23 avril 2007
La Loi fédérale sur les espèces en voie de disparition protège les animaux sauvages et leurs habitats.

Washington - Près de 1.123 espèces ont au moins deux choses en commun : elles sont menacées d'extinction et elles sont protégées par le gouvernement des États-Unis.
Les États-Unis protègent les espèces sauvages depuis longtemps et sont au premier plan des efforts internationaux de protection de la nature. La Loi fédérale sur les espèces en voie de disparition (ESA) est la fondation légale de ces activités.
Selon le Service des eaux et forêts des États-Unis, l'agence chargée d'appliquer l'ESA, l'activité humaine a accéléré presque par 1.000 le rythme naturel d'extinction des espèces sur la Terre.
De nombreux scientifiques attribuent à l'ESA la survie du pélican brun, de la bernache des Aléoutiennes, du faucon pèlerin, du pygargue à tête blanche et du mouflon d'Amérique. Toutes ces espèces, à l'exception de la dernière, ont pu être retirées de la liste des animaux protégés par la loi. Grâce à la protection offerte par cette dernière, d'autres espèces telles que le colin de Ridgeway et le loup gris ont pu de nouveau proliférer dans la nature.
Selon le Service des eaux et forêts, l'ESA profite également à l'homme. La création et la restauration d'écosystèmes sains ont en effet des avantages économiques, notamment dans les domaines du tourisme et du loisir. Des écosystèmes sains contribuent également à la santé humaine.
Historique
À la fin du XIXe siècle, alors que l'expansion des États-Unis atteignait ses limites occidentales, les Américains ont commencé à prendre conscience des changements survenus dans leur environnement et à protéger leurs précieuses ressources naturelles.
Le mouvement de protection de la nature, qui comptait parmi ses partisans le président Théodore Roosevelt, a alors poussé à l'adoption d'initiatives publiques et privées pour protéger les espèces en voie de disparition.
L'American Bison Society, fondée en 1905, a été l'une des premières organisations écologiques des États-Unis. Elle a lancé plusieurs efforts couronnés de succès pour protéger et restaurer les populations de bisons qui étaient alors menacés d'extinction. Cette organisation a contribué à déclencher un mouvement écologiste plus vaste qui a abouti à la création du Service des parcs nationaux des États-Unis.
En 1900, l'adoption de la Loi Lacey a été le résultat d'inquiétudes croissantes relatives au trafic de gibier entre les États de l'Union. La tourte voyageuse était alors menacée de disparition, et d'autres espèces d'oiseaux étaient sur le déclin. La loi a été promulguée trop tard pour sauver la tourte voyageuse - le dernier spécimen connu de l'espèce est mort en 1914 - mais elle a permis de sauver de nombreux oiseaux sauvages.
Le sort incertain d'un autre oiseau, la grue blanche, a abouti à l'adoption de la Loi de 1966 sur la protection des espèces en voie de disparition. La loi ordonnait au ministère des affaires intérieures de créer une liste des espèces sauvages menacées d'extinction aux États-Unis et allouait jusqu'à 15 millions de dollars par an pour acheter et protéger leurs habitats. Du fait de la pression croissante exercée par le public pour sauver les baleines, la loi a été révisée en 1969 pour ajouter à la liste les espèces étrangères et interdire les importations de produits dérivés de ces espèces.
Par la suite, une bataille juridique entre le ministère des affaires intérieures et celui de la défense au sujet de l'utilisation par la marine des États-Unis d'huile tirée du grand cachalot dans les sous-marins a convaincu les responsables du ministère des affaires intérieures et, au bout du compte, du Congrès, de la nécessité d'adopter une loi plus stricte.
La Loi de 1973 sur les espèces en voie de disparition a élargi le champ d'application des protections fédérales et augmenté l'aide attribuée aux gouvernements locaux au titre de la protection de la vie sauvage. La loi vise à protéger les écosystèmes dont dépendent les espèces menacées ou en voie de disparition, à établir un programme de protection de ces espèces et à appliquer les conventions internationales ayant ce même objectif.
L'ESA et la CITES
L'ESA exige que les États-Unis « encouragent les pays étrangers à protéger les espèces de poissons, d'animaux et de plantes sauvages, notamment celles qui figurent sur la liste ; à signer des accords bilatéraux ou multilatéraux dans ce but, et à inciter ceux qui cherchent à importer aux États-Unis des espèces de faune et de plantes sauvages à des fins commerciales à concevoir et mettre en œuvre des mesures de protection ». Elle autorise également les États-Unis à aider à former du personnel dans d'autres pays dans le domaine de la protection des espèces sauvages, de la recherche et de l'application des lois.
La convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES) a été adoptée en 1973 à Washington. Les États-Unis font partie des 21 premiers signataires. À l'heure actuelle, 171 pays sont parties à la CITES.
Contrairement à l'ESA, qui protège les espèces en remédiant aux obstacles à leur survie, la CITES met l'accent essentiellement sur des restrictions commerciales. Le système qu'elle a mis en œuvre pour contrôler le commerce international d'espèces menacées d'extinction repose sur l'adoption et l'application par les pays signataires de restrictions aux exportations et aux importations.
La CITES n'autorise le commerce des espèces menacées que si ce commerce ne menace pas leur survie. L'ESA n'autorise le commerce d'espèces étrangères menacées que si ce commerce permet de renforcer les chances de survie de l'espèce dans son pays d'origine. En règle générale, les restrictions imposées par l'ESA sont plus vastes et un peu plus strictes que celles de la CITES.
Avec la CITES, le respect des lois est l'élément clé du succès. À cette fin, les États-Unis font partie de plusieurs partenariats internationaux visant à stopper le trafic d'animaux sauvages.
La Coalition contre le trafic des espèces sauvages (CAWT), une initiative lancée par les États-Unis en septembre 2005, se décrit comme une coalition unique entre secteurs publics et privés de gouvernements et d'organisations qui ont le même objectif. Ses membres, qui comprennent le Canada, les États-Unis, l'Inde, le Royaume-Uni, l'Australie et 14 organismes des milieux écologistes et industriels, cherchent à attirer l'attention et les ressources sur l'élimination du trafic d'animaux sauvages et des produits qui en sont dérivés.
Le Réseau de l'ANASE pour l'application des lois de protection des espèces sauvages (ASEAN-WEN), lancé en décembre 2005 grâce à un financement du gouvernement des États-Unis, regroupe plusieurs agences responsables de l'application des lois. Peuvent en être membres les représentants des autorités de la CITES, des douanes, de la police, des tribunaux et des organisations publiques spécialisées dans le respect des lois de protection de la nature, entre autres.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)