23 avril 2007
Des bénévoles locaux œuvrent à dépolluer les rivières et plans d'eau des États-Unis.

Washington - Aux États-Unis, les associations écologistes peuvent avoir de nombreux adhérents, par exemple le « Sierra Club » qui compte 1,3 million de membres, ou se limiter à quelques volontaires locaux qui se consacrent au ramassage des détritus qui polluent les ruisseaux de leur collectivité, à surveiller la qualité de l'eau et à planter des arbres afin d'empêcher l'érosion. L'action de ces groupes, même ceux qui n'ont que quelques membres, peut avoir une vaste portée.
L'organisation « Living Lands and Waters » (LL&W, Terres et régimes fluviaux vivants) ne comprend qu'une dizaine de personnes qui vivent à bord d'une péniche ancrée sur le Mississippi et qui organisent les projets de dépollution des rivières dans leur région. Les membres de l'organisation se sont rendus en Louisiane après le passage du cyclone Katrina pour déblayer les débris et, chaque année, ils vont à Washington, la capitale du pays, pour organiser avec des bénévoles la dépollution du Potomac et de l'Anacostia.
Aux quatre coins des États-Unis, des volontaires forment des organisations non gouvernementales pour recueillir des échantillons d'eau ainsi que d'autres données destinées à vérifier l'état de salubrité de leurs bassins hydrographiques, données qu'ils communiquent aux autorités gouvernementales et aux parlementaires en vue de l'adoption de lois plus efficaces en matière de lutte contre la pollution. Si ces groupes œuvrent surtout à résoudre des problèmes locaux, souvent, ils font aussi partie de coalitions nationales.
« Il s'agit là de gens de la communauté qui sont les yeux, les oreilles et la voix de leurs cours d'eau. Ils participent bénévolement aux opérations de nettoyage et aux activités visant le rétablissement de conditions optimales ; ils constatent les anomalies, poussent les responsables gouvernementaux à prendre les mesures appropriées, et s'efforcent de responsabiliser les entreprises et les pollueurs, autant d'actions positives qui se concrétisent lorsque les gens s'investissent », a expliqué à l'USINFO M. Brian Van Wye, de l'« Earth Conservation Corps » (ECC, Corps pour la protection de la Terre).
L'ECC donne aussi la possibilité à des jeunes défavorisés de se familiariser avec les méthodes sous-tendant la protection de l'environnement. Le groupe a travaillé à dépolluer l'Anacostia, une rivière de Washington dans laquelle se déversent quelque 70.000 tonnes de détritus, de sédiments, et de matières polluantes charriés chaque année par les eaux pluviales, notamment des bouteilles en plastique, de vieux pneus, des gobelets en polystyrène et de vieux jouets.
Il s'agit là d'un projet annuel de dépollution baptisé « Capital River Relief » (soulager la rivière de la capitale) qui a vu le jour après la visite à Washington en 2002 du fondateur de LL&W, M. Chad Pregracke, dans le cadre de la remise d'un prix récompensant son travail de dépollution du Mississippi.
« Je n'en revenais pas de l'accumulation d'ordures sur les rives du Potomac », a-t-il précisé à l'USINFO. (En 2006, les ordures enlevées du Potomac et de l'Anacostia ont rempli 2.600 sacs.)
Comme il l'avait fait dans l'Illinois, où il travaille à partir d'une péniche ancrée à East Moline, M. Pregracke a organisé des groupes de bénévoles locaux et s'est assuré l'appui financier de sociétés privées. « Au cours des quatre dernières années, plusieurs milliers de bénévoles sont venus nous aider à Washington », a-t-il indiqué.
« Il nous faut comprendre que les activités auxquelles nous nous livrons dans nos quartiers ont une portée sur tout le reste », a souligné pour sa part le ministre américain des affaires intérieures, M. Dirk Kempthorne, qui était à la tête d'un groupe de bénévoles qui ont nettoyé le Potomac le 18 avril.
Nombreux sont ceux qui, après avoir participé à un tel projet d'assainissement, font la promesse de prendre garde à ne plus jamais figurer parmi les pollueurs.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)