31 décembre 2007

Les grands partis politiques recherchent des candidats à la députation

L'accent est mis sur l'adaptation des candidats aux circonscriptions à représenter.

 
Jim Gilmore
L'ancien gouverneur Jim Gilmore a été sélectionné comme candidat possible à la prochaine élection sénatoriale. (© AP Images)

Washington - Apparemment, les candidats à la députation ne se pressent pas au portillon.

Les comités de campagne électorale des deux grands partis politiques consacrent un temps et des efforts appréciables au recrutement d'éventuels candidats possédant un maximum de qualités qui seraient susceptibles de remporter la victoire dans les circonscriptions clés dans tout le pays.

En arrière-plan de ces efforts se situent les élections législatives de 2006 où, sur les 435 sièges de la Chambre des représentants, les démocrates ont enlevé 30 sièges jusqu'alors occupés par des républicains, devenant ainsi majoritaires après 12 ans de domination républicaine.

Le parti majoritaire arrête l'ordre du jour de la Chambre, assume la présidence des commissions législatives et se voit attribuer des sièges plus nombreux au sein de ces commissions.

Si la sélection des candidats se situe essentiellement au niveau local, les partis nationaux interviennent dans le processus par l'entremise du National Republican Congressional Committee (NRCC - Comité électoral national républicain) et du Democratic Congressional Campaign Committee (DCCC - Comité de campagne électorale démocrate).

Les porte-parole de ces deux entités emploient des termes étonnamment similaires pour décrire ce qu'ils recherchent chez les candidats.

« Nous recherchons avant tout quelqu'un qui soit bien adapté à la circonscription et qui ait le soutien des militants et des membres du parti républicain de la circonscription », dit Ken Spain, attaché de presse du NRCC.

Doug Thornell, attaché de presse du DCCC, opine : « Le point important est de trouver des candidats bien adaptés à la circonscription ».

En signalant que la nature de l'électorat et des problèmes locaux varie considérablement selon les régions, M. Thornell note que la bonne « adaptation » du candidat implique de la part de celui-ci « le partage des opinions, valeurs et priorités de la circonscription considérée ».

Bien qu'aucun des deux partis en présence ne veuille admettre qu'il abandonne certaines circonscriptions dans lesquelles il ne pourrait pas remporter la victoire, il est clair qu'en réalité, tous deux concentrent leurs efforts sur celles où ils estiment avoir de réelles chances de gagner.

M. Spain explique la situation en termes de stratégie de jeu. « Nous regardons la carte comme nous regarderions un échiquier et nous cherchons à maximiser nos atouts », dit-il.

Les deux camps, cela n'a rien de surprenant, sont convaincus que leurs efforts seront payants en 2008.

Rick Noriega
Le parti démocrate a recruté le représentant au Congrès du Texas Rick Noriega pour la course sénatoriale. (© AP Images)

Les observateurs extérieurs perçoivent généralement la bataille comme plus rude pour les républicains. Leur nouveau statut minoritaire, peut-être aussi conjugué aux faibles taux d'approbation enregistrés dans les sondages par le chef du parti, le président Bush, ont amené plusieurs d'entre eux à se retirer de la vie politique, ce qui est le cas notamment de l'ancien président de la Chambre des représentants Dennis Hastert.

En conséquence, les républicains cherchent à conserver 19 sièges ouverts - pour lesquels il n'y a pas de titulaire se présentant à la réélection, en faisant entrer en lice de nouveaux candidats ; les démocrates, eux, ne cherchent à conserver que cinq de tels sièges.

M. Spain se montre fort optimiste malgré cette disparité.

« Je crois que nous avons dépassé nos attentes en matière de recrutement de candidats, dit-il. Après les résultats enregistrés par les démocrates lors des dernières élections, on aurait pu penser qu'ils nous battraient pour le recrutement de candidats de qualité. Mais nous avons eu la bonne fortune de voir se présenter un grand nombre d'excellents candidats. »

Énumérant les circonscriptions électorales comme autant de cases de son échiquier métaphorique, « Texas 22, Floride 16, Pennsylvanie 10 », M. Spain voit le succès à l'horizon, compte tenu de ce qu'il appelle « l'ambition accumulée » chez les éventuels candidats.

« Notre infrastructure est solide dans ces circonscriptions, qui sont représentées par des républicains au sein des assemblées législatives des États ainsi qu'au niveau des comtés et des municipalités, dit-il. Ils sont donc nombreux à présent à entrevoir les possibilités et ils sont disposés à s'impliquer et à entrer en lice. Ils pensent pouvoir gagner et nous sommes de leur avis sur ce point. »

Le parti offre à ces challengers des données démographiques détaillées sur les circonscriptions, « ce qui leur fournit un plan de route pour la victoire », et une « école des candidats » comportant des conseils et de l'aide pour la mobilisation de fonds, de même que des services de consultants en matière de sondages et de contacts avec les médias, précise M. Spain.

« La volonté accumulée et un robuste effort de recrutement constituent une excellente combinaison pour trouver des candidats, déclare M. Spain. Les démocrates n'auront pas deux années 2006 de suite. »

M. Thornell insiste sur l'emplacement et sur l'importance accordée à la proximité dans la campagne de recrutement de candidats du DCCC.

Plus d'une dizaine de représentants en exercice de différentes régions du pays se réunissent chaque semaine pour analyser l'effort dans son ensemble, dit-il, et ils dispensent chacun des conseils sur leurs régions respectives.

« Pour une élection donnée dans le Midwest, par exemple, nous œuvrons de très près avec la délégation de l'État concerné, qui œuvre à son tour de très près avec les gens sur le terrain. Ce n'est pas un processus imposé du haut mais au contraire un travail avec les élus et les militants au niveau local pour identifier les gens qui veulent faire acte de candidature pour les législatives », explique-t-il.

Certains peuvent hésiter à se présenter aux législatives de l'État fédéral étant donné que cela peut exiger qu'ils démissionnent de leurs fonctions présentes en tant que membres de l'assemblée législative de leur État ou qu'ils sacrifient du temps passé avec leur famille ou des revenus. Une fois que des candidats possédant les qualités voulues ont été repérés, dit M. Thornell, le processus de recrutement peut consister principalement en « des entretiens avec eux pour leur faire valoir les avantages qu'il y a à faire partie d'une majorité démocrate, à pouvoir faire adopter des mesures qui feront de réelles différences dans leur circonscription ».

M. Thornell note que les démocrates ont plus de 30 candidats sérieux qui se présentent devant des républicains en place et 11 autres qui briguent des sièges ouverts.

Et contrairement à M. Spain, il a toute confiance que les démocrates pourront faire fond sur leurs succès de 2006.

« La sagesse conventionnelle, au début du cycle actuel, était que les démocrates passeraient sur la défensive, dit-il, mais il y a eu en quelque sorte une inversion des rôles. » Grâce à la capacité du parti démocrate à présenter des candidats solides et à « l'impopularité de George Bush, dit M. Thornell, nous avons pu remettre en jeu un nombre appréciable de sièges républicains. »

(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

Créer un signet avec :    Qu'est-ce que c'est ?