27 février 2007
Le Mois national de l'histoire de la femme
Aux États-Unis, l'histoire des droits de la femme est longue et en évolution constante.
Ces dernières décennies, les Américaines ont bénéficié de mesures importantes dans de nombreux domaines : enseignement, santé, vie familiale, emploi et participation à la vie politique. L'expérience des États-Unis montre que plus le statut de la femme s'améliore, mieux c'est pour leur famille, leur entourage, leur lieu de travail et leur pays.
À de nombreux égards, les débuts du mouvement en faveur des droits de la femme aux États-Unis sont liés au mouvement abolitionniste, que de nombreuses Américains soutenaient avec ferveur. C'est l'exclusion des femmes déléguées au Congrès mondial contre l'esclavage de 1840 à Londres qui incitèrent Elizabeth Cady Stanton et Lucretia Mott à envisager la création d'un mouvement en faveur des droits de la femme aux États-Unis.
Pendant la première moitié du XIXe siècle, les femmes ne jouissaient pas des mêmes droits que les hommes. Elles ne pouvaient pas voter, être élues, suivre des études supérieures ou avoir une profession. Si elles étaient mariées, elles ne pouvaient pas conclure de contrat, divorcer ou obtenir la garde de leurs enfants.
En juillet 1848, Elizabeth Cady Stanton et Lucretia Mott organisèrent le premier Congrès sur les droits de la femme à Seneca Falls (New York), auquel participèrent trois cents personnes. Fondée sur la Déclaration d'indépendance des États-Unis, leur « Déclaration des sentiments » exigeait l'égalité des droits pour les femmes, notamment le droit de vote. Soixante-huit femmes et trente-deux hommes signèrent cette déclaration.
Les progrès réalisés sur les plans juridique et économique
En 1920, à la suite de la ratification du XIXe amendement de la Constitution des États-Unis, les Américaines obtinrent finalement le droit de vote. Néanmoins, c'est plutôt l'économie que la politique qui changea le rôle de la femme dans la société américaine et qui donna un élan au mouvement en faveur des droits de la femme.
Tout d'abord, le rôle économique des femmes diminua lors de l'exode des ruraux vers les villes. Toutefois, la grande dépression qui débuta avec le krach de la Bourse de New York en octobre 1929 obligea de nombreuses femmes à rechercher un emploi en dehors de leur foyer pour subvenir aux besoins de leur famille.
Puis, pendant la Seconde Guerre mondiale, près de 38 % des Américaines occupèrent les emplois laissés vacants par les hommes qui se trouvaient sur le champ de bataille. Après la guerre, beaucoup d'entre elles durent abandonner leur emploi avec le retour des soldats, mais l'expansion économique de la fin des années 1950 et des années 1960 leur permit de reprendre leur place au sein de la population active. Elles se heurtèrent cependant à une discrimination qui les empêchait de progresser sur le lieu de travail.
En 1964, une loi garantit l'égalité des chances aux femmes en interdisant sur le lieu de travail toute discrimination fondée sur le sexe des travailleurs. Afin de s'assurer que cette loi serait bien appliquée, des militantes créèrent en 1966 l'Organisation nationale des femmes (National Organization for Women ou NOW). À l'heure actuelle, NOW est l'organisation de féministes la plus importante des États-Unis ; elle compte quelque 500.000 membres.
Au début des années 1970, les parlementaires américaines, tant à la Chambre des représentants qu'au Sénat, s'employèrent à attirer davantage l'attention sur les besoins des femmes. De 1973 à 1994, le Congrès adopta plusieurs textes de loi favorables aux femmes dans les domaines suivants :
- contraception et limitation des naissances (1973),
- salaire minimum pour les domestiques (1974),
- interdiction de toute discrimination en matière d'emploi à l'encontre des femmes enceintes (1978),
- droit à une pension alimentaire pour enfants et droit des veuves et des divorcées à une partie de la pension de leur ancien conjoint (1984),
- aide fédérale pour la garde d'enfants (1990),
- protection de l'emploi des travailleurs qui ont besoin d'un congé prolongé pour s'occuper de membres de leur famille (1993),
- protection contre la violence.
Les obstacles restants
Les Américaines ont fait des progrès importants en ce qui concerne l'égalité des chances dans la vie économique et politique de leur pays, mais il leur reste encore à surmonter des problèmes.
Par exemple, selon le Bureau du recensement, les femmes âgées de plus de seize ans constituent 59 % de la population active, mais gagnent en moyenne 23 % de moins que les hommes. Cet écart de rémunération semble être dû en partie au fait que les femmes sont très nombreuses à occuper des emplois faiblement rémunérés.
Par ailleurs, les femmes, en particulier celles qui ont des enfants, ont des difficultés à concilier les exigences de leur foyer avec celles de leur lieu de travail. Certaines femmes qui occupent des postes de grande responsabilité renoncent même à avoir des enfants. Selon l'économiste Sylvia Ann Hewlett qui a écrit plusieurs livres sur le travail des femmes, 42 % des femmes qui sont cadres supérieurs dans de grandes entreprises sont sans enfant à l'âge de quarante ans, alors que 14 % seulement n'avaient pas prévu d'en avoir.
Malgré les problèmes auxquels elles se heurtent encore, les Américaines peuvent être fières de leurs réalisations, et le Mois national de l'histoire de la femme, institué par le Congrès en 1987, est un bon moment pour considérer les progrès qu'elles ont faits.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)