02 avril 2007

Les É.-U. cherchent à communiquer avec le peuple iranien

Le département d'État facilite les échanges entre citoyens.

 
L'équipe de lutte libre des É.-U. participe à Téhéran à la Coupe du golfe Persique
L'équipe de lutte libre des É.-U. participe à Téhéran à la Coupe du golfe Persique. (© AP Images)

Washington - Après un quart de siècle d'éloignement réciproque, les États-Unis cherchent à entrer en communication directe avec le peuple iranien dans l'espoir de tisser des liens plus étroits et de faciliter la compréhension entre les Iraniens et les Américains, affirme le sous-secrétaire d'État Nicholas Burns.

Ce dernier a déclaré à la commission sénatoriale des relations étrangères, le 29 mars, que les États-Unis et l'Iran se trouvaient dans une position diplomatique inhabituelle.

« Nous n'avons aucune relation avec l'Iran ; nous n'y avons pas d'ambassade. Il y a juste quelques hommes d'affaires et quelques journalistes américains. Il n'y a eu quasiment aucun contact entre nos deux pays. Mais si nous sommes opposés au régime iranien, nous devrions être plus ouverts à la possibilité de contacts directs avec les Iraniens. »

M. Burns a ensuite énuméré plusieurs programmes que le département d'État a mis en œuvre l'année dernière pour entrer en contact avec le peuple iranien. Afin de mieux communiquer avec ce dernier, les États-Unis ont renforcé leur présence en langue persane à la radio, à la télévision et sur Internet. Des programmes d'échange permettent également à des étudiants et à des professionnels iraniens de se familiariser avec le peuple et la culture des États-Unis.

« Si nous ne pouvons pas entretenir de relations normales avec le gouvernement iranien, nous pouvons ouvrir les voies de communication avec le peuple de l'Iran. Nous avons tous constaté l'énorme impact que pouvait avoir la poursuite d'études dans notre pays par des étrangers. Cela leur permet notamment d'acquérir une meilleure compréhension du peuple américain. Nous en récoltons les fruits 30, voire 40 ans plus tard, lorsque ces personnes acquièrent de l'influence sur leur société. »

Les sénateurs des deux partis ont accueilli favorablement les initiatives du gouvernement Bush. Le membre le plus influent du parti républicain au sein de la commission, le sénateur Richard Lugar (Indiana), a réclamé une action tous azimuts des États-Unis pour promouvoir les échanges entre citoyens.

Le président de la commission, le sénateur Joseph Biden, a exhorté le gouvernement à aller plus loin et à autoriser des organisations non gouvernementales (ONG) américaines à exercer en Iran. À l'heure actuelle, en effet, toutes les entités américaines se heurtent à une stricte limitation de leurs activités en Iran du fait des sanctions économiques que les États-Unis imposent à ce pays depuis 25 ans.

M. Burns a expliqué que le gouvernement aimerait voir plus d'ONG américaines à pied d'œuvre en Iran, mais a prévenu que des liens directs entre des organisations des États-Unis et des groupes de la société civile iranienne pourraient nuire politiquement à ces derniers.

Non content de promouvoir les échanges entre citoyens, a affirmé M. Burns, le département d'État est en train de bâtir les capacités permettant de mieux comprendre l'Iran. Il y a deux ans, une seule personne était affectée à la direction des affaires iraniennes. Il y en a huit aujourd'hui. Le département a en outre ouvert un bureau des affaires iraniennes à Dubaï. M. Burns a comparé cette démarche à la création du poste avancé de Riga, en Lettonie, d'où des diplomates américains ont pu étudier la situation en Union soviétique avant que les États-Unis ne décident d'ouvrir leur ambassade à Moscou en 1933.

M. Burns a par ailleurs souligné que certains membres du Congrès avaient cherché à établir personnellement des relations avec le parlement iranien, et il s'est félicité de ces efforts.

(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

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