23 août 2007
Les musulmans, les chrétiens et les juifs, entre autres, œuvrent à l'amélioration de leurs relations.
Washington - Il est possible, pour des gens qui appartiennent à des religions différentes, d'avoir une meilleure appréhension de leurs croyances mutuelles et de leurs traditions culturelles lorsqu'ils se parlent, a fait valoir une haute responsable du département d'État, Mme Kareema Daoud.
« Lorsque nous parlons à des gens ayant une autre religion que la nôtre, notre foi s'en trouve renforcée et nous comprenons mieux nos voisins. C'est de dialogue dont il s'agit et non pas de compromis. J'ai mon point de vue, vous avez le vôtre », a expliqué Mme Daoud le 4 août, à l'occasion d'une discussion en ligne (webchat).
Au début de cette discussion, parrainée par le département d'État, Mme Daoud s'est présentée comme étant une Américaine de religion musulmane pour qui l'affiliation religieuse n'empêche nullement la pleine participation à la société américaine. « Je crois, personnellement, qu'il est possible d'allier mon identité musulmane à mon identité américaine, et je fais partie de la majorité des Américains musulmans qui sont de cet avis », a-t-elle expliqué, ajoutant qu'un récent sondage d'opinion mené auprès d'Américains musulmans avait fait ressortir que la plupart d'entre eux était d'avis que les principes de l'islam et les obligations liées à la citoyenneté américaine étaient tout à fait compatibles.
Mme Daoud a fait valoir qu'il n'était pas interdit, aux États-Unis, de porter le foulard islamique, signe extérieur de leur foi que beaucoup de musulmanes adoptent d'ailleurs. « Je remercie Dieu que nous ayons la liberté de pratiquer notre religion en toute liberté aux États-Unis », a déclaré Mme Daoud, précisant : « Certaines de mes amies les plus proches portent le foulard islamique. Personne aux États-Unis n'a le droit de vous dire que cela est interdit. » En effet, la loi américaine protège le droit de porter des vêtements associés à une religion particulière et « le hijab n'est pas une exception ».
Aux États-Unis, a fait remarquer Mme Daoud, les musulmans peuvent être tout aussi bien médecins, ingénieurs, enseignants, hauts fonctionnaires, journalistes, avocats, qu'hommes d'affaires. Certains sont nés aux États-Unis, d'autres sont issus de l'immigration. « Les musulmanes qui sont nées aux États-Unis et y ont été élevées ont une mentalité typiquement américaine : elles estiment que les hommes et les femmes doivent avoir les mêmes droits et privilèges », a indiqué Mme Daoud, précisant que les musulmanes nées aux États-Unis sont comme toutes les autres femmes, à la différence près qu'elles prient cinq fois par jour, qu'elles portent peut-être le foulard islamique, et qu'elles vont à la mosquée.
« Étant donné que la religion est tout d'abord une affaire privée, les gens, qu'ils soient chrétiens, juifs, musulmans, hindous ou bouddhistes, peuvent prier de la façon qu'ils jugent la plus appropriée à leur religion et être en même temps Américains », a rappelé Mme Daoud, faisant observer que les immigrants qui s'installent aux États-Unis peuvent eux aussi pratiquer leur religion comme ils l'entendent.
Seule la mentalité des gens fait la différence, a-t-elle fait observer, déclarant : « Si vous vous sentez Américain, vous comportez en Américain, acceptez les Américains et la façon de vivre américaine, vous êtes alors Américain et on vous accepte comme tel. »
Selon Mme Daoud, ce sont souvent des organisations non gouvernementales, des associations locales et des groupes de la société civile qui mettent en œuvre des activités visant au rapprochement des gens de diverses religions. « Si les gouvernements peuvent accorder un appui à ces groupes, ce sont les personnes qui s'intéressent à ce genre d'activités qui doivent faire le travail afin d'encourager la compréhension et la coexistence pacifique, c'est-à-dire, d'y réfléchir, de l'exécuter, d'y croire, de le renforcer et de le poursuivre », a-t-elle fait valoir. Parmi ces activités figurent les conférences, les retraites spirituelles et les déjeuners et dîners organisés sur les campus universitaires ou au domicile d'un particulier auxquels un conférencier aurait été invité à prendre la parole.
Répondant à la question d'un interlocuteur portant sur le fanatisme religieux, Mme Daoud a déclaré que « tout extrémiste violent, quel qu'il soit, agit en dehors de la communauté de religion dont il fait partie. Il ne définit pas cette religion et ne la représente pas. Je ne pense pas que ce genre de personnes, qui de par leur nature même sont isolationnistes, devraient ou souhaiteraient participer à un dialogue œcuménique. Heureusement, ils ne sont qu'une minorité. »
Il n'en demeure pas moins que le dialogue entre membres de diverses religions est louable et bénéfique. « Peut-être vais-je expliquer mon dessein dans la vie autrement que vous, mais si tous deux nous sommes d'accord qu'œuvrer pour le bien de l'humanité est un élément essentiel de la vie, nos intentions sont alors semblables, même si nos voies sont différentes (...) », a expliqué Mme Daoud, recommandant à ceux qui participent à des activités visant au rapprochement des personnes de religions différentes de garder un esprit ouvert, d'écouter et de respecter les autres, et de les traiter comme ils aimeraient l'être.
« Le dialogue entre personnes de religions différentes enrichit l'individu ; il ne l'amoindrit pas », a conclu Mme Daoud.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)