26 février 2007
L'USAID a mis sur pied des programmes dans une quarantaine de pays africains.
Washington - Selon un haut responsable de l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), en triplant les fonds alloués à l'aide en faveur de l'Afrique, le président Bush remplit l'engagement pris par les États-Unis à l'occasion de deux sommets du G8 de soutenir le développement de ce continent.
Lors d'une interview accordée à l'USINFO le 21 février, l'administrateur adjoint par intérim de l'USAID chargé de l'Afrique, M. Walter North, a donné quelques précisions à propos du budget de l'aide humanitaire et du développement dont il est responsable et qui s'élève à 3,6 milliards de dollars.
« Le niveau des ressources qui ciblent l'Afrique est impressionnant », a dit M. North, qui a été bénévole du corps de la paix en Éthiopie. Le Soudan, a-t-il souligné, se place juste derrière l'Irak et l'Afghanistan parmi les plus gros bénéficiaires de l'aide des États-Unis à l'étranger.
Outre l'aide humanitaire qu'elle fournit à des pays tels que le Mozambique, qui a récemment été dévasté par de graves inondations, l'USAID administre des programmes dans les domaines de la santé, de l'éducation et de la gouvernance dans plus de 40 pays africains.
Dans le cadre du Plan du président Bush d'aide d'urgence en matière de lutte contre le sida (PEPFAR), par exemple, l'USAID a fourni des centaines de milliers de traitements par antirétroviraux en Afrique.
« Le président Bush a renforcé les promesses faites par les États-Unis lors des sommets du G8 - le groupe des principaux pays industriels - qui se sont tenus à Monterrey (Mexique) en 2002, et à Gleneagles (Écosse) en 2005, et c'est vraiment encourageant », a fait valoir M. North.
L'attachement que porte le président Bush à l'Afrique ne se limite pas à des considérations politiques, et il a surpris beaucoup de monde lorsqu'il s'y est rendu en juillet 2003, trois mois seulement après l'intervention des forces de la coalition en Irak.
Le Programme de bourses d'études à l'intention des filles, géré par les ambassadeurs, ne représente qu'un exemple de l'attachement que portent les États-Unis à l'Afrique. En vertu de ce programme, de jeunes Africaines démunies reçoivent une aide financière pour suivre des cours du niveau du primaire et du secondaire.
En 2006, quelque 175.000 filles, dans 40 pays d'Afrique, ont bénéficié de ces bourses. Et si la presse n'en parle guère, ce programme a une importance capitale car la plupart des écoles publiques africaines font payer des frais scolaires et lorsque les revenus des familles diminuent, ce sont les filles en premier qui doivent abandonner leurs études.
L'USAID n'est pas la seule organisation à s'être engagée à augmenter fortement son aide à l'Afrique, a précisé M. North. Lors du sommet de Gleneagles, en 2002, la communauté internationale s'était engagée à doubler son aide à l'Afrique d'ici 2010, un engagement qui se chiffre à 25 milliards de dollars supplémentaires.
Trouver les moyens de mieux servir l'Afrique
Évoquant un processus de réforme dans lequel l'USAID s'est engagée pour mieux servir ses partenaires du développement en Afrique, M. North a expliqué qu'il portait sur une meilleure connaissance des pays dans lesquels l'USAID travaille, sur une évaluation de leurs besoins pour qu'ils puissent aller de l'avant et sur la recherche des ressources leur permettant de progresser.
Citant l'exemple du Mozambique, qui s'est révélé être l'histoire d'une belle réussite, il a expliqué que ce pays avait retrouvé la paix depuis 10 à 15 ans après avoir connu une « terrible guerre civile » et que, grâce à ses partenariats avec les États-Unis et d'autres pays donateurs, il avait renoué avec le reste du monde.
« Les États-Unis ont collaboré avec ce pays d'Afrique australe en vue de sa restructuration et de sa reconstruction, et aujourd'hui il jouit d'une croissance économique robuste et peut bénéficier des programmes de développement mis en œuvre par les États-Unis et notamment des avantages offerts par la Société du Compte du millénaire », a-t-il précisé.
Rappelant que l'attachement des États-Unis à aider les Africains a souvent été lié à des impératifs relevant de la politique étrangère, notamment durant la guerre froide ou dans le cadre de la guerre à l'échelle mondiale contre le terrorisme, il a cependant fait observer que, du fait de l'influence des institutions religieuses, « il existe un autre aspect de notre aide tout aussi vigoureux et qui le devient peut-être encore plus, et c'est le fait que nous offrons une aide parce que nous sommes conscients qu'elle est nécessaire et que l'Amérique est généreuse. C'est le visage humain des États-Unis et le reflet de leur sollicitude à l'égard des pauvres de la planète. »
Les partenariats visant le développement que l'USAID a mis sur pied en Afrique vont se poursuivre car, a fait observer M. North, « notre mission fondamentale, c'est d'arriver à changer le cours des choses et d'influencer de façon positive le sort des gens ».
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)