11 décembre 2007

Les jeunes Américains s'intéressent de près à la course à la présidence

L'Irak et la protection médicale sont deux des sujets qui préoccupent tant les jeunes démocrates que les jeunes républicains.

 
West Burlington (Iowa)
Des étudiants à West Burlington (Iowa) soutiennent le candidat démocrate Barack Obama. (© AP Images)

Washington - La course à la présidence pour les élections de 2008 n'est pas un sujet qui laisse les jeunes Américains indifférents et nombreux sont ceux qui sont prêts à aider leur candidat favori à remporter la victoire.

C'est ce qu'a fait valoir un sondage organisé par l'Institut politique (Institute of Politics, ou IOP) de l'université Harvard.

Reflétant une tendance nationale pour toutes les tranches d'âge, le nombre des jeunes qui vont voter augmente régulièrement. Entre 2000 et 2004, le nombre des électeurs âgés de 18 à 29 ans participant aux scrutins a augmenté de 9 %, une augmentation deux fois plus importante que celle qui s'est produite pour l'ensemble des électeurs. Pour les élections de mi-mandat de 2006, l'augmentation du nombre des électeurs, pour cette tranche d'âge - la première augmentation notée depuis 24 ans pour une élection autre que présidentielle - avait été de 3 % de plus par rapport à 2002 et près de deux fois plus importante que celle enregistrée pour les électeurs toutes tranches d'âge confondues.

Les récents sondages font entrevoir une nouvelle augmentation du nombre de jeunes qui participeront au scrutin de 2008. Les jeunes s'intéressent tout autant à la politique intérieure qu'aux affaires internationales.

Organisé du 28 octobre au 9 novembre par le biais de l'Internet, ce sondage a interrogé quelque 2.500 jeunes âgés de 18 à 24 ans, la moitié des étudiants, à propos de leurs préoccupations et de leur candidat favori.

Qu'ils soient jeunes ou plus âgés, les Américains s'intéressent aux mêmes questions et, selon un sondage mené par l'IOP, la guerre en Irak et la protection médicale figurent au premier rang de leurs préoccupations.

Cependant, ces jeunes, a découvert le sondage, ne partagent pas les vues de leurs parents ou grands-parents dans tous les domaines. Ils sont plus enclins, par exemple, à ne pas s'opposer à des entretiens entre les dirigeants américains et les responsables d'États « voyous ». Ils pensent également qu'il appartient aux organisations internationales telles que l'ONU de trouver des solutions aux problèmes internationaux.

Mitt Romney à l'université de l'Iowa
Le candidat républicain Mitt Romney se présente à des étudiants de l'université de l'Iowa avant un match de football. (© AP Images)

Nombreux sont les jeunes - environ 40 % - qui se considèrent « indépendants » ; 35 % se disent démocrates et 25 % républicains. Ceux qui se disent affiliés à un parti en particulier lui sont en général fidèles.

Selon M. John Della Volpe, responsable des sondages pour l'IOP, beaucoup de jeunes sont prêts à accorder leur appui à un candidat d'un troisième parti. Peu satisfaits de la philosophie des deux grands partis, environ 37 % des jeunes - qu'ils se disent démocrates ou républicains - s'accordent à dire qu'un troisième parti politique est nécessaire aux États-Unis.

Les jeunes Américains sont disposés à travailler bénévolement pour une campagne et près d'un tiers le feraient si on leur demandait. Un nombre encore plus grand le ferait sur l'insistance d'un ami. Ils seraient aussi nombreux (60 %) à parler en termes élogieux d'un candidat qu'ils apprécieraient à des amis ou des proches.

Plus de la moitié des jeunes interrogés dans le cadre du sondage ont indiqué qu'ils s'associeraient à un groupe Internet consacré à un candidat tel qu'un groupe « Facebook ». Les candidats réservent une grande partie de leurs efforts à l'Internet, mais ainsi que l'a fait valoir Marina Fisher, une étudiante de première année de l'université Harvard, les étudiants ne se désintéressent pas pour autant des messages transmis par des moyens plus traditionnels, tels qu'affiches, autocollants placés sur les pare-chocs et meetings.

Si une grande partie des médias concentre son attention sur l'appui qu'apportent les jeunes démocrates au candidat à la présidence Barack Obama, sénateur de l'Illinois, le sondage de l'IOP a montré que les jeunes démocrates appuient plusieurs candidats et que si les étudiants préfèrent M. Obama, il n'est pas garanti que la majorité des jeunes lui accordera son appui car ceux qui ne font pas d'études semblent favoriser Mme Hillary Clinton, sénatrice du New York.

Du côté républicain, le sondage de l'IOP a montré que les jeunes étaient en faveur de l'ancien maire de New York, M. Rudy Giuliani. Le sénateur John McCain, lui, venait en deuxième position. Cependant, un important pourcentage - 30 % - sont encore incertains, soit un peu plus que lors d'un sondage effectué en mars.

De l'avis de M. Della Volpe, il s'agit là d'une constatation assez surprenante alors que la date de l'élection se rapproche.

Il n'est pas facile, selon ce dernier, de mener à bien un sondage auprès des jeunes qui ne disposent souvent que d'un téléphone portable, moyen que ne peuvent utiliser les sondeurs.

Les jeunes démocrates qui ont une ligne de téléphone terrestre, a-t-il précisé, ont souvent des opinions plus conservatrices et des vues concernant la guerre en Irak qui s'alignent plus avec celles de Mme Clinton. Ce qui explique peut-être que les sondages menés par téléphone ont tendance à mettre à jour plus de personnes en faveur de Mme Clinton que d'autres candidats. Et si le sondage de l'IOP mené par le biais de l'Internet a montré que M. Obama était le favori des jeunes démocrates, un autre sondage mené par téléphone par l'institut de sondage « Sacred Heart » deux semaines plus tôt montrait que Mme Clinton était en tête avec une forte longueur d'avance.

(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

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