29 janvier 2007
Les Somaliens aspirent à la paix, déclare la secrétaire d'État adjointe lors d'une conférence à Washington.
On trouvera ci-après des extraits des propos tenus par la secrétaire d'État adjointe aux affaires africaines, Mme Jendayi Frazer, lors d'une conférence sur la Somalie organisée le 17 janvier à Washington par le Centre d'études stratégiques et internationales.
(Début des extraits)
Département d'État des États-Unis
Washington
17 janvier 2007
Extraits des propos de la secrétaire d'État adjointe pour les affaires africaines, Mme Jendayi Frazer, au Centre des études stratégiques et internationales (CSIS)
« Préparer l'avenir de la Somalie : les options en matière de diplomatie, d'assistance et d'engagements envers la sécurité »
Pour la première fois en douze ans au moins, nous avons une occasion unique pour reconstruire la Somalie et rétablir une forme de gouvernement efficace et représentative de l'ensemble de la société somalienne.
Nous nous sommes tous préparés pour ce genre de moment qui apporte une lueur d'espoir. Cette occasion est arrivée et nous devons la saisir.
Ce moment ne s'est peut-être pas présenté de manière la plus parfaite ou conformément à nos souhaits et intentions mais notre action sera résolue.
Lors de mon dernier voyage, j'ai rencontré le président Yusuf, le premier ministre Ghedi, le président de l'assemblée Shariff Hassan ainsi que des représentants de la société civile somalienne.
Si j'ai tiré un enseignement de ce voyage, c'est que les Somaliens sont prêts pour la paix ; ils sont fatigués de la guerre.
Même si le gouvernement fédéral et les institutions fédérales de transition ne sont pas encore prêts à assumer entièrement leurs responsabilités, ils représentent un moteur qui permettra à la Somalie d'aller vers l'avant.
La politique américaine en Somalie s'articule autour de trois priorités. Premièrement, rallier le soutien de la communauté internationale pour doter les institutions fédérales de transition d'une véritable capacité de gouverner. Deuxièmement, faciliter le déploiement d'une force africaine de stabilisation en Somalie. Troisièmement, encourager un dialogue politique inclusif entre les institutions fédérales et les autres groupes clés de la société somalienne dans le cadre de la charte fédérale de transition.
La réunion du Groupe de contact international pour la Somalie, qui s'est tenue le cinq janvier dernier, a démontré le soutien résolu de la communauté internationale en faveur d'une solution politique durable en Somalie par la voie d'un dialogue national élargi et d'une assistance sécuritaire, économique et humanitaire.
Le Groupe de contact a insisté sur la nécessité de rassembler une aide financière pour faciliter le déploiement d'une force de stabilisation en Somalie, conformément à la résolution 1725, qui contribuera à sécuriser un environnement propice à la mise sur pied d'un processus politique et au développement d'institutions efficaces.
Le Groupe de contact a également souligné que les Somaliens doivent assumer la sécurité au niveau local. Cela comprend le développement d'une force de police civile ainsi que d'une armée nationale efficace et unie, représentative de tous les clans de la Somalie.
Le plus important est de tracer la voie pour la paix, la réconciliation et la stabilité. Dans une large mesure, ce processus dépend de la volonté du gouvernement de créer un processus politique participatif. Cet objectif demeure notre plus grand défi.
En clair, les États-Unis ont apporté leur soutien au dialogue inclusif depuis que l'Union des tribunaux islamiques a chassé les seigneurs de guerre de Mogadiscio en juin 2006.
Les États-Unis ont soutenu le processus de Khartoum et les 7 points de la Déclaration de Khartoum du 22 juin, y compris ceux qui prévoient la reconnaissance mutuelle et la cessation des hostilités.
Malheureusement, des éléments extrémistes au sein du Conseil des tribunaux islamiques, (CIC), se réclamant de l'organisation extrémiste al Shabaab, ont pris le contrôle du mouvement, poussant le CIC vers une politique d'expansion militaire et d'agression.
