08 août 2007

La responsabilité sociétale des entreprises est une pratique judicieuse

Les sociétés ont intérêt à promouvoir le bien-être des collectivités où elles sont implantées.

 
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Bill et Melinda Gates, Warren Buffet
Les milliardaires et philanthropes de renom Bill et Melinda Gates et Warren Buffet. (© AP Images)

Washington - Les temps ont changé depuis que le célèbre économiste Milton Friedman a écrit, en 1962, dans son livre « Capitalisme et liberté » que les chefs d'entreprise n'avaient pour unique responsabilité sociale que de maximiser les bénéfices de leurs actionnaires.

Aujourd'hui, les sociétés progressistes se rendent compte que la recherche de bénéfices ne suffit pas et qu'il leur faut contribuer au bien-être de la société en général et traiter leurs employés avec dignité et respect. C'est ce qu'on appelle la « responsabilité sociétale des entreprises », ou RSE.

Selon M. James Viray, directeur du Bureau du département d'État chargé des questions internationales liées au travail et à la responsabilité sociétale des entreprises, les sociétés ont diverses raisons de se conduire en bons citoyens vis-à-vis des membres de leur collectivité, de leur pays et du monde en général.

Certaines entreprises font preuve de responsabilité, a-t-il expliqué à l'USINFO le 2 août, « parce qu'elles sont convaincues qu'un tel comportement est un gage de réussite commerciale, qu'il s'agisse de mieux faire connaître leur marque, de réduire leurs risques, de garder leurs employés ou encore d'améliorer la productivité », pour ne citer que quelques exemples de ses avantages. D'autres le font « parce qu'elles ont le sentiment que c'est leur devoir », et d'autres encore invoquent une combinaison de toutes ces raisons.

Le département d'État a adopté ses propres initiatives en matière de RSE, notamment des « principes volontaires en matière de sécurité et de droits de l'homme » et un « dialogue général sur le travail des enfants dans le secteur du cacao », et les sociétés qui y prennent part « s'intéressent vraiment aux droits de l'homme et aux droits des travailleurs », a fait valoir M. Viray.

Les principes volontaires sont un ensemble de normes visant à réduire les risques auxquels est exposé le personnel dans les entreprises et à protéger les droits de l'homme et les libertés fondamentales. Le dialogue sur le travail des enfants a trait à un projet mis en œuvre en Afrique occidentale en vertu duquel les fonds offerts par les États-Unis aux organisations non gouvernementales ont servi à l'éducation et à la formation de jeunes qui avaient été obligés de travailler dans les champs de cacaoyers et les usines de production de cacao. Grâce à ce programme, quelque 6.000 jeunes ayant subi les pires formes d'exploitation de leur travail vont aujourd'hui à l'école.

La prospérité des communautés, a rappelé à l'USINFO M. Larry Palmer, président de la Fondation interaméricaine (IAF), une institution américaine qui s'attache à promouvoir le développement en Amérique latine et aux Antilles, « est propice à la conduite des affaires, et il en est de même lorsque les entreprises se préoccupent du sort de leur communauté ».

« Lorsque les entreprises et les collectivités conjuguent leurs forces au niveau local, là où les gens habitent et où ils doivent faire face à leurs problèmes quotidiens, la société tout entière se porte mieux », a expliqué M. Palmer, ajoutant que la Fondation avait constaté une généralisation de la RSE en Amérique latine.

Human Rights Watch et la RSE

Selon M. Arvind Ganesan, de l'organisme Human Rights Watch, (Défense des droits de l'homme à travers le monde) le comportement des entreprises à l'égard de la RSE a nettement changé depuis une dizaine d'années.

Il y a dix ans, a-t-il indiqué à l'USINFO, les sociétés auraient peut-être nié qu'elles aient des responsabilités en matière de droits de l'homme. Aujourd'hui, toutes les entreprises admettent qu'elles ont certaines responsabilités dans ce domaine, même si elles ne les assument pas toujours.

De l'avis de M. Ganesan, la RSE peut se concrétiser lorsque les entreprises adoptent des règles en matière de droits de l'homme et s'engagent à les respecter.

Du 23 au 26 octobre, une conférence sur la RSE, parrainée par « Business for Social Responsability » sera organisée à San Francisco. M. Ganesan doit y participer ainsi que plusieurs hauts responsables du gouvernement des États-Unis.

(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

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