06 décembre 2007
Chez Texas Instruments, des groupes de chrétiens et de musulmans encouragent le respect mutuel.

Washington - À Dallas, les employés de Texas Instruments sont fiers de la culture d'intégration de leur entreprise, caractérisée par la présence de groupes d'employés chrétiens et musulmans préconisant le respect mutuel et l'entente.
« L'entente et la tolérance sont les clés de la réussite » dans une entreprise multiculturelle telle que Texas Instruments, affirme M. Zafar Imam, président de l'Initiative des employés musulmans (IEM), l'un des deux groupes confessionnels d'employés de l'entreprise. « Nous sommes convaincus que l'ignorance compte pour beaucoup dans les conflits et l'hostilité, que ce soit sur le lieu de travail ou ailleurs. »
M. Kent Johnson, fondateur et dirigeant de l'Initiative des valeurs chrétiennes (IVC), le second groupe confessionnel d'employés de l'entreprise, pense que la culture d'entreprise de Texas Instruments approche la diversité religieuse sous un angle qui est « vraiment extraordinaire ». Il salue la « confiance mutuelle, l'appréciation et l'affection qui viennent combler les divergences spirituelles ».
En compagnie de M. Osama Elsafadi, autre membre de l'Initiative des employés musulmans, tous deux ont récemment raconté leur expérience chez Texas Instruments à l'USINFO. Ils ont déclaré, par exemple, que l'IEM et l'IVC avaient organisé ensemble plusieurs événements, notamment des visites d'une mosquée, d'une église baptiste et d'une église des Saints des derniers jours, mais aussi des tables rondes interconfessionnelles et une mobilisation de fonds destinés aux victimes de l'ouragan Katrina, en association avec d'autres groupes d'employés.
« La visite de l'église des Saints des derniers jours, lieu de culte mormon, m'a certainement ouvert les yeux », a dit M. Imam. « J'ai beaucoup appris. »
« À notre avis, la sensibilisation est très importante », dit-il. Chaque année, l'Initiative des employés musulmans organise à l'intention des employés non musulmans six ou huit tables rondes à l'heure du déjeuner. « Notre objectif consiste à présenter ce que nous considérons comme une définition exacte de l'islam » et à corriger les erreurs d'interprétation diffusées dans les médias, a-t-il expliqué.
En général, de 15 à 25 personnes sont présentes. « Nous passons ensuite aux questions, et rien n'est censuré. On nous pose de très bonnes questions, qui sont difficiles. La discussion est très ouverte, très franche », note M. Imam.
Beaucoup d'employés musulmans « aimeraient que leurs supérieurs connaissent l'islam et sachent ce qui les préoccupe sur leur lieu de travail », note M. Imam. Il ajoute que l'IEM apprécie les salles dites « de sérénité » chez Texas Instruments où musulmans et non musulmans peuvent venir prier ou méditer.
Avocat-conseil chez Texas Instruments, M. Johnson fait l'éloge de la direction de l'entreprise qui a pris la décision « révolutionnaire » d'autoriser la formation de groupes confessionnels. Nombre d'entreprises américaines autorisent leurs employés à former des groupes sur la base d'intérêts communs (employés noirs, hispaniques, handicapés, homosexuels et lesbiennes, par exemple). Mais les groupes confessionnels sont moins courants. Il n'en existe aucun chez General Motors, par exemple, et Ford Motor Company n'a reconnu officiellement qu'un seul groupe, le Réseau interconfessionnel de Ford.
« Certaines appréhensions ont été exprimées, naturellement », a-t-il reconnu. Certaines personnes craignaient « que les chrétiens ne se rassemblent et condamnent tous ceux qui n'étaient pas croyants comme eux. Dans notre groupe, nous avons tout de suite voulu dissiper ce malentendu. »
Bien que les membres de l'IVC ne soient pas nécessairement d'accord avec les croyances ou les modes de vie de certains autres groupes, dit M. Johnson, « nous pensons néanmoins que si l'on mettait ces différences dans un placard comme si elles n'existaient pas, ce serait est une erreur, car cela empêcherait l'existence de relations humaines sincères. »
Une culture d'entreprise qui réprouve l'exclusion est « un point positif pour les affaires », dit-il. Chez Texas Instruments, entreprise productrice de semi-conducteurs et autres produits de haute technologie, « tout ce que nous faisons dans un processus de production complexe comme le nôtre exige collaboration et confiance ».
M. Elsafadi, directeur de programmes pour le groupe automobile de l'entreprise, affirme qu'il apprécie l'atmosphère positive qui a prévalu chez Texas Instruments après les attentats du 11 septembre 2001. « L'une de mes collègues est venue me voir et a offert que je vienne m'installer chez elle avec ma famille », dit-il.
Cette collègue est juive, dit M. Elsafadi, qui est palestinien. « Nous avons passé une partie de la nuit chez elle mais j'ai décidé d'être courageux et de rentrer à la maison. Et il ne nous est rien arrivé. »
« Ici aux États-Unis, les juifs et les musulmans veillent les uns sur les autres d'une manière que je trouve extraordinaire. C'est particulièrement vrai chez Texas Instruments », dit M. Elsafadi.
M. Imam, directeur de la division technique des produits, a vécu une expérience similaire. Il est pakistanais. « Le lendemain du 11 septembre, mon directeur a pris de mes nouvelles et de celles de ma famille et m'a demandé si ma femme avait des problèmes ; sa femme a offert de sortir avec la mienne pour faire des courses, ce que j'ai trouvé très sympathique et très touchant. »
Cela fait 8 ans que Texas Instruments se trouve sur la liste des 100 meilleurs employeurs sélectionnés par le magazine Fortune. Une des raisons citées en 2006 : l'entreprise appuie la diversité grâce à la formation de groupes confessionnels d'employés, notamment l'Initiative des valeurs chrétiennes et l'Initiative des employés musulmans.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)