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26 janvier 2007

L'efficacité du plan du président relatif à l'Irak mise en doute au Congrès

La commission sénatoriale des relations étrangères adopte une résolution sans force contraignante.

 
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Les sénateurs Chuck Hagel et Richard Lugar
Les sénateurs Chuck Hagel et Richard Lugar lors d'un débat sur une résolution sur l'Irak, le 24 janvier à Washington. (© AP Images)

Washington - Les chefs de file des deux principaux partis politiques des États-Unis sont en train d'élaborer des résolutions dans lesquelles ils expriment leurs préoccupations en ce qui concerne le plan du président Bush d'accroître les effectifs militaires en Irak.

Les sénateurs ont fait valoir qu'ils ne cherchaient pas à humilier le président ou à miner son action, mais que c'était leur devoir, en vertu de la Constitution des États-Unis, d'exprimer leur désaccord avec la politique présidentielle. Certains parlementaires ont cependant prévenu que si les divers éléments du gouvernement n'étaient pas à l'unisson, la politique étrangère des États-Unis pourrait en pâtir.

Le 23 janvier, dans son discours annuel sur l'état de l'Union, le président Bush a mis en garde contre les conséquences d'un échec en Irak, affirmant qu'elles seraient « funestes et de grande ampleur ».

Le président, commandant suprême des forces armées américaines, a décidé d'envoyer quelque 21.500 soldats supplémentaires en Irak où 137.000 Américains sont déjà déployés. L'objectif de ce renfort est de positionner davantage de soldats américains à Bagdad et dans la province d'al-Anbar afin d'appuyer les efforts mis en œuvre par les Irakiens pour réduire la violence dans les quartiers importants.

Juste après le discours de M. Bush, le parti démocrate a exercé son droit de réponse par le biais du sénateur James Webb, un démocrate nouvellement élu de Virginie, ancien combattant de la guerre du Vietnam, ancien haut fonctionnaire du Pentagone, et dont le fils est marine en Irak.

« Ce pays endure patiemment une guerre mal gérée depuis près de quatre ans », a dit M. Webb et, invoquant le legs historique du président Theodore Roosevelt pour ce qui est de la réforme sociale, et celui de Dwight Eisenhower, pour les décisions qu'il a prises en tant que chef d'État, il a déclaré : « Ce soir, nous lançons un appel au président pour qu'il prenne des actions semblables dans les deux domaines. S'il le fait, nous serons avec lui. S'il ne le fait pas, nous lui montrerons la voie ».

Le 24 janvier, la commission sénatoriale des relations étrangères a adopté par un vote de 12 à 9 une résolution n'ayant pas force obligatoire dans laquelle les sénateurs expriment leur désaccord en ce qui concerne l'envoi de forces supplémentaires en Irak mais n'empêchent pas leur déploiement. En vertu de la Constitution des États-Unis, il y a les projets de loi, adoptés par le Congrès et qui doivent être signés par le président ou bien adoptés par une majorité des deux tiers des deux chambres au Congrès. Il y a aussi les résolutions non contraignantes qui, sans avoir force de loi, constituent néanmoins un message vigoureux.

Le projet de résolution dit qu'il « n'est pas dans l'intérêt national des États-Unis d'accroître leur implication militaire en Irak », en particulier en augmentant la force militaire qui s'y trouve déjà. Pour qu'il soit adopté, ce projet de résolution doit encore être approuvé par l'ensemble des sénateurs. La commission a rejeté une autre proposition qui aurait limité à son niveau actuel le nombre des soldats américains en Irak.

« La désapprobation qui est énoncée dans notre résolution n'a pas - et j'insiste sur ce point - la vocation d'essayer d'humilier le président. Elle a pour but d'essayer d'empêcher le président de faire une importante erreur à propos de notre politique en Irak », a dit le président de la commission sénatoriale des relations étrangères, M. Joseph Biden.

Pour sa part, le sénateur Richard Lugar, républicain de plus haut rang au sein de cette commission, a expliqué qu'il partageait les préoccupations de M. Biden, mais qu'il ne donnait pas son aval au projet de résolution. « Je ne suis pas sûr que le plan du président Bush réussira », a-t-il dit, ajoutant : « Cependant, je m'oppose à cette résolution non contraignante parce que c'est le mauvais outil à ce stade du débat concernant l'Irak. »

Étant donné que le président Bush a indiqué qu'il ne tiendrait pas compte de la résolution et que le déploiement des forces supplémentaires a déjà commencé, M. Lugar a fait remarquer : « Je ne vois pas comment cette résolution contribuera à une amélioration ou à une modification de notre politique concernant l'Irak. »

Un autre sénateur, M. John Warner, républicain de Virginie, travaille à l'élaboration d'un autre projet de résolution qui s'oppose aussi à un accroissement du niveau des troupes américaines en Irak, mais qui vise à rallier un appui plus général au Sénat.

Lors d'une interview accordée le 23 janvier à la chaîne de télévision PBS, M. Warner a expliqué que, lorsqu'il avait rendu public son plan relatif à l'Irak deux semaines plus tôt, le président Bush avait invité les membres du Congrès à soumettre leurs recommandations.

« Notre résolution n'est pas un document agressif. Nous disons simplement au président, que nous ne sommes pas d'accord avec le nombre élevé de soldats qu'il suggère (...) et que nous l'exhortons à revenir en arrière et à étudier toutes les options qui pourraient peut-être permettre de déployer moins de soldats là-bas », a-t-il expliqué.

Il a rappelé que le système de gouvernement aux États-Unis n'était pas comparable aux systèmes parlementaires européens où le parti ou coalition ayant la majorité au parlement nomme le premier ministre. Le système américain, a-t-il précisé, « crée des branches égales de gouvernement ».

Mettre en doute la politique présidentielle, « est notre devoir », a-t-il déclaré à propos du rôle constitutionnel du Congrès. « Nous sommes une branche séparée. Nous sommes fiers. Personnellement, j'ai donné mon appui au président et à ses décisions tout au long de ces nombreuses années. Je pense qu'il a eu raison dans beaucoup de circonstances, mais lorsqu'il n'avait pas raison, je le lui ai fait savoir », a souligné M. Warner.

(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

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