En dépit des efforts internationaux visant à encourager un dialogue entre le CIC et les institutions fédérales de transition, le CIC a commis des violations répétées des termes de la Déclaration de Khartoum en prenant le contrôle de Kismaayo, en attaquant le bâtiment abritant le parlement et en organisant des regroupements militaires autour de Baïdoa et Puntland.
Le CIC a tenté à maintes reprises de provoquer l'Éthiopie pour l'entraîner dans le conflit en avançant, le 19 juillet, vers Baïdoa et en recommençant un peu plus tard de novembre à décembre.
Ces moments furent décisifs. En fin de compte, le CIC a commis une grave erreur en poursuivant l'offensive militaire et en refusant de se joindre aux institutions fédérales de transition pour participer au processus de gouvernance et à un dialogue harmonieux.
Lorsque l'Éthiopie a lancé une contre-offensive contre le CIC en décembre, la structure du CIC s'est effondrée beaucoup plus rapidement que prévu, ce qui s'explique dans une large mesure par le fait que la population somalienne lui a retiré son soutien.
Nous souhaitons évidemment que toutes les parties tirent des enseignements de cette situation, y compris les dirigeants du gouvernement fédéral de transition.
Pour les États-Unis, la clé de la stabilité à long terme en Somalie repose sur le processus de dialogue inclusif et de réconciliation. Les responsables du gouvernement fédéral de transition doivent incarner ce processus.
La déclaration du président Yusuf au Groupe de contact a marqué une étape positive mais les discours des dirigeants du gouvernement fédéral de transition doivent être suivis d'actions positives en Somalie qui prouveront leur engagement en faveur d'un dialogue inclusif et d'un processus de réconciliation.
Notre position est claire - nous entrevoyons un rôle à jouer dans l'avenir de la Somalie pour tous ceux qui renonceront à la violence et à l'extrémisme et nous sommes convaincus que le gouvernement fédéral de transition doit tendre la main aux groupes qui ont été, dans le passé, marginalisés et du gouvernement fédéral de transition et du processus politique.
Le gouvernement de transition doit inclure divers groupes clés de la société somalienne dont les chefs de clans, le monde des affaires et la société civile, les groupes de femmes et les leaders religieux entre autres. Ces groupes, notamment ceux installés à Mogadiscio, doivent également faire la preuve de leur volonté d'ouvrir le dialogue avec le gouvernement de transition pour travailler de manière constructive.
Même si nous pensons que le CIC ne doit pas être reconstitué en tant qu'entité politique, le gouvernement de transition doit accueillir les multiples tribunaux organiques locaux affiliés à divers clans, ainsi que les personnes modérées qui pourraient être admises dans le processus politique officiel élargi.
Ce dialogue doit avancer très rapidement pour donner lieu à une solution durable, conformément à la charte du gouvernement de transition, afin de stabiliser la situation à Mogadiscio et de permettre à l'ensemble des parties des institutions fédérales de transition de regagner la capitale du pays.
Pour être plus précis, cette proposition doit être appliquée dans son intégralité. Les aspects sécuritaire et politique de la solution que je viens de décrire doivent être réalisés simultanément pour augmenter les chances de réussite de cette proposition et converger vers le même objectif.
Il reste beaucoup à accomplir pour que le processus politique soit inclusif, global et couronné de succès. Nous sommes conscients des défis présents comme par exemple un manque de volonté politique de la part de certains éléments du gouvernement de transition qui pourraient se montrer réticents à soutenir ce processus.
Toutefois, nous comprenons que ce processus est en évolution constante et que nous ne faisons que commencer. Les États-Unis, de concert avec leurs partenaires africains et internationaux, demeurent résolus à soutenir le processus de dialogue inclusif tout en faisant face aux besoins humanitaires du peuple somalien.
(Fin des extraits)
(Diffusé par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)