26 décembre 2007
Les problèmes économiques préoccupent davantage les Américains, alors que la situation en Irak s’améliore.

Washington - « C’est l’économie, stupide. » Les collaborateurs du président Bill Clinton se sont servi de ce slogan pendant sa campagne électorale de 1992 pour indiquer que c’était l’économie qui retenait l’attention des électeurs, alors que le pays était en proie à une forte récession. À l’heure actuelle, il semble que de nouveau l’économie est devenue la principale préoccupation des Américains.
Se fondant sur des sondages d’opinion relatifs à la guerre en Irak et sur les résultats des élections législatives de 2006, de nombreux politologues s’attendaient à ce que la politique étrangère soit la question primordiale de la campagne électorale de 2008. Toutefois, M. Peter Beinart, du centre de réflexion sur les affaires étrangères « Council on Foreign Relations », a déclaré récemment que la politique étrangère ne dominait pas la campagne électorale actuelle comme on aurait pu le penser. « Je pense, a-t-il dit, que la raison en est simple. L’Irak ne constitue pas une question aussi importante dans la politique américaine qu’il y a quelques mois. »
Alors que le nombre de soldats américains tués en Irak diminue et que les organes d’information prêtent moins attention à la guerre dans ce pays, les sondages indiquent que les problèmes économiques préoccupent tout autant les Américains ou même plus. Si les Américains sont encore en faveur du retrait des forces des États-Unis de l’Irak, un nombre croissant d’entre eux estiment maintenant que la situation dans ce pays est en voie d’amélioration.
En général, ce sont les questions économiques qui influencent la décision des électeurs lors des élections américaines. Selon le directeur des nouvelles politiques de la chaîne de télévision NBC, M. Chuck Todd, la plupart des élections ont trait à l’économie sauf si l’économie est en expansion ou si les États-Unis se heurtent à des difficultés pendant une guerre.

Un sondage effectué du 6 au 9 décembre par l’institut Gallup indique que la majorité des Américains estiment que l’économie se heurte à des problèmes et que plus de 70 % pensent que ces problèmes vont s’aggraver. Un grand nombre d’entre eux considèrent que les États-Unis sont en récession ou qu’ils vont l’être sous peu.
Le prix élevé des carburants et la chute des prix de l’immobilier sont à l’origine de ces préoccupations. L’une d’elles a trait aux prêts hypothécaires servant à l’acquisition d’un logement. Au cours de l’année écoulée, le nombre de personnes qui ne sont pas en mesure de payer les mensualités de leur emprunt hypothécaire à taux d’intérêt variable a augmenté considérablement.
L’intérêt que les Américains portent à d’autres questions de politique intérieure, telles que l’assurance maladie, a des raisons économiques. « Lorsqu’ils disent qu’ils sont inquiets au sujet de leur assurance maladie, a expliqué M. Todd, cela veut dire aussi qu’ils craignent de perdre leur emploi », étant donné que pour la majorité des Américains c’est l’employeur qui finance en grande partie l’assurance maladie.
L’immigration, qui est un grand sujet d’intérêt chez les républicains, a aussi trait à l’économie. Certains craignent de perdre leur emploi au profit d’immigrés clandestins. « Si on considère l’histoire de notre pays, a-t-il dit, toutes les fois que la question de l’immigration a pris le devant de la scène, les États-Unis se heurtaient à un ralentissement de l’activité économique.»
Les candidats aussi bien démocrates que républicains prêtent attention aux préoccupations de leurs concitoyens et adaptent leurs stratégies en conséquence. Dans leurs discours et dans leurs communiqués de presse, ils consacrent plus de temps à faire état de leur expérience et de leurs objectifs dans le domaine économique. Les débats les plus récents en Iowa ont été dominés par les questions économiques.
Par exemple, l’un des candidats républicains à la présidence, M. Mitt Romney, qui a occupé les fonctions de gouverneur du Massachusetts, fait état de sa gestion des jeux Olympiques d’hiver qui ont eu lieu en 2002 à Salt Lake City pour montrer qu’il est un gestionnaire compétent. Dans le camp démocrate, Mme Hilary Clinton, candidate à la présidence et sénatrice de l’État de New York, s’est rendu à Wall Street (rue où se trouvent les grands établissements financiers et la Bourse de New York) pour donner un aperçu de ses propositions visant à mettre un terme à la crise des prêts hypothécaires et à réduire les frais de chauffage.
Les républicains risquent d’avoir des difficultés à faire campagne dans le domaine économique pour deux raisons. Tout d’abord, l’histoire montre que lorsque l’économie est dans une mauvaise passe, le parti du président en exercice est plus susceptible de perdre. Ensuite, si les électeurs considèrent souvent que les républicains sont mieux à même de traiter des questions relatives à la sécurité, ils tendent à penser que les démocrates sont meilleurs pour s’attaquer aux problèmes économiques.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)