10 décembre 2007
Discussion en ligne de l'USINFO avec un haut responsable des États-Unis
Washington - On peut s'attendre à ce que Washington continue de jouer un rôle diplomatique de grande envergure, alors que les dirigeants israéliens et palestiniens se fondent sur la réussite de la conférence que les États-Unis ont organisée récemment à Annapolis pour reprendre leurs négociations, a déclaré le directeur du Bureau des affaires israéliennes et palestiniennes du département d'État, M. Thomas Goldberger, le 6 décembre à l'occasion d'une discussion en ligne de l'USINFO.
Si l'on peut être sceptique en raison de ce qui s'est produit antérieurement, les États-Unis considèrent qu'il s'agit là d'une occasion prometteuse sans précédent tant pour les Israéliens que pour les Palestiniens, a-t-il ajouté.
Lors de la conférence organisée le 27 novembre à Annapolis, le président de l'Autorité palestinienne, M. Mahmoud Abbas, et le premier ministre israélien, M. Ehoud Olmert, ont annoncé qu'ils reprendraient leurs négociations le 12 décembre, en vue de conclure d'ici à la fin de 2008 un traité de paix prévoyant la création d'un État palestinien vivant côte à côte avec Israël en paix et en sécurité.
« Ce sont là de belles paroles, mais ce qui compte le plus, c'est de savoir comment l'on va parvenir à la création d'un État palestinien », a dit M. Goldberger, dont les services soutiennent le rôle des États-Unis dans le processus de paix.
Les négociateurs israéliens et palestiniens, a-t-il expliqué, auront tout d'abord à s'attaquer aux questions les plus difficiles qui sont au centre de ce long conflit : la délimitation des frontières du nouvel État palestinien, le droit de retour de millions de réfugiés palestiniens, les garanties relatives à la sécurité de la population de part et d'autre de la frontière, la répartition équitable des maigres ressources en eau, le statut des colonies israéliennes dans les territoires palestiniens et le statut de Jérusalem.
En réponse à la question d'un participant malaisien sur ce que les deux camps pouvaient faire pour régler ces questions, M. Goldberger a déclaré : « Parler de concessions n'est peut-être pas la meilleure façon de penser. Il vaudrait mieux qu'ils pensent ensemble à la manière dont ils peuvent créer un avenir meilleur pour les Israéliens et pour les Palestiniens, un avenir où les deux peuples seront dans une situation plus avantageuse, jouiront d'une plus grande sécurité et seront plus heureux qu'aujourd'hui. »
De hauts responsables des États-Unis doivent se rendre au Proche-Orient pour aider les dirigeants israéliens et palestiniens à poursuivre ces négociations, et le Quatuor pour la paix au Proche-Orient (les États-Unis, l'Union européenne, la Russie et l'Organisation des Nations unies) continuera de se réunir fréquemment pour apporter un soutien politique. En outre, la Maison-Blanche a annoncé, le 4 décembre, que le président Bush se rendrait au Proche-Orient en janvier 2008.
Par ailleurs, la feuille de route du Quatuor pour la paix, qui constitue un plan visant à régler les questions d'ordre politique, économique, sécuritaire et humanitaire afin de mettre fin au conflit israélo-palestinien, prévoit un processus propre à renforcer la confiance. À Annapolis, les dirigeants israéliens et palestiniens sont convenus de continuer d'appliquer la feuille de route et ont demandé aux États-Unis d'assumer un nouveau rôle, celui de « surveillant et de juge » de leurs progrès.
Enfin, a indiqué M. Golberger, il est nécessaire que la communauté internationale continue d'apporter son soutien à la création d'un État palestinien. Quelque 90 pays doivent prendre part à une conférence internationale de bailleurs de fonds qui aura lieu le 17 décembre à Paris, a-t-il précisé.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)