06 août 2007
Une initiative des secteurs public et privé devrait faciliter la création d'emplois en Cisjordanie.
Washington - Jusqu'à présent, les Palestiniens qui cherchaient un prêt pour créer une entreprise se heurtaient à une réglementation exigeant jusqu'à 200 % de la somme en garantie. Étant donné que de nombreux Palestiniens sont très pauvres, rares sont ceux qui peuvent répondre aux conditions requises, ce qui a eu des effets désastreux sur l'emploi.
Mais la situation pourrait changer dès le mois de septembre grâce à l'Initiative pour les investissements au Proche-Orient (MEII), un nouveau partenariat entre le Fonds d'investissement palestinien (PIF), la Société américaine de promotion des investissements à l'étranger (OPIC) et l'Aspen Institute, une organisation sans but lucratif. Ce programme de 228 millions de dollars n'exigera aucune garantie de la part des emprunteurs.
Le président de la MEII, M. Berl Bernhard, a déclaré lors d'un entretien accordé à l'USINFO que ce programme répondait à un besoin pressant. Selon lui, en effet, la lourdeur de la réglementation actuelle en matière d'emprunt a retardé la croissance de l'économie palestinienne et, partant, la création d'emplois.
« Notre programme (...) va faire une différence considérable », a-t-il affirmé. Des prêts à des taux d'intérêt de 7 à 8 %, sans exigence de garantie, permettront à de nombreux Palestiniens d'envisager de créer l'entreprise de leur rêve.
« L'emprunt ne sera plus réservé à une élite, mais sera accessible à la classe moyenne (...) Je suis convaincu que le domaine des affaires s'ouvrira ainsi à de nombreuses personnes et ne sera plus limité à ceux qui ont déjà de l'argent. »
De plus, toute amélioration de l'économie palestinienne pourrait donner à ceux qui essaient de négocier un règlement pacifique du conflit israélo-palestinien le temps de respirer. Les organisateurs de la MEII espèrent pouvoir étendre le programme à Gaza.
M. Bernhard a précisé que l'Aspen Institute était une organisation apolitique et que la MEII n'était pas un programme uniquement américain. « Nous avons le soutien des pays arabes de la région et un important appui du gouvernement de la Norvège, et nous pensons que d'autres gouvernements souhaiteront soutenir cet effort. »
Avec des prêts garantis par l'OPIC et le PIF, l'Aspen Institute va coopérer avec des banques palestiniennes par le truchement de l'organisation caritative CHF International pour expliquer le nouveau programme de prêts, offrir une formation à son utilisation, et créer une banque de données sophistiquée pour suivre l'évolution des prêts.
En vue de préparer cette initiative, l'Aspen Institute a effectué une étude de marché poussée en Cisjordanie, mais il ne se mêle pas de préconiser la création de telle ou telle entreprise en particulier.
« Nous voulons que ce soit la population locale qui prenne ces décisions, en consultation avec les banques. »
La multiplication de débouchés économiques pourrait décourager la participation à des mouvements extrémistes.
Toni Verstandig, une responsable de l'Aspen Institute, a déclaré à l'USINFO que de nouvelles possibilités économiques, associées à l'amélioration de la sécurité, pourraient faire une profonde différence sur le terrain en Cisjordanie.
Elle a reconnu que le conflit politique violent avec Israël avait « saccagé » l'économie palestinienne, limité les possibilités d'emplois pour les travailleurs palestiniens en Israël et créé d'énormes difficultés au niveau du transport des marchandises du fait des nombreux barrages routiers et autres obstacles aux déplacements.
La crise économique a coïncidé avec la croissance du soutien populaire aux organisations extrémistes telles que le Hamas, qui rejette la notion d'un règlement pacifique du conflit avec Israël.
Les sondages de l'opinion publique suggèrent toutefois que la possibilité de vivre une vie normale, tranquille, réduirait l'intérêt des Palestiniens pour les mouvements extrémistes. « Ils veulent nourrir leurs enfants. Ils veulent que ces derniers puissent aller à l'école en toute sécurité. Ils veulent vivre normalement, comme vous et moi », a affirmé Mme Verstandig.
Malgré des années de difficultés économiques et de tourmente politique, la plupart des petites et moyennes entreprises palestiniennes ont réussi à survivre, et elles pourraient bénéficier de l'infusion de capitaux pour augmenter leurs capacités de production et créer des emplois.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)