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27 octobre 2006

La grippe aviaire restera peut-être une menace pour les dix années à venir

Le coordonnateur de l'ONU pour la grippe aviaire déplore les victimes en Indonésie.

 

Nations unies - De l'avis du coordonnateur de l'ONU pour les questions liées à la grippe aviaire, M. David Nabarro, cette affection risque de faire peser une menace sur la santé des animaux, et peut-être des hommes, pendant les dix prochaines années.

Le virus H5N1 de la grippe aviaire, a-t-il indiqué le 23 octobre, à l'occasion d'une conférence de presse, « demeure une grave préoccupation de santé animale dans la plupart des régions du monde et nous pensons qu'elle le restera pendant les cinq voire même les dix années à venir ».

Précédemment attaché à l'Organisation mondiale de la santé (OMS), M. Nabarro a été nommé en 2005 par le secrétaire général de l'ONU, M. Koffi Annan, afin de faire en sorte que les divers organes de l'ONU réagissent de façon efficace et coordonnée aux initiatives mises en œuvre à l'échelle mondiale pour juguler la pandémie d'infection par le virus H5N1 parmi les volatiles et empêcher une pandémie de grippe chez l'homme.

Les spécialistes prévoient que le virus restera une menace constante du fait de son caractère hautement pathogène et de sa capacité à survivre longtemps chez certaines espèces d'oiseaux sauvages sans pour autant les rendre malades. Porteurs de ce virus, ces oiseaux le transmettent à des populations de volatiles plus vulnérables.

L'aptitude du virus à se répandre de diverses façons, par exemple du fait des migrations d'oiseaux sauvages, du commerce d'animaux vivants et des lacunes dans les pratiques agricoles en matière de biosécurité, en renforce encore plus le caractère pernicieux.

En 2006, une trentaine de pays ont fait état de flambées de grippe aviaire parmi des oiseaux sauvages ou des volailles domestiques. Et si la maladie ne s'est pas répandue aussi largement que l'on s'y attendait en Afrique, le nombre des flambées de grippe aviaire, de par le monde, a été plus important que durant n'importe quelle autre année.

Leurs services vétérinaires souffrant d'un manque de personnel et de fonds, il est très important que les pays africains renforcent leur capacité à faire face aux flambées de grippe aviaire, a souligné M. Nabarro.

Le virus H5N1 n'épargne pas les hommes. Au total, précise l'OMS, 256 infections ont été recensées aboutissant à la mort de 151 personnes. Des centaines de millions de volatiles sont morts ou ont été abattus afin de limiter la propagation du virus, qui frappe principalement les animaux, mais qui, s'il devait subir une mutation le rendant facilement transmissible chez l'homme, pourrait déclencher une pandémie mondiale de grippe.

« La mortalité due à ce virus chez l'homme est très élevée et l'Indonésie est le pays qui nous cause à tous, et en particulier à ses autorités sanitaires, une préoccupation de plus en plus vive », a dit M. Nabarro, soulignant la nécessité, pour la communauté internationale, de se préparer à l'éventualité d'une pandémie de grippe chez l'homme.

À ce jour, dix pays ont déclaré des cas d'infection humaine par le virus H5N1 et c'est en Indonésie que le nombre des morts dues à cette infection - 55 - est le plus élevé.

Diverses mesures visent à atténuer la menace d'une pandémie

Le 23 octobre, l'OMS publiait son Plan mondial d'action pour accroître l'approvisionnement en vaccins contre la grippe pandémique et les États-Unis annonçaient une contribution de 10 millions de dollars afin d'appuyer la mise au point et la production de vaccins contre la grippe dans divers pays.

La lutte contre la grippe aviaire implique également le changement de pratiques en matière d'élevage des volailles, et notamment d'empêcher les contacts entre les volailles des élevages commerciaux et les oiseaux sauvages et les volailles de basses-cours. De plus en plus de pays adoptent maintenant cette stratégie, notamment en Asie où la prévalence du virus de la grippe aviaire a été plus importante qu'ailleurs.

Les pays modernisent aussi leurs services vétérinaires pour être en mesure de réagir rapidement et efficacement aux flambées de grippe aviaire, et s'il reste encore beaucoup à faire, a fait valoir M. Nabarro, les efforts visant à faire face à cette maladie s'intensifient, en particulier en Asie.

Aux quatre coins du monde, les gouvernements sont conscients de leurs responsabilités lorsqu'il s'agit de se préparer à la possibilité d'une pandémie de grippe et ne ménagent aucun effort pour ce faire. « Il est possible que nous ayons réduit la possibilité qu'une pandémie se produise, mais nous ne baisserons jamais la garde au plan de la vigilance », a-t-il souligné.

S'étant récemment rendu en Thaïlande, au Vietnam et en Birmanie, M. Nabarro a constaté que ces trois pays travaillaient à juguler les flambées de grippe aviaire.

« La Thaïlande et le Vietnam sont, dans une certaine mesure, arrivés à contrôler le virus, mais tous deux redoutent que le virus n'ait pas été complètement éradiqué parmi leur population de volatiles et que la situation puisse se détériorer à n'importe quel moment », a-t-il expliqué.

La Birmanie, souvent critiquée par la communauté internationale pour son manque de coopération en ce qui concerne de graves questions sanitaires telles que le VIH/sida et la tuberculose, a réagi rapidement et avec une transparence totale aux sévères flambées qui ont touché le pays en 2006, réclamant l'aide de la communauté internationale, notamment des organes de l'ONU et des responsables d'autres gouvernements, a précisé M. Nabarro.

Pour leur part, les États-Unis ont investi quelque 400 millions de dollars en vue d'appuyer les initiatives mises en œuvre à l'échelle mondiale pour maîtriser la grippe aviaire et aider à éviter une pandémie de grippe chez l'homme.

(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

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