22 août 2007
De nouvelles tendances se font jour depuis 2004.
Washington - L'importance que jouent les médias dans le processus électoral des États-Unis ne peut guère être surestimée. Les chaînes de télévision du pays atteignent 99 % des foyers et l'ensemble de l'éventail socio-économique représenté dans la population. Les chaînes de télévision câblées, la radio, les animateurs de débats menés par téléphone et retransmis par la télévision, les journaux et les sites Internet sont autant de moyens informant les électeurs à propos des candidats. Le caractère profond de leurs reportages figure parmi les éléments les plus puissants influençant l'opinion que se font les électeurs des candidats et l'avis qu'ils portent sur les grandes questions.
Des études ont montré que les médias consacrent la plus grande partie de leur couverture à l'avantage que les candidats ont les uns sur les autres et non pas à l'explication des questions importantes ou de la position des candidats à leur sujet. Toujours à la recherche de plus de spectateurs, les responsables d'émissions privilégient les moments poignants qui soulignent les erreurs des candidats, les attaques contre leurs adversaires et les éventuels scandales et problèmes.
Même lorsque les médias couvrent les campagnes, les candidats n'ont guère la possibilité de s'adresser directement à l'auditoire. Une étude de la couverture par les principales chaînes de télévision des élections de 2000 a montré que les journalistes attachés aux journaux télévisés avaient parlé 74 % du temps, que les téléspectateurs n'avaient entendu la voix des candidats que 12 % du temps et que ce temps de parole n'avait duré en moyenne que 7,8 secondes.
Pour pouvoir s'adresser plus directement aux électeurs, les candidats achètent du temps d'antenne à la télévision et à la radio. Lors de l'élection présidentielle de 2000, les deux principaux candidats ont dépensé 285 millions de dollars, 60 % de cette somme étant consacrés à des spots publicitaires. Étant donné qu'atteindre les électeurs coûte très cher, les responsables des campagnes réservent une grande partie de leur budget publicitaire à l'achat de spots pour leur diffusion dans des régions où ils estiment avoir une chance d'influencer des électeurs indécis, ce qui fait que les habitants de certaines régions sont « bombardés » par la publicité à caractère politique tandis que d'autres n'y sont guère exposés.
Pour la première fois, l'Internet a joué un rôle important en tant que moyen d'appuyer les campagnes électorales et recueillir des fonds lors de l'élection de 2004. Le candidat démocrate Howard Dean, gouverneur du petit État du Vermont, a utilisé son site Internet pour mettre en place un réseau de milliers de bénévoles enthousiastes. Avant d'abandonner la course, il avait recueilli plus d'argent que les autres candidats aux élections primaires du parti démocrate et les médias lui ont rendu hommage pour avoir réussi à démontrer le pouvoir politique de l'Internet.
Les autres candidats ont suivi son exemple et ont fait bon usage de l'Internet. Le président Bush et le sénateur John Kerry avaient des sites Internet sophistiqués sur lesquels ils vantaient leur ordre du jour et s'efforçaient de démontrer les lacunes des messages de leurs adversaires. Pour 2008, tous les candidats à l'investiture, qu'ils soient démocrates ou républicains, ont leur site ou leur blog.
Les candidats veillent également à attirer l'attention des médias en annonçant par exemple une stratégie jamais énoncée auparavant en ce qui concerne une question à laquelle les électeurs s'intéressent vivement, ou en faisant une étape dans un endroit revêtant un caractère symbolique. Normalement, cela avantage le président en exercice car, tout ce que fait un président intéresse les médias, qu'il s'agisse de la couverture de la signature d'une loi, d'entretiens avec un chef d'État étranger ou d'une visite d'une région dévastée par une catastrophe naturelle. Pour l'élection présidentielle de 2008, toutefois, ce facteur ne comptera pas, du fait que M. Bush ne peut briguer un troisième mandat.
La plupart des électeurs ont tendance à rechercher et à croire des informations qui renforcent leurs propres opinions. Ils écoutent des émissions qui présentent un point de vue politique avec lequel ils se sentent proches. Avant même que les campagnes électorales ne commencent, les deux tiers des électeurs indiquent qu'ils ont déjà choisi leur candidat, un pourcentage qui s'allie sur le nombre d'électeurs qui dit appartenir à un parti politique en particulier.
C'est sur le pourcentage relativement faible des électeurs indécis que la couverture des médias et les spots publicitaires ont le plus d'effet, mais les stratégies médiatiques des campagnes n'y attachent pas trop d'importance : il faut que les partis conservent l'appui solide de leurs partisans à tout crin, de leur « base », et qu'ils mènent une campagne à la fois nationale et adaptée à leur auditoire régional.
Une polémique a surgi depuis quelques années à propos de la pratique qu'ont les journalistes d'interroger les électeurs, à la sortie de l'isoloir, sur leur vote, et ensuite de se servir des informations recueillies, qui concernent souvent un très petit pourcentage de l'électorat, pour annoncer d'avance le gagnant. Si les résultats recueillis de cette façon se sont révélés assez fiables, les États sur la côte ouest des États-Unis, dont les bureaux de vote ferment plusieurs heures après ceux de la côte est, se sont plaints que de telles prédictions et leur annonce précoce influençaient ceux qui n'avaient pas encore voté.
(Diffusé par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)