratoire de référence régional (une ressource régionale dotée de compétences techniques spécifiques) pour le Bureau régional de la Méditerranée orientale de l'OMS, a déclaré le lieutenant Monteville, mais « l'intervention de NAMRU-3 en matière de grippe aviaire remonte seulement à un an ou à un an et demi ».
Les scientifiques de NAMRU-3 ont formé, pendant 17 à 18 mois, 95 personnes en provenance de 18 pays à l'analyse diagnostique et aux techniques de laboratoire relatives à la grippe saisonnière et aviaire ainsi qu'à d'autres maladies.
« Ce que nous pouvons fournir et que beaucoup d'autres laboratoires ne peuvent pas, c'est la capacité de niveaux de biosécurité 3 et 4 », a déclaré le lieutenant Monteville, faisant allusion aux quatre niveaux de biosécurité qui caractérisent l'aménagement, les méthodes et les équipements de sécurité de laboratoire indispensables pour travailler avec des pathogènes allant d'inoffensifs à mortels.
Les laboratoires de niveau de biosécurité 1, par exemple, étudient des agents - bactéries ou virus - qui ne causent pas toujours des maladies chez des adultes en bonne santé. Les laboratoires de niveau 2 étudient des agents de risque modéré qui posent un danger s'ils sont accidentellement inhalés, avalés ou mis en contact avec la peau. Les laboratoires de niveau 3 étudient des microbes susceptibles d'être transmis par l'air et les chercheurs manipulent les bactéries ou les virus sous des hottes de laboratoire étanches à l'air.
Les laboratoires de niveau 4 étudient des agents pathogènes qui posent un risque élevé de maladies mortelles contre lesquelles il n'existe ni vaccin ni thérapie. Les chercheurs portent une combinaison de la tête aux pieds, alimentée en air, se douchent lorsqu'ils quittent le laboratoire et manipulent les agents pathogènes sous des hottes étanches de niveau de biosécurité 3.
« Chaque fois que vous travaillez avec la grippe aviaire », a précisé le lieutenant Monteville, « ou que vous cultivez des virus sous une forme ou une autre, vous devez le faire sous des conditions de niveau 3. »
Le laboratoire de NAMRU-3 est l'un de seulement deux laboratoires de niveau 4 qui existent en Afrique.
Renforcement des capacités de surveillance de la grippe aviaire
Les fonds pour le financement des recherches de NAMRU-3 proviennent de plusieurs sources, dont l'Agence américaine pour le développement international, le Centre épidémiologique des Etats-Unis, le Système de surveillance des infections mondiales émergentes du ministère de la défense, l'Agence de réduction de la menace dans le domaine de la défense, et même des organisations non gouvernementales telles que la Fondation Ford.
L'une des principales activités de l'unité navale de recherches médicales, en collaboration avec l'un de ses partenaires financiers, le ministère de la santé et des services sociaux, a trait à la mise au point, moyennant un investissement de 450.000 dollars, d'un système de surveillance épidémiologique à Bagdad, qui comprendra la surveillance de la grippe aviaire, a déclaré le lieutenant Monteville. Cela signifie que les ministères de la santé et de l'agriculture auront des capacités de diagnostic et de surveillance plus solides », a-t-il ajouté.
Pour augmenter ces capacités, a déclaré le lieutenant Monteville, « nous renforcerons les laboratoires aussi bien au niveau de l'agriculture que de la santé et nous travaillerons avec les épidémiologistes. »
Officiellement, l'Irak ne fait pas partie du champ d'intervention de NAMRU-3, mais le laboratoire de la marine américaine appuie la région dans le cadre de son rôle de laboratoire de référence du Bureau régional de la Méditerranée orientale de l'OMS, un partenaire précieux dans la région.
Le département d'État a contribué à coordonner cet effort, a ajouté le lieutenant Monteville, grâce à un accord international d'alerte avancée à la grippe pandémique, « pour nous donner les autorisations nécessaires pour engager les Irakiens et faciliter une collaboration tripartite entre NAMRU-3, les ministères de la santé et de l'agriculture irakiens et le département d'État. « Il s'agit en quelque sorte d'un travail d'équipe. »
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)