17 août 2007
L'industrie musicale veut protéger les compositeurs et sensibiliser le public aux méfaits du piratage.
Washington - Les adolescents sont les pires transgresseurs des lois sur les droits d'auteurs, dit-on, puisqu'ils téléchargent et partagent librement toute la musique diffusée sur l'Internet. Les artistes ont pourtant beaucoup à gagner de la protection que leur offrent les lois sur les droits d'auteur aux États-Unis.
S'il est l'outil de prédilection des pirates informatiques, l'Internet est également l'un des garants de la propriété intellectuelle grâce à laquelle de jeunes artistes peuvent s'assurer des revenus licites, du moment qu'ils ont bien établi leurs droits d'auteur en ligne.
C'est ainsi que Dana Wilentz, 16 ans, compose de la musique, des chansons, et joue de la guitare, de la percussion, du piano et de la flûte, entre autres instruments. Elle a créé le groupe de rock Lemonface, dont la popularité monte en flèche et qui s'est produit à New et à Washington. Mais à ses dons musicaux s'ajoute un certain talent pour les affaires.

Le groupe a engagé un éditeur pour lui assurer les droits d'auteur pour ses œuvres musicales et les protéger contre le piratage informatique grâce à l'obtention d'une licence d'exploitation sur divers sites musicaux, dont iTunes, DigStation et CD Baby. Aujourd'hui, le groupe engrange des bénéfices non seulement sur la vente de tee shirts et de disques compacts partout où il se produit, mais aussi sur les redevances versées par les téléchargeurs en ligne.
Les adolescents sont de plus en plus nombreux d'ailleurs à obtenir des droits d'auteur pour leurs compositions, ce qui leur permet de toucher des redevances lors de toute prestation publique, ajoute Phil Crosland, membre de la Société américaine des compositeurs, auteurs et éditeurs (ASCAP). Plus de 3.400 compositeurs de moins de 19 ans et quelque 60.000 âgés de 20 à 30 ans se sont inscrits à l'ASCAP.
Aux États-Unis, les droits d'auteur, brevets et marques de fabrique sont des instruments juridiques légaux de propriété intellectuelle. Ces instruments protègent les œuvres littéraires, musicales, artistiques et autres contre la contrefaçon et le piratage.
« Si vous avez composé une chanson, vous devriez bénéficier d'une certaine rémunération à chaque fois qu'elle est jouée », a indiqué M. Crosland. « Or, nous avons toute une génération qui a grandi à l'ère de l'Internet et qui pense que tout ce qui s'y trouve est gratuit ou devrait l'être. »
Pourtant, la loi stipule que chaque fois qu'un morceau de musique est joué sur l'Internet, cela constitue une forme de prestation publique nécessitant une autorisation, ou licence, de diffusion, laquelle s'obtient d'ailleurs facilement auprès de l'une de trois organisations de droits de prestation représentant les auteurs d'œuvres musicales : l'ASCAP, Broadcast Music Inc. (BMI), et SESAC (l'équivalent aux États-Unis de la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de Musique en France).
Chaque fois qu'un morceau est joué sur l'Internet, les détenteurs des droits d'auteur - aussi bien l'auteur des paroles que le compositeur et l'éditeur - perçoivent une redevance de l'une de ces organisations. À l'heure actuelle, selon M. Crosland, c'est l'ASCAP qui est le principal prestataire de licences pour les sites de musique les plus populaires de l'Internet.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)