08 août 2007
Ce groupe musical et multiculturel apporte un message de paix.
Washington - En qualité d'ambassadeur culturel des États-Unis, Ozomatli, un groupe de Los Angeles qui mélange percussions latines, hip-hop et funk, a récemment donné plusieurs concerts gratuits en Égypte, en Jordanie et en Tunisie, apportant chaque fois un message d'espoir, de paix et de diversité.
C'est le quotidien jordanien « Al-Rai » qui a sans doute le mieux résumé cette tournée avec le gros titre suivant : « The American Ozomatli Performs Its Music : A Crazy Artistic Mixture » (Le groupe Ozomatli en concert : un mélange artistique fou).
Pour certains groupes, une telle description serait une insulte. Mais pour Ozomatli, c'est un honneur. Le groupe et ses chansons sont une combinaison de langues, d'influences culturelles, de genres musicaux et d'instruments divers.
Ce mélange est pour eux le symbole du dépassement des divisions et de la recherche de la justice sociale par la musique, et il en est ainsi depuis que le groupe s'est constitué en 1995 à Los Angeles, lors d'un vaste mouvement de contestation ouvrière.
Lauréat du prix Grammy, Ozomatli a entamé sa tournée parrainée par le département d'État par le Festival de Carthage, le 22 juillet. Il s'est ensuite produit au Festival des Arts et de la Culture de Jarach (Jordanie), le 26 juillet, et sur la Place de la Grande Révolution arabe à Aqaba (Jordanie), le 27 juillet. Il a également donné des concerts gratuits à Alexandrie et au Caire (Égypte) les 29 et 30 juillet.
En plus de ces concerts, le groupe a joué pour des milliers d'étudiants et d'enfants dans des centres aérés, des orphelinats, des foyers pour enfants maltraités et un camp de réfugiés palestiniens situé près de Jarach.
Le guitariste et chanteur Raul Pacheco a déclaré que cette expérience avait été enrichissante. Lors d'un entretien accordé le 5 août à l'USINFO, il a déclaré qu'il n'avait pas ressenti d'antiaméricanisme.
« Nous avons tous des stéréotypes », a-t-il dit. Cependant, Ozomatli essaie d'utiliser la musique pour dépasser les barrières culturelles et sociales, ainsi que les barrières entre le groupe et son public.
Ainsi au Caire, lors du concert donné à la légendaire citadelle de Salah el-Din située près des Pyramides et du Sphinx, Ozomatli a invité le groupe de jazz égyptien Eftekasat à le rejoindre sur scène, ce qui a donné lieu à une folle séance improvisée durant laquelle les musiciens américains et égyptiens se sont mêlés à la foule.
Ozomatli participe souvent à des rassemblements contre la guerre et ses membres ont ouvertement critiqué le gouvernement Bush. Le groupe a toutefois accepté l'invitation du département d'État afin de « donner une image différente de l'Amérique », a expliqué le saxophoniste Ulises Bella, lors d'un entretien accordé au « Los Angeles Times ».
Le groupe a également joué pour les enfants pauvres du quartier de Darb al-Ahmar au Caire et les enfants de la rue de Hope Village. En Jordanie, il a diverti les résidents du foyer Dar al-Anda pour enfants battus. À chaque fois, les enfants se sont immédiatement mis à danser et à chanter.
« À Dar al-Anda, après avoir observé les enfants danser et chanter, le directeur nous a remerciés. Il avait les larmes aux yeux », a déclaré Cynthia Harvey, chargée des affaires culturelles à Amman en Jordanie.
Malgré un emploi du temps très chargé, les membres du groupe ont eu le temps de faire un peu de tourisme. « Ma ville préférée est le Caire. Jouer de nuit dans la citadelle qui surplombe la ville a été merveilleux », a dit M. Pacheco.
« Nous avons eu un peu plus de temps libre durant cette tournée. Nous avons pu visiter de nombreux sites historiques qui vous transportent vraiment ailleurs. C'était merveilleux. »
C'était la seconde fois qu'Ozomatli effectuait une tournée parrainée par le département d'État. Le groupe s'est en effet produit en Inde et au Népal en février dernier.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)