26 janvier 2007
(Rapport de la Banque mondiale sur les énergies renouvelables)
Washington - La production renouvelable d'énergie est la technique énergétique qui croît le plus rapidement au monde, et elle a un rôle de premier plan à jouer dans la lutte contre la pauvreté tout en favorisant la protection de l'environnement, affirme la Banque mondiale dans son rapport sur les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique en 2006, publié le 23 janvier 2007.
Selon le rapport, le Groupe de la Banque a engagé au moins 668 millions de dollars pendant l'exercice 2006 en faveur de projets relatifs aux nouvelles énergies renouvelables et à l'efficacité énergétique, soit près du double du niveau de 2005. Ce financement en faveur de 34 projets dans 61 pays en développement « constitue une formule viable au plan de l'environnement en vue de répondre aux besoins d'un milliard et demi d'êtres humains dans le monde qui n'ont aucun accès aux formes modernes d'énergie », a déclaré Anil Cabraal, spécialiste de l'énergie à la Banque mondiale, dans un communiqué de presse.
L'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) travaille aussi, de son côté, à répandre les services modernes de distribution d'énergie dans les zones tant rurales qu'urbaines du monde en développement, en parrainant des partenariats multilatéraux et en aidant les pouvoirs publics à instituer un régime juridique et réglementaire favorable aux investissements privés tout en protégeant les intérêts des populations.
Si on considère que les trois quarts des habitants de l'Afrique subsaharienne et près des deux tiers des populations de l'Asie méridionale sont privés d'électricité, on ne peut que conclure à « une crise mondiale de l'énergie », comme l'a déclaré le président de la Banque mondiale, M. Paul Wolfowitz, dans un discours prononcé en novembre 2006 en Australie.
« Le manque d'électricité à un tel niveau constitue un sérieux obstacle au développement », a affirmé M. Wolfowitz.
Le développement des projets énergétiques
Comme on s'attend à une augmentation de la demande d'énergie dans le monde en développement au cours des décennies à venir, de nouveaux investissements s'imposent et une politique rénovée doit être mise en place afin de faciliter l'essor des techniques énergétiques à base de biocarburants, indiquent les auteurs d'un rapport de l'Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI), qui a son siège à Washington.
La production d'énergie, disent-ils, doit être centralisée, et elle doit s'alimenter de sources locales de déchets agricoles, qu'il s'agit de ramasser et de transporter de manière rationnelle. Il faut ensuite réaliser un moyen efficace de conserver l'énergie obtenue.
Selon le rapport de la Banque, il est possible d'améliorer la sécurité énergétique dans un grand nombre de pays, grâce notamment à la diversification des sources de carburants, à l'amélioration des infrastructures de distribution de l'énergie, à l'accroissement de l'offre et de la demande de carburants plus efficaces et à une distribution plus équitable de l'énergie.
Il est certain que là où les gens ont l'électricité, même de petites améliorations telles que l'installation de fenêtres plus isolantes et d'ampoules plus efficaces apportent des économies d'énergie non négligeables, indique le rapport.
De plus, assure-t-il, l'accès à une source fiable d'énergie bon marché favorise puissamment l'administration des services d'éducation et de santé ainsi que la génération d'emplois.
Enfin, l'accès à une énergie à bon marché est un atout « crucial » de la lutte contre la faim et la malnutrition. Il suffit de penser que 95 % des aliments de base du monde doivent être cuits pour devenir comestibles.
Aussi la Banque fait-elle part de son intention de continuer à privilégier le développement de sources d'énergie de substitution et de techniques efficaces d'utilisation de l'énergie dans les pays en développement d'Afrique et d'Asie dont la croissance démographique est la plus forte et où la consommation d'énergie augmente le plus vite. Elle a notamment créé un Cadre d'investissement visant à répondre simultanément au défi de l'accès à l'énergie dans le tiers monde et à celui de l'accroissement des investissements dans des techniques énergétiques « propres ».
Du fait des gros investissements qui sont nécessaires pour développer les réseaux classiques de distribution de l'électricité, la Banque a indiqué qu'elle plaçait davantage de fonds dans des projets tels que les systèmes d'éclairage de domiciles à l'énergie solaire, les petits barrages hydro-électriques, l'énergie éolienne et la production d'énergie à partir de la biomasse, c'est-à-dire le bois et les déchets d'animaux et de végétaux.
C'est ainsi qu'un projet de distribution d'énergie solaire dans 90.000 logements au Bangladesh « est considéré comme l'initiative d'énergie solaire la mieux réussie au monde ».
Ailleurs, au Sénégal, la Banque a appuyé un projet de gestion forestière qui permet de produire annuellement des tonnes de bois qui servent à la production de carburant sur une base soutenable à long terme, à l'intention des ménages. Ce projet permet de générer des revenus locaux tout en réduisant le déboisement provoqué par la cueillette non réglementée du bois.
Parmi d'autres exemples de projets réussis, on peut mentionner l'éclairage d'espaces publics à l'énergie solaire en Bolivie, ce qui a amélioré la sécurité des rues, et l'amélioration des systèmes de chauffage de salles de classe en Serbie.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)