27 avril 2007
L'action de l'Organisation mondiale de la santé et des États-Unis dans ce domaine.
Washington - Des pays en développement vont recevoir une aide de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et de la communauté internationale afin d'élargir leur accès aux vaccins contre la grippe saisonnière et par la suite contre une éventuelle pandémie de grippe aviaire chez l'homme.
Le 24 avril, l'OMS a annoncé que 6 pays en développement (le Brésil, l'Inde, l'Indonésie, le Mexique, la Thaïlande et le Vietnam) allaient recevoir chacun une aide financière de 2,5 millions de dollars environ pour créer sur leur territoire une unité de production des vaccins contre la grippe. Les États-Unis ont versé 10 millions de dollars à ce titre et le Japon, 8 millions de dollars.
L'OMS a indiqué qu'elle comptait réserver les 3 millions de dollars restants à l'aide en matière de production des vaccins.
Le ministre de la santé et des services sociaux des États-Unis, M. Michael Leavitt, souligne dans un communiqué diffusé le 24 avril par son ministère que « dès que les unités de production seront en place, ces pays seront en mesure de fabriquer sur leur territoire le vaccin contre la grippe saisonnière (…) afin de protéger leur population ».
Lors d'une réunion convoquée le 25 avril à Genève par la directrice générale de l'OMS, Mme Margaret Chan, de hauts responsables de cette institution et des représentants de pays donateurs et en développement, de fabricants de vaccins et d'associations professionnelles ont étudié les mécanismes nécessaires à l'acquisition de doses de vaccin « pré-pandémique » et à leur stockage.
« Je pense, a-t-elle dit, que les pays en développement ont raison de nous demander de nous attaquer dès maintenant à la question d'un accès plus équitable. À l'heure actuelle, la menace est encore imprévisible quant à sa réalisation et à sa gravité. C'est le meilleur moment de souscrire une police d'assurance. »
Cette réunion a fait suite à plusieurs réunions, dont la plus récente a eu lieu le 27 mars à Djakarta (Indonésie) et aux débats de la 59e Assemblée mondiale de la santé en 2006.
Ces derniers mois, le ministre indonésien de la santé, M. Siti Fadilah Supari, a attiré l'attention du monde sur le fait que les pays en développement fournissaient des prélèvements contenant le virus H5N1 aux centres de collaboration de l'OMS aux fins d'analyse et de production d'un vaccin, mais qu'ils n'avaient pas les moyens de se procurer des vaccins.
La production de vaccins
En accueillant les participants à la réunion de Genève, Mme Chan a indiqué que la distribution inéquitable des vaccins était due à de nombreux facteurs, dont l'inégalité des niveaux de ressources et le problème des capacités de production.
« La capacité de production annuelle de vaccin trivalent (c'est-à-dire qui contient trois souches différentes de virus), a-t-elle indiqué, est d'environ 500 millions de doses et celle de vaccin monovalent (une seule souche) est de 1,5 milliard de doses. Ce n'est pas encore assez pour notre planète dont le nombre d'habitants est supérieur à 6 milliards. »
Il faudra aux pays qui vont recevoir une aide financière trois à cinq ans pour commencer à produire des vaccins. Entre-temps, ils auront besoin d'un soutien pour avoir accès aux vaccins nécessaires pour protéger leur population.
« Il est essentiel que la communauté internationale œuvre collectivement afin de garantir un accès plus équitable à un vaccin et à d'autres mesures de santé publique en cas d'une pandémie de grippe. Nous avons tous l'obligation de protéger la sécurité de la santé publique dans le monde », a déclaré le docteur David Heymann, qui est à la tête du service des maladies transmissibles à l'OMS.
L'aide financière fait partie de la mise en œuvre du Plan d'action mondial qui vise à combler les lacunes en matière de vaccin contre la grippe, plusieurs milliards de doses faisant défaut.
Le vaccin contre le virus H5N1 de la grippe aviaire chez l'homme
Aux États-Unis, l'Administration des produits alimentaires et pharmaceutiques (FDA) vient d'autoriser la mise sur le marché du premier vaccin élaboré pour protéger l'homme contre le virus H5N1 de la grippe aviaire.
Ce vaccin pourrait être administré si le virus H5N1 réussissait à se transmettre facilement d'une personne à une autre, ce qui entraînerait une propagation accélérée de cette maladie à travers le monde, selon le communiqué de presse que la FDA a diffusé le 17 avril. Si une pandémie de grippe devait survenir, ce vaccin pourrait offrir rapidement une protection limitée pendant les mois nécessaires pour mettre au point un vaccin contre la nouvelle souche de virus et pour le fabriquer.
Le directeur du Centre d'évaluation et de recherche biologique de la FDA, le docteur Jesse Goodman, a déclaré à ce propos : « Nous œuvrons de concert avec d'autres organismes fédéraux, avec des partenaires étrangers et avec les producteurs de vaccin en vue de faciliter la mise au point, l'octroi de licences et la distribution de vaccins inoffensifs et efficaces pour protéger la population contre le risque de pandémie. »
Le nouveau vaccin est issu d'une souche humaine du virus et est destiné à immuniser les personnes âgées de 18 à 64 ans qui sont les plus susceptibles d'être exposées au virus H5N1. On l'administre au moyen de deux injections intramusculaires avec un délai de trente jours entre les deux.
Le producteur de ce vaccin, la société Sanofi Pasteur, ne le vendra pas dans le commerce. Le gouvernement des États-Unis l'achètera pour constituer des stocks en vue d'une distribution éventuelle par les autorités sanitaires. Il sera produit dans un établissement de Sanofi Pasteur situé en Pennsylvanie.
« Aux États-Unis, nous faisons des investissements importants en matière de recherche-développement des vaccins et pour augmenter les capacités de production de vaccin contre la grippe (…) Il est probable que ces investissements profiteront non seulement aux habitants des États-Unis, mais aussi aux habitants du reste de notre planète », fait remarquer le ministre de la santé des États-Unis dans le communiqué de presse diffusé le 24 avril.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)