09 mai 2008

Le respect de la diversité religieuse aux États-Unis

Les propos de l'éditrice d'un magazine destiné aux musulmanes

 
Tayyibah Taylor, directrice de la rédaction du magazine pour musulmanes Azizah
Tayyibah Taylor, directrice de la rédaction du magazine pour musulmanes Azizah. (Photo offerte par Tayyibah Taylor)

Washington - Les musulmanes qui vivent aux États-Unis constatent que les différences religieuses et culturelles y sont largement tolérées et respectées, affirme Tayyibah Taylor, éditrice du magazine « Azizah », une publication trimestrielle destinée aux musulmanes de l'Amérique du Nord.

« Je pense que l'Amérique est le pays où règne la plus grande diversité religieuse », a déclaré Mme Taylor. « Vous apprenez à vous entendre avec des gens qui sont différents de vous. Ces différences ne sont pas vraiment un problème. »

Lors d'une discussion en ligne organisée par le département d'État le 23 avril, Mme Taylor a affirmé qu'aux États-Unis, les musulmanes étaient bien intégrées sur les lieux de travail, « dans tous les domaines professionnels, dans l'ingénierie, dans la médecine et dans les affaires ». Nombre d'entre elles ont fait l'objet de portraits dans son magazine, a-t-elle ajouté.

« Normalement, la façon dont vous vous habillez ne pose pas de problèmes. Il en va de même si vous vous arrêtez pour prier. De plus en plus d'Américains s'habituent à voir des musulmanes porter le voile. » Certaines musulmanes ne le portent pas, et cela fait partie de la liberté dont elles jouissent.

Contrairement à ce qui se passe dans un pays à majorité musulmane, la pratique de la foi musulmane en Amérique « est un choix de conscience, et de ce fait, votre foi devient plus forte », a-t-elle affirmé.

Elle a ajouté qu'elle était d'avis que les « musulmans vivant aux États-Unis jouissent d'une position privilégiée ». Les États-Unis ont en effet une tradition de liberté d'expression et de pensée critique qui « n'existe pas toujours dans les pays à majorité musulmane. Par ailleurs, il existe un héritage islamique de spiritualité et d'autonomie intellectuelle. Cette combinaison renforce vraiment vos capacités spirituelles. »

Durant la discussion, 47 personnes de 15 pays ont posé des questions sur le magazine et sur la vie des musulmanes aux États-Unis.

Mme Taylor, qui a publié la première édition d'« Azizah » en 2000, a déclaré qu'elle avait souhaité créer un véhicule permettant aux gens « d'entendre la voix des musulmanes, sans censure ». Tous les articles sont rédigés par des musulmanes, a-t-elle précisé.

« Tout cela fait voler en éclats les préjugés relatifs aux musulmanes, tant au sein qu'à l'extérieur de la communauté musulmane. Souvent, lorsque des musulmanes lisent « Azizah » pour la première fois, elles découvrent une image positive de leurs congénères. »

Elle a souligné que les violations des droits de la femme souvent attribuées à l'islam émanaient en fait de pratiques culturelles. Conséquemment, contribuer à faire la distinction entre la culture et la religion est également selon elle un moyen d'éliminer ces préjugés.

« En décrivant des femmes qui vivent une vie épanouie, sans compromettre l'islam, nous montrons que les musulmanes sont réellement autonomes et jouissent pleinement de leurs droits. »

Le magazine décrit « toutes sortes de musulmanes, et ne se limite pas à un groupe ethnique ou à une école de pensée ». D'ailleurs, a-t-elle expliqué, le nom du magazine, Azizah, a été choisi parce que c'est un prénom très courant dans le monde musulman. « Nous voulions que ce soit une affirmation de la diversité de l'islam. »

Des Américains demandent parfois aux musulmanes pourquoi elles portent le voile. « Mais c'est généralement une conversation très amicale, suscitée par la curiosité. Cela n'arrive pas souvent, parce que la plupart du temps, les gens ont leurs propres préoccupations. Mais lorsqu'on vous pose une question, c'est l'occasion d'expliquer qui vous êtes et quelles sont vos croyances. Je pense en outre que la possibilité de s'exprimer librement procure un sentiment d'émancipation. »

Mme Taylor a récemment participé à un programme de conférenciers du département d'État durant lequel elle s'est rendue en Thaïlande, en Malaisie et au Pakistan pour parler de son expérience vécue en tant que musulmane aux États-Unis.

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