25 octobre 2006
Les déclarations de la secrétaire d'État à Moscou au sujet de l'assassinat de la journaliste russe Anna Politkovskaya
Washington - La journaliste russe Anna Politkovskaya, assassinée récemment à Moscou, « défendait ce qu'il y a de meilleur dans le journalisme indépendant, la volonté de tenter d'arriver à la vérité quel qu'en soit le prix », a déclaré la secrétaire d'État, Mme Condoleezza Rice, dans la capitale de la Russie.
« Le rôle de la presse indépendante est extrêmement important dans la société, en particulier pour le développement d'institutions démocratiques », a-t-elle dit. La liberté de la presse est essentielle au bon fonctionnement d'un régime démocratique, car les citoyens ont besoin d'informations pour demander des comptes à leurs élus.
Mme Rice s'est entretenue avec le fils et des collègues d'Anna Politkovskaya et leur a présenté ses condoléances le 21 octobre à Moscou. Elle a aussi répondu aux questions de M. Dimitri Muratov, le rédacteur en chef du quotidien « Novaya Gazeta », dont Anna Politkovskaya était l'un des journalistes les plus respectés.
Elle a été criblée de balles dans son appartement de Moscou le 7 octobre. On estime qu'il s'agit d'un homicide à forfait. Elle écrivait fréquemment des articles critiques au sujet du Kremlin, en particulier de sa politique en Tchétchénie, dans le cadre desquels elle a décrit la torture, les assassinats et les autres violations des droits de violence commises par tous les camps.
Le quotidien « Novaya Gazeta » est l'un des journaux russes de diffusion nationale qui a pris une position critique envers le gouvernement. Il « représente une très bonne bonne voix indépendante en Russie », a dit Mme Rice.
« Les journalistes d'enquête sont très souvent en danger parce qu'ils exposent la vérité. Très fréquemment ils s'attirent le mécontentement de ceux qui ont beaucoup à perdre si la vérité est révélée. Je reconnais qu'il s'agit d'une profession très dangereuse, mais sans les journalistes d'enquête qui sont disposés à chercher la vérité, il est très difficile à une démocratie de fonctionner. »
Les États-Unis, a-t-elle indiqué, ont demandé au gouvernement russe d'enquêter sur l'assassinat d'Anna Politkovskaya et de plusieurs autres journalistes. « Les gens doivent commencer à comprendre que les auteurs de ces crimes ont à en subir les conséquences », a-t-elle dit.
Selon le Comité pour la protection des journalistes, plus d'une dizaine de journalistes spécialisés dans la rédaction d'articles relatifs à la criminalité, à la corruption des pouvoirs publics ou aux violations des droits de l'homme ont été assassinés en Russie au cours des six dernières années. La Russie figure, d'après ce comité, au troisième rang des pays les plus dangereux pour les journalistes.
Mme Rice a cité le rôle important joué par la presse américaine aux États-Unis. « Nos journalistes en Irak, a-t-elle dit, sont très critiques du gouvernement des États-Unis. C'est la presse américaine qui a exposé ce qui s'était passé dans la prison d'Abu Ghraib. »
La secrétaire d'État a encouragé les journalistes russes à poursuivre leur tâche en dépit des difficultés, car leur travail constituait un élément essentiel d'une démocratie vigoureuse. Les assassinats des journalistes en Russie ont attiré l'attention du monde entier, notamment de ceux qui demandent que l'on poursuive leurs auteurs. « Vous n'êtes pas seuls dans votre lutte », a-t-elle dit.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)