20 avril 2007
Une universitaire souligne la liberté de culte qui règne dans ce pays.
Washington - De l'avis de Fatina Abdrabboh, étudiante de troisième cycle de l'université Harvard (Massachusetts) en études islamiques et en sécurité internationale, la diversité qui caractérise la communauté des femmes de religion musulmane aux États-Unis est le reflet de la liberté dont celles-ci jouissent lorsqu'il s'agit de pratiquer leur religion.
La culture américaine, affirme Fatina Abdrabboh, qui porte le foulard islamique traditionnel, permet à chacune d'entre elles d'être « qui elle veut et ce qu'elle veut ».
Prenant part, le 16 avril, à une discussion en ligne parrainée par le département d'État et qui comptait des participants de 17 autres pays, Fatina Abdrabboh a expliqué que, parmi les musulmanes aux États-Unis, les origines, expressions religieuses et positions politiques étaient extrêmement variées.
Faisant valoir que « pour la grande majorité des musulmanes, le port du foulard islamique ne semble poser de problèmes ni à l'université ni au travail », elle a précisé que ces femmes étaient employées dans tous les secteurs, notamment par le gouvernement fédéral et des entreprises privées, et que leurs occupations couvraient toutes les professions, allant des enseignantes aux prestataires de services.
« D'ailleurs, nombre de jeunes musulmanes aux États-Unis sont fières d'avoir décidé de couvrir leurs cheveux et de la liberté qui leur est donnée de le faire dans ce pays », a-t-elle souligné.
Présidente de l'association des étudiants musulmans à l'École d'administration John Kennedy de l'université Harvard, Fatina Abdrabboh est née à Dearborn (Michigan) où elle a été élevée. Elle a participé, en juin 2006, à un programme de conférences de dix jours au Niger parrainé par le département d'État durant lequel elle a évoqué ses recherches sur l'islam et sur la vie des musulmanes en Amérique.
Les États-Unis comptent quelque 2.000 mosquées et une population de musulmans qui se chiffre à entre 7 et 9 millions, comprenant aussi bien des immigrés du Moyen-Orient et d'Asie du Sud et leurs descendants que des Afro-Américains, a-t-elle précisé, ajoutant que cette « diversité contribue à la richesse et à la complexité de l'identité et du psyché de la musulmane américaine ».
Elle a mentionné le vaste éventail d'associations de musulmanes aux États-Unis qui se préoccupent de multiples questions, entre autres de questions humanitaires, de la prévention de la violence conjugale et de l'égalité entre les sexes. « Ce qui est encore plus important, c'est que le nombre de fédérations créées et dirigées par des femmes augmente », a-t-elle fait valoir.
Et d'ajouter : « Je pense qu'il est crucial que les musulmanes du monde entier tirent les enseignements des défis auxquels se heurtent d'autres femmes et qu'elles conjuguent leurs efforts. »
Elle a fait observer que la lutte en faveur de l'égalité des femmes ne concernait pas seulement les musulmanes et rappelé qu'une justice où le sexe de la personne n'est pas pris en compte était un « principe que nous devrions tous nous employer à parachever ».
Être musulmane aux États-Unis s'accompagne de certains avantages, a-t-elle expliqué, car ces femmes jouissent de la liberté d'expression et peuvent répondre aux nombreuses questions que se posent les Américains et dissiper les mythes et stéréotypes.
À son sens, les Américains sont de plus en plus nombreux à vivement s'intéresser à l'islam en général, au Moyen-Orient, aux arabes et à la culture musulmane, un intérêt qui se traduit par un intérêt croissant dans les cours de dialectes arabes à l'université Harvard et dans d'autres universités.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)