16 août 2007
Les danses, les chants et les tambours galvanisent les participants et les spectateurs.
Washington - Toutes ces couleurs, ces franges virevoltantes, ces chants, ces battements de tambours, c'en est presque trop pour les yeux et les oreilles des spectateurs du pow-wow national.
Des hommes, des femmes et des enfants représentant plus de 250 tribus amérindiennes étaient rassemblés du 10 au 12 août à Washington pour le troisième pow-wow national afin de célébrer leur culture et rendre hommage à ceux qui, parmi eux, s'étaient battus pour les États-Unis. Ils étaient guidés par des dignitaires tribaux s'appuyant sur des bâtons de commandement ornés de plumes d'aigle et par des porte-drapeaux brandissant les bannières caractéristiques de leur tribu et les drapeaux des États-Unis et du Canada.
Le pow-wow national est organisé tous les deux ans, et c'est l'un d'une douzaine de tels rassemblements organisés chaque été en Amérique du Nord. Des anciens combattants de la Deuxième Guerre mondiale, de la guerre de Corée, de la guerre du Vietnam, de l'opération Tempête du désert, des opérations en Afghanistan et en Irak, nombreux en uniforme, étaient quelques-uns des invités d'honneur. « Les Amérindiens continuent à s'engager dans les services armés en nombre record », fait remarquer Don Patterson, un présentateur.
Pour les Amérindiens, le pow-wow n'est pas simplement un rassemblement social : c'est l'occasion de rendre hommage aux générations passées et d'aider à transmettre les valeurs culturelles aux plus jeunes.
« Le pow-wow est le symbole du peuple amérindien parce qu'il montre aux autres que nous existons toujours, que nous sommes toujours vigoureux et que nous nous intéressons toujours à notre culture et aux us et coutumes de nos ancêtres », a expliqué Megan Young, 21 ans, membre de la branche poarch de la tribu des Crics d'Alabama, nouvellement couronnée « Miss Indian World », reine du monde amérindien.
Son vœu, précise cette dernière, est « de promouvoir une bonne image des peuples amérindiens et d'aider à dissiper certaines des idées préconçues dont ils font l'objet ». Les Amérindiens ne vivent pas tous sur des réserves, ne sont pas tous alcooliques ou affligés d'autres problèmes, affirme-t-elle, ajoutant : « Beaucoup d'Amérindiens ont reçu une bonne éducation et sont politiciens, avocats ou médecins. »
L'un des artistes ayant participé aux démonstrations de tambour, Russell Young Bird (aux origines arikara et hidatsa), qui vient du Dakota du Nord, explique qu'il danse depuis qu'il a appris à marcher. Il a enseigné les rudiments des danses amérindiennes aux élèves d'une école primaire à qui il a conseillé, dit-il, « de ne pas avoir peur, car cette forme de danse fait partie de l'identité amérindienne et personne ne peut leur dire qu'ils s'y prennent mal ».
Parmi les chanteurs et les batteurs participant au pow-wow national figuraient High Noon, un Cri du Saskatchewan (Canada), Battle River, un Anishinabe du Minnesota et Southern Thunder, un Pani de l'Oklahoma, tous trois bien connus dans le cercle des habitués de pow-wow.
La garde d'honneur Ira Hayes d'Arizona, composée de membres des tribus pima et maricopa d'Arizona, nommée en honneur de l'Amérindien pima qui avait été l'un des soldats ayant planté le drapeau américain à Iwo Jima en 1945, figurait parmi les porte-drapeaux. Ira Hayes avait été l'un des 5 membres de sa section de 45 à survivre aux combats.
Lorsque les participants ont fait leur grande entrée, les femmes étaient vêtues de robes décorées de centaines de petites clochettes ou portaient des robes de peau à longues franges qui virevoltaient au gré de leurs mouvements.
Nombres de participants masculins ont participé à la « Grass Dance », ou danse de la prairie, portant des vêtements ornés de longues bandes de ruban ou de tissu et une coiffure décorée de deux touffes de laine qui se balançaient en mesure suivant les mouvements des danseurs. La plus spectaculaire des danses a été la danse « complexe » des hommes, chacun portant un brassard orné de plumes d'aigle en haut de chaque bras et se livrant à des prouesses d'athlète.
D'autres démonstrations de danse ont ponctué la cérémonie, les femmes et les hommes ne ménageant aucun effort pour exécuter les danses traditionnelles. Pour certains spectateurs, le clou de la fête a peut-être été la démonstration de danse à laquelle ont participé de très jeunes danseurs, dont un tout petit au biberon décoré d'une touffe de plumes regardant avec émerveillement les formes colorées tourner autour de lui.
Après la grande entrée, les participants et les spectateurs ont été invités à entrer dans le cercle de danse. Les visiteurs en shorts et sandalettes semblaient comme frappés de stupéfaction à l'idée de pouvoir marcher et danser aux côtés d'hommes et de femmes vêtus d'un véritable costume de cérémonie.
« Nous sommes assurément l'une des plus belles races de la terre », s'est exclamé M. Patterson et, à cet instant, personne ne l'aurait contredit.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)