14 février 2007
Les États-Unis le considèrent comme un premier pas vers la dénucléarisation de la péninsule coréenne.
Washington - La secrétaire d'État américaine, Mme Condoleezza Rice, a déclaré que la décision de la Corée du Nord de démanteler son programme d'armement nucléaire en échange d'une aide énergétique constituait un progrès décisif.
Mme Rice s'est adressée à la presse le 13 février, à la suite de la dernière série de pourparlers à six (Corée du Nord, Corée du Sud, Chine, Japon, Russie et États-Unis) qui s'est tenue à Pékin.
Elle a dit que cet accord s'inscrivait dans un « vaste effort » visant non seulement à dénucléariser la péninsule coréenne, mais aussi à « promouvoir un avenir de paix et de prospérité en Asie du Nord-Est ».
Le président Bush s'est lui aussi félicité de cet accord, en déclarant le même jour : « Ces pourparlers représentent la meilleure occasion de recourir à la diplomatie pour régler le dossier nucléaire de la Corée du Nord. » Il a qualifié cet accord de « premier pas » vers la mise en œuvre de la déclaration du 19 septembre 2005, par laquelle les six pays se sont entendus sur l'objectif d'une péninsule coréenne dénucléarisée.
Le principal représentant des États-Unis aux pourparlers, M. Christopher Hill, a expliqué aux journalistes que ce progrès décisif avait eu lieu durant les derniers pourparlers, lorsque les diplomates nord-coréens avaient exigé que l'aide soit définie clairement. Les négociateurs ont accepté, mais exigé à leur tour que la Corée du Nord discute immédiatement du démantèlement de ses programmes nucléaires au lieu de remettre la question à plus tard.
L'accord du 13 février est divisé entre une période initiale d'action de 60 jours et une future phase de « démantèlement ». Mme Rice l'a décrit comme « un moyen raisonnable de supprimer les programmes nucléaires de la péninsule coréenne ».
Selon le plan d'action de l'accord, pendant la première phase qui durera 60 jours, la Corée du Nord arrêtera le fonctionnement de son principal réacteur nucléaire à Yongbyon, autorisera des vérifications internationales et fournira une liste de tous ses programmes nucléaires aux États participants aux pourparlers.
Durant cette même période, ces États fourniront à la Corée du Nord une aide énergétique d'urgence de 50.000 tonnes de fioul lourd. Si les dispositions de cette phase initiale sont respectées, 950.000 tonnes supplémentaires de fioul seront livrées.
L'accord prévoit également la création de cinq groupes de travail qui doivent se réunir dans les 30 prochains jours. Ces groupes se concentreront sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne, sur la normalisation des relations entre les États-Unis et la Corée du Nord, sur la normalisation des relations entre le Japon et la Corée du Nord, sur la coopération dans les domaines de l'économie et de l'énergie, ainsi que sur la création d'un mécanisme de paix et de sécurité pour l'Asie du Nord-Est.
Dans le cadre du groupe de travail sur les relations entre les États-Unis et la Corée du Nord, ces deux pays organiseront des réunions visant à régler diverses questions bilatérales épineuses et à évoluer vers l'établissement de relations diplomatiques complètes, conformément au plan d'action.
Les États-Unis réexamineront également la question de savoir si la Corée du Nord doit continuer de figurer sur la liste des États qui soutiennent le terrorisme. « Je pense que c'est le bon moment de le faire. Nous examinerons le comportement de la Corée du Nord durant cette période, mais nous pensons qu'il serait bon de commencer un tel examen », a dit Mme Rice.
Elle a rappelé que l'accord était multilatéral et que les six parties en étaient les garants. « Tous les pays influents de cette partie du monde ont maintenant un enjeu dans son succès, et ils exigeront des résultats et des comptes. Les mécanismes de coopération que nous sommes en train d'établir entre ces pays devraient être un facteur de stabilité et de confiance croissantes dans cette partie dynamique du monde. »
Elle a ajouté que la fermeture des installations nucléaires de la Corée du Nord serait un signe que les Nord-Coréens étaient « réellement prêts à faire un choix stratégique ».
Si la période initiale de 60 jours est couronnée de succès, a-t-elle dit, les six pays se réuniront au niveau des ministres des affaires étrangères. Ce sera ainsi l'occasion pour Mme Rice de faire la connaissance de son homologue nord-coréen.
Pour sa part, le porte-parole du département d'État, M. Sean McCormack, a déclaré que les délais prévus par l'accord étaient brefs et que la mise en œuvre complète de la déclaration de septembre 2005 exigerait beaucoup de travail. « Aujourd'hui, a-t-il dit, la Corée du Nord a manifesté pour la première fois le désir de dénucléariser et de faire un choix stratégique. »
Il a ajouté que, durant la mise en œuvre de l'accord, la Corée du Nord serait en mesure de « nouer un genre différent de relations avec le reste du monde », y compris avec les États-Unis.
Les négociateurs doivent se réunir de nouveau le 19 mars, et les ministres des affaires étrangères des six pays se réuniront dans les 60 jours qui suivront la fermeture du réacteur de Yongbyon afin de confirmer l'exécution de l'accord et de discuter de l'avenir de la sécurité dans cette partie du monde.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)