11 septembre 2006

L'Iran doit respecter les exigences de la communauté internationale

Celle-ci n'est pas dupe des déclarations iraniennes sur l'énergie nucléaire.

 

Washington - De plus en plus de pays s'accordent à dire, avec les États-Unis, que les activités nucléaires de l'Iran ne cadrent pas avec les intentions pacifiques qu'il proclame.

C'est ce qu'a déclaré M. Gregory Schulte, le représentant des États-Unis auprès de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à Vienne (Autriche), le 5 septembre. Selon lui, la recherche frénétique menée par l'Iran en vue d'acquérir des techniques d'enrichissement d'uranium et de production de plutonium n'est pas nécessaires pour la production d'énergie nucléaire civile, car il s'agit là « des deux principaux moyens de production de matériel entrant dans la fabrication d'une bombe nucléaire ».

Jusqu'ici, l'Iran a fait la sourde oreille aux avances du secrétaire général de l'ONU, M. Kofi Annan, et du directeur général de l'AIEA, M. Mohammed El Baradei.

Le rapport rendu public le 31 août par M. El Baradei au sujet du programme nucléaire iranien montre que l'Iran a empêché l'AIEA à maintes reprises d'accéder aux informations qu'elle réclamait. M. El Baradei indique en outre dans son rapport que, après trois années de travail, il est toujours dans l'incapacité de certifier la nature pacifique du programme nucléaire iranien, a déclaré M. Schulte.

« L'Iran n'a pas pu apaiser les inquiétudes de l'AIEA au sujet de ses travaux impliquant des centrifugeuses de pointe », a-t-il dit.

Les dirigeants iraniens ont fait la sourde oreille aux exigences de l'ONU, ont manqué à leurs obligations internationales et ont fait fi des inquiétudes de la communauté internationale.

« De plus en plus d'États parviennent à la même conclusion que nous, à savoir que le programme nucléaire iranien, avec tous ses secrets et ses violations, ses liens au réseau A.Q. Khan et ses liens avec l'armée iranienne, est en fait une couverture pour la mise au point d'armes nucléaires. »

L'objectif des États-Unis est toujours de trouver une solution diplomatique, a affirmé M. Schulte, une solution dans laquelle les dirigeants iraniens « renonceront à la poursuite de l'arme nucléaire et respecteront complètement leurs obligations internationales ».

C'est pourquoi des responsables américains œuvrent avec leurs homologues européens, russes, chinois et autres afin de présenter un choix clair à Téhéran, a-t-il précisé.

Le choix qui serait le plus judicieux pour l'Iran serait de « coopérer avec la communauté internationale et de prendre des mesures crédibles pour prouver au monde que son programme nucléaire est strictement pacifique ».

Selon M. Schulte, pour ce faire, l'Iran doit commencer par respecter toutes les exigences de l'AIEA et du Conseil de sécurité de l'ONU, ce qui signifie « suspendre toutes les activités liées à l'enrichissement d'uranium et à la production de plutonium ».

Dans le cas contraire, des sanctions internationales devraient graduellement être imposées contre l'Iran.

Les sanctions internationales devraient être ciblées

Les sanctions sont partie intégrante d'un effort diplomatique international, a dit M. Schulte, et elles devraient viser le programme iranien d'armement et les activités que le soutiennent.

De telles sanctions, a-t-il dit, « aideront les dirigeants iraniens à comprendre que leurs obligations internationales doivent être prises au sérieux ».

« Ils doivent comprendre que leurs choix ont des conséquences, et que leur meilleure option demeure la voie de la coopération et de la négociation. »

L'Iran devait également comprendre qu'un mauvais choix « pourrait déclencher une course aux armements nucléaires dans l'une des régions les plus instables du monde », et risquerait de détruire le Traité de non-prolifération nucléaire, « la clé de voûte de la paix et de la sécurité internationales », dont l'Iran est signataire.

Dans quelle mesure l'Iran est-il proche de la mise au point d'une arme nucléaire ?

La réponse à cette question ne fait pas l'unanimité. Des sources israéliennes ont suggéré que l'Iran n'était peut-être qu'à deux ans de la mise au point d'une arme nucléaire, mais les services américains de renseignement sont d'avis que cette possibilité est plus reculée dans le temps.

Le directeur du Renseignement national, M. John Negroponte, a déclaré à la National Public Radio, le 1er septembre, que si l'Iran continuait à poursuivre ses ambitions nucléaires, il atteindrait probablement la capacité nucléaire d'ici cinq à dix ans.

Les milieux américains du renseignement estiment que l'Iran franchira les étapes nécessaires « au début, voire au milieu, de la prochaine décennie », a dit M. Negroponte.

Les Iraniens se sont engagés dans un processus de « dénégation et de duperie » au sujet de leurs intentions nucléaires, a-t-il affirmé. Ceci fait qu'il est difficile pour les spécialistes du renseignement « de savoir s'il existe un programme militaire secret et dans quelle mesure il a évolué ».

(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

Créer un signet avec :    Qu'est-ce que c'est ?