12 février 2007
Il ne serait pas désavantageux pour les conducteurs et pour les constructeurs d'automobiles.
Washington - Selon des spécialistes, le plan annoncé par le président Bush pour réduire la consommation de carburants aux États-Unis tout en augmentant le rendement énergétique des voitures rendrait le pays moins dépendant des importations de pétrole et diminuerait les émissions de gaz à effet de serre sans nuire aux conducteurs et aux constructeurs d'automobiles sur le plan économique.
Lors du discours sur l'état de l'Union qu'il a prononcé le 29 janvier, M. Bush a proposé de réduire la consommation d'essence de 20 % sur dix ans. Son plan prévoit la révision des normes de rendement énergétique des véhicules et l'augmentation de l'utilisation de carburants renouvelables et de remplacement. Selon le gouvernement, si ce plan était mis en œuvre, il pourrait réduire de 10 %. les émissions annuelles des voitures de tourisme, des camionnettes à plateau découvert, des monospaces et des 4x4.
Chercheur au Laboratoire national d'Oak Ridge, M. David Greene a déclaré à l'USINFO que l'objectif du gouvernement Bush pouvait être atteint à l'aide des techniques existantes si les constructeurs d'automobiles modifiaient leur stratégie et qu'ils utilisaient ces techniques pour améliorer le rendement énergétique de leurs véhicules au lieu d'augmenter la puissance des moteurs ou la taille et le poids des véhicules, comme ils l'ont fait au cours des vingt-cinq dernières années.
De son côté, M. John German, de la société American Honda Motor, a déclaré devant la commission sénatoriale de l'énergie, le 30 janvier, que si l'on avait tiré parti des techniques existantes, les économies de carburant auraient pu augmenter de presque 1,5 % par an de 1987 à 2006.
Au lieu de cela, les constructeurs et les conducteurs américains ont opté pour des véhicules plus grands. De ce fait, le rendement énergétique moyen des automobiles neuves aux États-Unis a diminué depuis le début des années 1990.
Réactions mélangées à la proposition du président
Certains des grands groupes de défense de l'environnement ont prudemment qualifié le plan du président Bush de pas dans la bonne direction.
En revanche, les constructeurs américains en difficulté ne sont pas du même avis. Ils affirment que l'application de normes obligatoires sera onéreuse et qu'elle les obligera à vendre des véhicules dont les conducteurs ne veulent pas.
Cependant, M. Walter NcManus, de l'université du Michigan, a déclaré devant la commission sénatoriale de l'énergie que les conducteurs américains accordaient plus de valeur aux économies de carburant que ne le pensaient les constructeurs de véhicules.
Une étude réalisée en 2006 par son département montre, a-t-il dit, que des mesures d'économies d'énergie renforceraient au contraire la situation financière des constructeurs américains d'automobiles.
Le plan du président prévoit une augmentation annuelle de 4 % des économies de carburant dès 2010. Dans le cadre de ce plan, le gouvernement aurait le pouvoir d'imposer des normes de consommation pour les automobiles, pouvoir que détient actuellement le Congrès.
Le programme actuel de normes minimales applicables aux constructeurs d'automobiles en matière de consommation de carburant (CAFE) exige un rendement moyen d'environ 8,5 litres aux 100 kilomètres pour l'ensemble du parc automobile, une norme en deçà de celle des autres grands pays industriels et de la Chine.
Pourtant, le programme CAFE a été critiqué par les constructeurs d'automobiles et par certains parlementaires. Ils ont fait valoir qu'il était plus facile pour les constructeurs asiatiques, par exemple Toyota et Honda, de respecter ces normes parce qu'ils fabriquaient essentiellement des voitures légères et économiques. Les constructeurs américains ont tendance à fabriquer des véhicules plus lourds et gourmands en essence. Les détracteurs du programme CAFE affirment également que les voitures légères sont moins sures que les véhicules plus lourds, affirmation que certains groupes de défense de l'environnement mettent en question.
Le gouvernement cherche la souplesse dans le respect des normes
Le gouvernement préfère un mécanisme semblable à celui qui a été mis en œuvre en 2006 pour les camions légers et qui lui permettrait de fixer des normes pour chaque catégorie de véhicule en fonction de la largeur de ce dernier. Un tel mécanisme, ont affirmé des responsables, réduit les risques, préserve le choix du consommateur et répartit le fardeau du respect des normes entre plusieurs constructeurs et diverses lignes de produits.
Parce que la méthode du gouvernement est relativement novatrice, il faut être prudent, a affirmé M. Greene. Selon lui, les responsables américains de la sécurité des véhicules devraient faire une étude des conséquences imprévues et non désirables de ce mécanisme.
Le projet remis à la commission énergétique et commerciale de la Chambre des représentants prévoit également la possibilité d'accorder des crédits aux constructeurs dont les véhicules ont un rendement énergétique supérieur aux normes. Ces crédits pourraient être échangés entre constructeurs, institutions financières et investisseurs dès 2010.
M. Greene a affirmé qu'un tel système donnerait aux constructeurs plus de souplesse pour respecter les normes. Toutefois, a-t-il précisé, une étude récente indique que les éventuels gains au niveau du rendement énergétique ou toute perte de kilométrage résultant de ce système de crédits serait vraisemblablement modeste.
Le précédent Congrès, dominé par les républicains, avait rejeté un autre plan du gouvernement Bush qui prévoyait une révision semblable des normes CAFE.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)