18 décembre 2007
Le nombre des victimes a fortement diminué ces dernières années.
Washington - Le nombre de morts et de blessés causés par l'explosion de mines terrestres et d'autres engins explosifs a diminué pour passer de 26.000 par an il y a quatre ans à un peu plus de 3.000 à l'heure actuelle.
Ces dix dernières années, la vente de mines terrestres a également diminué considérablement, tout comme la pose de nouvelles mines. Par ailleurs, on continue de détruire ou d'enlever des mines du sol et de supprimer des stocks composés de millions de mines. Tous ces faits ont eu une grande incidence, comme le montre la forte réduction du nombre de morts et de blessés.
Les États-Unis sont depuis longtemps le pays qui contribue le plus sur le plan financier au déminage et à d'autres activités connexes telles que l'achat de prothèses, la formation technique de démineurs, l'information du public sur les dangers créés par les mines ainsi que la recherche et développement visant à améliorer le matériel et les méthodes de déminage. Depuis 1993, les États-Unis ont fourni plus de 1,2 milliard de dollars à une cinquantaine de pays où il existe encore des mines terrestres et des engins explosifs à la suite d'un conflit armé.
Selon le directeur du service de déminage et de destruction des armes classiques dangereuses du département d'État, M. Richard Kidd, l'aide financière des États-Unis ainsi que celle d'autres pays et les mesures prises par les pays touchés ont accru les moyens dans ce domaine et amélioré considérablement l'efficacité et la sûreté des opérations de déminage.
Les enquêtes sur les conséquences des mines, l'amélioration des systèmes d'information et le perfectionnement des techniques de déminage font que celui-ci est moins dangereux et plus productif qu'il y a dix ans, a indiqué M. Kidd. Sans l'aide financière des États-Unis, a-t-il dit récemment à la BBC, on compterait encore un tiers de plus de champs de mines susceptibles de mettre en danger des agriculteurs, des enfants et des animaux d'élevage.
Il est prévu que le Nicaragua sera le prochain pays à faire partie en 2008 de la catégorie des pays où les opérations de déminage ont été couronnées de succès. Ces pays comprennent le Costa Rica, Djibouti, le Guatémala, le Honduras, le Kosovo, la Macédoine, la Namibie, le Salvador et le Suriname.
L'appartenance à cette catégorie ne veut pas dire que l'on a déminé tout le territoire d'un pays, comme des coins reculés de la jungle du Costa Rica ou des zones inhabitées du désert à Djibouti. Elle indique que l'on a enlevé les mines terrestres susceptibles d'empêcher les habitants du pays en question d'avoir une vie normale et que ce pays peut maintenant consacrer plus de temps et d'argent à des problèmes plus pressants et qu'il a les moyens de s'occuper des explosifs restants.
Le département d'État coopère aussi avec une soixantaine d'organisations non gouvernementales et d'associations civiques pour mieux sensibiliser le public au problème des mines terrestres à travers le monde et pour inciter la société civile à contribuer à sa solution. Par ailleurs, des particuliers fournissent chaque année des millions de dollars à des partenariats des secteurs public et privé, tels que Roots for Peace qui facilite la réutilisation des terres déminées à des fins agricoles : des vignobles en Croatie, des vergers en Afghanistan et des rizières au Cambodge.
Le département d'État a également financé un cédérom/dvd créé par l'université James Madison en Virginie, qui comprend un catalogue de quelque 600 articles bon marché ou aisément adaptables (appareils ménagers, outils agricoles, outils de menuiserie, etc.) destinés à aider les personnes qui ont blessées par des mines à avoir une activité physique ou économique leur permettant d'être indépendantes.
Si les États-Unis n'ont pas adhéré pour des raisons militaires à la convention d'Ottawa (1997) interdisant les mines terrestres antipersonnel, ils sont résolus à mettre fin aux dangers que toutes les mines antipersonnel et anti-véhicule créent pour la population. Ils considèrent cependant que l'armée américaine doit pouvoir utiliser des mines terrestres dans des circonstances particulières afin de garantir la protection de ses soldats.

Il convient toutefois de ne pas oublier quelques grandes dates :
- en 1992, les États-Unis ont interdit l'exportation de toutes les mines anti-personnel américaines ;
- en 1999, ils ont supprimé leur dernier champ de mines permanent qui entourait leur base navale de Guantanamo à Cuba ;
- en 1999, ils ont ratifié la modification du protocole II de la convention sur certaines armes classiques, qui est la première convention mondiale sur les mines terrestres portant sur les mines antipersonnel et anti-véhicule et qui interdit aussi les pièges ;
- en 2004, ils se sont engagés à ne plus jamais employer des mines persistantes après 2010 et à les remplacer au besoin par des mines qui deviennent inutilisables en quelques heures ou en quelques jours après leur pose ;
- en 2006, ils ont adhéré à la déclaration de la troisième conférence d'examen de la convention sur les armes classiques en précisant qu'ils s'engageaient :
1. à ne pas employer des mines anti-véhicule en dehors de zones dont le périmètre est indiqué à moins qu'elles soient détectables ;
2. à ne pas employer de telles mines en dehors de zones dont le périmètre est indiqué à moins qu'elles puissent se désamorcer d'elles-mêmes ;
3. enfin, à ne pas fournir de mines anti-véhicule à moins qu'elles remplissent ces critères et alors à les fournir uniquement à des pays se conformant à cette ligne d'action.
Selon M. Kidd, les États-Unis prennent, par principe, des mesures pratiques pour réduire les dangers de toutes les catégories de mines terrestres et de tous les autres engins explosifs à la suite d'une guerre. Toutefois, ils n'apporteront pas leur soutien à des programmes visant à faire disparaître toutes les mines d'un pays donné, étant donné le coût prohibitif d'un tel déminage, la nécessité de s'attaquer à des problèmes humanitaires encore plus pressants et le danger minime, voire inexistant, de ces mines dans des zones reculées.
Les États-Unis sont cependant en faveur de découvrir et de désamorcer les mines et les munitions explosives non explosées lorsqu'elles constituent le besoin le plus pressant d'un pays. Par exemple, quelque 20 % des zones minées dans le monde sont la cause d'environ 80 % des victimes de mines terrestres.
Il convient, a dit M. Kidd, d'affecter les ressources en fonction des risques, car d'autres grands problèmes, tels que les maladies ou la sous-alimentation, exigent aussi que l'on y consacre des ressources.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)