16 août 2007

L'industrie nucléaire des États-Unis face à de nouveaux défis

Elle doit se préparer à sa prochaine expansion.

 
centrale nucléaire américaine
La centrale nucléaire d'Athens (Alabama). Le gouvernement Bush encourage l'expansion de cette industrie. (© AP Images)

Washington - Alors qu'elle doit s'apprêter à faire face à l'augmentation prévue de la demande d'électricité, l'industrie nucléaire des États-Unis se heurte à une pénurie d'ouvriers qualifiés et à des capacités manufacturières insuffisantes.

Le gouvernement Bush et le Congrès, qui considèrent l'énergie nucléaire comme une composante essentielle de la sécurité énergétique et de toute solution réaliste au problème du changement climatique, ont encouragé l'expansion de cette industrie en allégeant la réglementation et en offrant des incitations financières à plusieurs nouvelles centrales nucléaires.

La Commission régulatrice du nucléaire (NRC) prévoit de recevoir, d'ici à la fin 2007, de trois à cinq demandes d'autorisation de construction de nouvelles centrales, et elle en attend une dizaine en 2008. Les premières licences d'exploitation de réacteurs nucléaires devraient être accordées au début de la prochaine décennie.

Relever de nouveaux défis

Mais avant toute nouvelle construction, l'industrie doit remédier à la pénurie d'ouvriers qualifiés, aux capacités manufacturières insuffisantes aux États-Unis et à l'incertitude relative à l'approvisionnement en uranium.

Selon l'Institut de l'énergie nucléaire (NEI), les départs à la retraite et les réductions de personnel devraient réduire de 40 % la main-d'œuvre de ce secteur au cours des cinq prochaines années. Les entreprises font face au vieillissement de la main-d'œuvre en offrant de réemployer les retraités, en modifiants leurs opérations et en passant des accords de formation de spécialistes avec des collèges universitaires locaux. Les ministères du travail et de l'industrie aident le secteur nucléaire en offrant des dons aux universités pour financer des programmes de génie nucléaire et de médecine, entre autres.

Toutefois, comme l'a souligné le porte-parole du NEI, M. Steve Kerekes, l'éducation et la formation de personnel prennent du temps. Mais Andrew Paterson, d'Econergy International, une société spécialisée dans les énergies renouvelables, est d'avis que l'industrie nucléaire dispose de suffisamment de temps, de quatre à cinq ans.

Quant au secteur manufacturier qui fournit l'industrie nucléaire, il a également changé depuis la construction des dernières centrales. Le nombre de fournisseurs nationaux est tombé à 100 en 2006, alors qu'on en comptait 500 à la fin des années 80. En conséquence, l'industrie nucléaire doit compter sur un nombre croissant d'usines étrangères pour la fabrication de nombreux composants. La plupart de ses fournisseurs fonctionnent déjà à plein régime mais ont accumulé des retards parce que d'autres pays, notamment la Chine et la Russie, ont également l'intention d'étendre leur secteur de l'énergie nucléaire.

L'approvisionnement en uranium est également pour certains une source d'inquiétude. Un accord passé avec la Russie au sujet de la livraison d'uranium tiré de ses ogives nucléaires démantelées expire en effet en 2013. Or c'est de cette source que provient près de la moitié du combustible utilisé dans les réacteurs commerciaux des États-Unis.

De plus, la mondialisation du réseau des fournisseurs de l'industrie nucléaire place un fardeau supplémentaire sur la NRC, qui doit vérifier la qualité des pièces et des matériaux expédiés du monde entier.

À la recherche de possibilités

Les difficultés que doit surmonter l'industrie nucléaire en vue de son expansion représentent peut-être une chance pour d'autres industries américaines, a dit M. Kerekes. Il espère en effet que certaines entreprises prendront conscience des projets d'expansion du nucléaire et souhaiteront fournir cette industrie.

Quant au combustible nucléaire, le ministère de l'énergie est en train d'étudier un plan novateur qui consisterait à extraire du combustible d'ogives nucléaires américaines retirées de la circulation et des déchets dérivés du processus d'enrichissement de l'uranium lors de la fabrication des armes nucléaires. Par ailleurs, face à la flambée du prix de l'uranium, les États-Unis s'intéressent de plus en plus à la reprise des activités d'extraction du minerai d'uranium.

M. Paterson n'est pas certain que cette activité soit rentable, surtout du fait des mesures de sécurité qui doivent être respectées. Mais il est d'avis que la situation n'est pas inquiétante parce que les principaux fournisseurs de minerai d'uranium, à savoir l'Australie, le Canada et le Kazakhstan, ont d'énormes réserves.

(Diffusé par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

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