28 février 2007
Elles renforcent la stabilité régionale et les pays d'accueil en tirent de multiples avantages.
Washington - Depuis de nombreuses années, les États-Unis coopèrent avec leurs amis et alliés des quatre coins du monde afin d'appuyer leurs intérêts nationaux en matière de défense, et cette collaboration se traduit parfois par la construction de bases militaires ou d'installations de plus petite taille vouées à la défense.
Ce n'est qu'à l'invitation d'un pays particulier que les États-Unis y établissent des installations militaires. Le pays hôte signe alors un accord relatif au statut des forces et au droit d'accès. De tels accords s'accompagnent d'avantages tangibles divers, les premiers étant les importants contacts qui se forment entre les militaires des deux pays et la stabilité régionale et la dissuasion qu'ils engendrent.
Par exemple, la présence de forces militaires américaines en Corée du Sud, en vertu du Traité de défense mutuelle signé en 1954 par les États-Unis et la République de Corée, est une force de dissuasion à l'égard de la Corée du Nord et elle exerce ainsi un effet stabilisateur dans la péninsule de Corée.
Lorsque les circonstances changent ou que l'appareil militaire procède à un ajustement des forces pour s'adapter à de nouvelles menaces, certaines bases militaires disparaissent.
En vertu d'un accord sur les bases militaires signé en 1947 par les États-Unis et les Philippines, les États-Unis avaient accès, aux Philippines, à la base aérienne Clark, à la base navale de la Baie de Subic et à d'autres installations de plus petite taille. Mais, lorsque la base aérienne Clark fut abandonnée après avoir été endommagée par une éruption volcanique et que le Sénat des Philippines rejeta un accord négocié dans des termes différents, les États-Unis se retirèrent en 1992 de ce pays qui hérita ainsi d'un aéroport et d'un bassin de radoub.
En 2005, les États-Unis et le Japon se sont mis d'accord sur la réaffectation à Guam, un territoire américain, de 8.000 Marines basés à Okinawa (Japon) d'ici à 2012, le peuple japonais récupérant ainsi des terres de grande valeur.
Une base aérienne américaine a été fermée en Islande en 2006 et d'autres bases ont été fermées en Allemagne et ailleurs en Europe occidentale dans le cadre d'une initiative de consolidation et de repositionnement de grande ampleur.
Le nombre de bases militaires de grande taille diminue aux États-Unis
Selon M. Daniel Widome, spécialiste de politique étrangère attaché au ministère de la défense, en raison de l'évolution de leur politique militaire et de la réduction progressive du nombre de leurs bases à l'étranger depuis quinze ans, les États-Unis ne privilégient plus les énormes bases polyvalentes qui accueillaient les unités militaires américaines à longueur d'année, leur préférant aujourd'hui « les installations de plus petite taille, ayant le strict minimum, qui ne sont peut-être même pas occupées continuellement ».
La tendance est donc de s'écarter des énormes bases exigeant une infrastructure d'appui importante et d'adopter des installations reposant sur la coopération en matière de sécurité, ce qui implique un soutien accru du pays hôte. L'armée de l'air, par exemple, peut accéder d'urgence à une base aérienne de Dakar (Sénégal) qu'elle a d'ailleurs utilisée en 2003 pour l'évacuation de diplomates américains et d'autres personnes du Liberia.
Par contre, un personnel militaire américain limité est en place dans des bases avancées, prêt à intervenir si des troubles éclatent n'importe où, que ce soit sur le continent américain ou en Afrique. La base aérienne Soto Cano, au Honduras, illustre cette stratégie.
Et si la nécessité d'avoir des bases en Europe occidentale a diminué, de nouveaux besoins sont apparus en Europe orientale. Dans le cadre de l'Eastern European Task Force (Groupe de travail sur l'Europe orientale), par exemple, les États-Unis ont signé en 2006 des accords avec la Bulgarie et la Roumanie portant sur l'accès à certaines installations et sur la formation.
Parfois, la proximité d'une base américaine permet aux forces du pays hôte d'observer l'évolution des relations entre les civils et les militaires et de se rendre compte de l'importance que revêt le respect des droits de l'homme dans une démocratie qui fonctionne. Il leur est aussi possible de participer à des exercices d'entraînement réalistes ou d'aider à désamorcer un conflit régional avant qu'il ne prenne des proportions incontrôlables et ne laisse dans son sillage des nations ravagées.
Des moyens pour répondre aux situations d'urgence
Outre leurs engagements, leur effet de dissuasion et la présence américaine qu'elles représentent, 34 grandes bases militaires américaines (définies comme ayant chacune une valeur de plus de 800 millions de dollars et un personnel se comptant dans les centaines) ont des forces de réaction rapide qui peuvent réagir aux crises et à diverses catastrophes naturelles allant des tremblements de terre en Iran et au Pakistan aux conséquences des tsunamis et des glissements de terrain en Asie. Ces bases donnent aux militaires américains la souplesse leur permettant de réagir rapidement à n'importe quelle situation d'urgence qui se déclarerait dans leur zone d'opération ou ailleurs, que ce soit pour apporter des secours humanitaires ou dans des buts liés à la défense.
Il aurait été impossible, souligne l'ancien ministre adjoint de la défense, M. Paul Wolfowitz, de réagir dans les plus brefs délais, ainsi que les États-Unis l'ont montré en venant rapidement en aide aux pays de l'océan Indien touchés par le tsunami, si des relations de travail n'avaient pas été établies de longue date avec les militaires d'Asie du Sud et du Sud-Est.
À propos des besoins militaires en Asie, M. Ryan Henry, vice-ministre de la défense avait fait observer en 2006, à l'occasion d'une déposition au Congrès : « Nous aimerions avoir suffisamment de moyens sur le terrain et offrir suffisamment de stabilité dans la région pour que les autres pays n'aient pas le sentiment qu'il leur faut étoffer leur appareil militaire », que ce soit pour se défendre ou pour attaquer.
L'un des principaux éléments de la stratégie des États-Unis en matière de défense nationale porte sur le renforcement du rôle de leurs alliés et sur l'élaboration et le soutien de partenariats afin de faire face à des menaces qui existent déjà ou qui se font jour, allant du terrorisme à l'introduction illicite d'armes de destruction massive.
Le ministère de la défense, a fait valoir M. Vidome, se concentre désormais beaucoup plus sur l'élaboration de liens entre les militaires que sur la construction de bases officielles car de tels liens facilitent l'accès et évitent les énormes frais et la vulnérabilité attachés aux bases.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)