09 août 2007

Les défenseurs des droits de l'homme critiquent la répression de la presse en Chine

Ce pays est accusé d'avoir manqué à ses promesses au Comité international olympique.

 
Reporters sans frontières
Une manifestation à Paris de Reporters sans frontières contre l'incarcération des journalistes en Chine, en 2005. (© AP Images)

Washington - La liberté de la presse en Chine, où 29 journalistes sont emprisonnés, est un sujet de vive préoccupation pour les défenseurs d'une presse indépendante et des droits de l'homme qui ont récemment publié de nouveaux rapports sur la question.

M. Bob Dietz, le coordinateur du « Committee to Protect Journalists » (CPJ, ou Comité pour la protection des journalistes), a déclaré le 8 août que son groupe, qui a son siège à New York, s'était récemment joint à d'autres organismes internationaux de presse pour demander à la Chine de respecter les engagements qu'elle avait pris de mettre fin à la répression des journalistes chinois lorsque Pékin fut désignée comme ville hôte des Jeux olympiques d'été de 2008.

S'adressant à l'USINFO depuis Pékin, M. Dietz a indiqué que le CPJ était bien décidé à insister pour que le CIO continue à faire pression sur le gouvernement chinois pour qu'il cesse de réprimer les journalistes. Le CIO et la Chine avaient tous deux promis en 2001 que la situation des droits de l'homme en Chine se serait améliorée avant les Jeux, qui dureront 16 jours à partir du 8 août 2008. Mais, en réalité, a expliqué M. Dietz, le gouvernement chinois persiste à condamner les membres de la presse tandis que le CIO continue à tergiverser.

Selon un rapport du CPJ rendu public le 7 août lors d'une conférence de presse à Pékin, le gouvernement chinois « censure et restreint sévèrement la presse intérieure malgré sa promesse de lui accorder une liberté totale ». Outre sa condamnation de l'incarcération des 29 journalistes, le rapport proteste contre « l'existence d'une vaste censure en Chine » et « l'impunité dont bénéficient les auteurs d'actes de harcèlement et d'attaques contre les membres de la presse ».

Lui-même l'un des principaux auteurs du rapport, M. Dietz a déclaré que la conférence de presse avait attiré un nombre important de journalistes chinois et internationaux. Cependant, malgré l'attention mondiale portée à ce rapport, M. Dietz a dit qu'il « n'avait connaissance d'aucune mention de ce rapport dans la presse chinoise ».

Ce que d'autres disent de la Chine

Pour le secrétaire d'État adjoint, M. John Negroponte, « la Chine doit respecter les droits de ses citoyens de s'exprimer, de s'assembler, et de publier (…) sans risque de coercition ».

Les États-Unis, a déclaré M. Negroponte le 1er mai, lors d'une déposition sur la Chine devant la Commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants, estiment que « le peuple chinois doit avoir une voix dans la façon dont il est gouverné, et la possibilité de participer à la conduite des affaires publiques. » (...) Et d'ajouter : « Il s'agit là de droits humains fondamentaux, institués aussi bien par de nombreuses conventions internationales relatives aux droits de l'homme que par la Constitution de la Chine elle-même. »

Le 7 août, l'organisme « Reporters sans frontières », qui a son siège à Paris, a pour sa part organisé des rassemblements aux quatre coins du monde pour dénoncer « la situation exécrable des droits de l'homme en Chine ». Dans un communiqué (http://www.rsf.org/article.php3?id_article=23181), Reporters sans frontières, qui a recensé au moins 12 sites Internet fermés ou bloqués pour le seul mois de juillet, « demande la libération de la centaine de journalistes, internautes et militants de la liberté d'expression actuellement détenus en Chine populaire et la fin de la censure des médias et de l'Internet ».

Une autre organisation, « Human Rights Watch » (Défense des droits de l'homme à travers le monde) a publié un rapport dans lequel elle accuse les autorités chinoises d'avoir régulièrement fait obstruction au travail des journalistes étrangers en 2007, bien que la Chine ait adopté, au début de l'année, des règlements temporaires afin de respecter les engagements pris auprès du Comité international olympique en ce qui concerne la garantie de la liberté des journalistes.

Dans un communiqué publié le 7 août, Human Rights Watch reprend les propos d'un de ses responsables qui a fait observer : « Les tentatives du gouvernement chinois en vue d'intimider et de détenir des journalistes étrangers simplement parce qu'ils font leur travail traduisent un mépris des valeurs humanistes de l'olympisme. » (http://hrw.org/french/docs/2007/08/07/china16581.htm)

L'organisation « Amnesty International », quant à elle, précise dans un communiqué publié le 7 août que, dans son dernier rapport sur les efforts accomplis par la Chine en vue d'améliorer la situation des droits de l'homme avant les Jeux olympiques de 2008, elle « constate que plusieurs militants de Pékin sont toujours assignés à domicile ou surveillés étroitement par la police, tandis que les violations s'intensifient dans d'autres régions du pays, à l'abri des regards braqués sur la ville organisatrice des JO ». Ce rapport « dénonce en outre la répression dont sont actuellement victimes les journalistes », une répression qui s'est traduite notamment par l'interdiction récente de plusieurs publications consacrées aux activités de la société civile chinoise et au développement. (http://web.amnesty.org/library/Index/FRAASA170372007)

Cette organisation n'a cependant pas perdu tout espoir que des mesures puissent être prises rapidement afin de créer un climat plus propice aux droits de l'homme pour les Jeux olympiques qui seront organisés en août 2008 et pour l'avenir.

Dans un article paru le 8 août dans le Washington Post, M. Victor Cha, ancien responsable du Conseil national de sécurité de la Maison-Blanche chargé des questions liées à l'Asie, fait observer que les Jeux olympiques s'accompagnent de pressions sur le régime chinois « pour qu'il change son comportement, et pas seulement son image ».

Pekin, explique-t-il, doit trouver le moyen d'allier son système politique étroitement contrôlé aux idéaux classiques du libéralisme qu'incarnent les Jeux olympiques, à savoir l'individualisme, la concurrence et le respect de la dignité humaine.

(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

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