20 février 2007
Les propos de la secrétaire d'État Condoleezza Rice
Washington - La secrétaire d'État des États-Unis, Mme Condoleezza Rice, a déclaré que l'entretien qu'elle avait eu à Jérusalem avec le premier ministre israélien Ehoud Olmert et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas avait été « utile et productif » parce qu'il avait préparé le terrain à de futurs efforts d'instauration de la paix entre Israéliens et Palestiniens.
Lors d'une brève déclaration prononcée à l'issue de la réunion du 19 février, qu'elle avait à l'avance qualifiée de « discussions informelles » et non de négociations, Mme Rice a déclaré : « Nous avons affirmé notre engagement envers une solution à deux États, nous nous sommes accordés à dire qu'un État palestinien ne pouvait pas naître dans la violence et le terrorisme, et nous avons réaffirmé notre acceptation des obligations et accords précédents », y compris la feuille de route pour la paix au Proche-Orient.
De plus, a-t-elle ajouté, MM. Olmert et Abbas ont discuté de la façon de tenir leurs engagements mutuels visant à mettre en œuvre la première phase de la feuille de route.
Ils ont décidé de se rencontrer de nouveau, et réitéré leur désir de voir les États-Unis les aider à surmonter les obstacles, à rassembler des appuis régionaux et internationaux, et à évoluer vers la paix.
De ce fait, a déclaré Mme Rice, elle retournera elle-même bientôt dans la région.
Avant cette réunion tripartite, qui a duré près de deux heures, Mme Rice s'était entretenue séparément avec M. Olmert et M. Abbas.
Ce déplacement de Mme Rice avait été prévu avant que M. Abbas et les responsables du Hamas ne s'entendent, lors d'une réunion tenue au début février à La Mecque (Arabie saoudite), sur le principe du partage du pouvoir dans le cadre d'un gouvernement palestinien de coalition.
Cet accord a affecté le climat des discussions tenues à Jérusalem parce que le Hamas n'a pas encore accepté les principes énoncés par le Quatuor pour la paix au Proche-Orient : tout gouvernement palestinien doit s'engager à être non violent, à reconnaître Israël et à respecter les obligations et engagements déjà pris, y compris vis-à-vis de la feuille de route.
Le Quatuor est constitué de l'Union européenne, de la Russie, des Nations unies et des États-Unis.
Lors d'une série d'entretiens accordés à la presse avant son déplacement à Jérusalem, on a demandé à Mme Rice s'il ne serait pas plus judicieux de retarder sa nouvelle initiative en faveur de la paix jusqu'à ce qu'un gouvernement palestinien soit en place.
Elle a rejeté cette idée, affirmant lors d'un entretien accordé au quotidien israélien « Ha'aretz » que « certes la situation est compliquée (…) mais si j'attends que tout soit calme au Proche-Orient, je ne suis pas certaine de jamais prendre l'avion ». Elle a toutefois reconnu que les progrès pourraient être lents.
« Je ne vais pas demander à tout le monde de courir alors que ce dont nous avons vraiment besoin, c'est une promenade. Je pense que si nous demandons à tout le monde de courir, quelqu'un va fatalement tomber. Alors prenons chaque chose en son temps. »
Lors d'une table ronde avec des journalistes de la presse écrite organisée le 18 février, avant son tête-à-tête avec Mahmoud Abbas, Mme Rice a souligné que les États-Unis allaient continuer de coopérer avec lui pendant la formation du gouvernement palestinien. « Nous allons continuer de discuter avec lui. Ceci dit, l'idéal serait qu'un gouvernement palestinien uni reconnaisse les principes du Quatuor. Mais M. Abbas a sa propre autorité, et il accepte ces principes. »
« Au bout du compte, a-t-elle dit, pour qu'un État palestinien existe, les principes du Quatuor devront être reconnus (…) parce qu'ils sont la fondation de la paix. En effet, comment envisager une solution à deux États si l'existence de l'un d'entre eux n'est pas reconnue ? Comment appliquer une solution à deux États et une feuille de route vers la paix si on ne renonce pas à la violence ? »
Mme Rice a ensuite affirmé que les États-Unis ne pouvaient pas juger le nouveau gouvernement palestinien avant qu'il ne soit formé. « Nous allons nous abstenir de tout jugement avant de voir ce qu'il sort des décisions prises à La Mecque, et je pense que c'est juste. »
Le journaliste de « Ha'aretz » a ensuite attiré l'attention de Mme Rice sur l'Iran, citant certaines personnes qui craignent que ce pays ne soit en train d'imiter l'Allemagne nazie de 1938.
Mme Rice a répondu : « Nous savons une chose, c'est que lorsque la communauté internationale ne s'unit pas rapidement pour stopper les comportements agressifs, l'issue n'est jamais positive. C'est pourquoi il est important de se préoccuper de l'attitude des Iraniens maintenant, et pas plus tard. »
Mme Rice devait ensuite se rendre à Berlin pour évaluer la situation au Proche-Orient avec d'autres membres du Quatuor.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)