16 octobre 2006
Les propos de Mme Ellen Terpstra, du ministère de l'agriculture, en prévision de la Journée mondiale de l'alimentation
Washington - Depuis plusieurs années, la biotechnologie agricole gagne des partisans, tant chez les cultivateurs qu'auprès des pouvoirs publics des pays en développement et, selon une haute responsable du ministère de l'agriculure des États-Unis (USDA), cette évolution positive pourrait livrer la clé de l'atténuation de la faim dans le monde et de l'ouverture des pays aux échanges agricoles.
Interviewée par le Washington File en prévision de la Journée mondiale de l'alimentation, qui a lieu le 16 octobre, Mme Ellen Terpstra, vice-ministre adjointe de l'agriculture chargée des services agricoles à l'étranger, a déclaré qu'à mesure qu'ils observaient que la culture de plantes génétiquement modifiées pouvait à la fois augmenter les rendements et procurer d'autres avantages tels qu'une meilleure résistance à la sécheresse et aux nuisances, les agriculteurs de par le monde s'employaient à convaincre les autorités agricoles de modifier leur réglementation de manière à autoriser l'importation de semences génétiquement améliorées.
Selon Mme Terpstra, grâce à ses programmes d'assistance technique et d'échanges, l'USDA aide d'autres gouvernements à adopter une réglementation « transparente, efficace et scientifiquement fondée » relative à la sécurité sanitaire des aliments, en remplacement des « interdictions arbitraires » frappant l'importation de produits issus de la biotechnologie.
Ces programmes ont également pour effet de permettre à ces pays de mieux assurer la sécurité sanitaire des aliments sur leur territoire, a-t-elle ajouté.
Par ailleurs, l'USDA consacre environ 150 millions de dollars par an au programme « Vivres pour le progrès » qui vise à promouvoir la mise en œuvre de projets de développement agricole, a dit la haute responsable.
Grâce à ce programme, les produits alimentaires de base dont les États-Unis font don à des pays bénéficiaires sont vendus localement et les revenus de la vente servent à financer des projets de développement agréés dans le domaine de l'économie et de l'infrastructure.
C'est ainsi que dans le cadre d'un projet entrepris au Tadjikistan par le Réseau Aga Khan d'organismes de développement, les recettes de la vente ou du troc des produits alimentaires donnés par l'USDA vont à la distribution de lait dans les écoles primaires, à la formation d'agents sanitaires locaux et d'ouvriers agricoles de l'élevage et à la prestation de services préventifs de santé aux mères et aux jeunes enfants.
En Afghanistan, ces fonds permettent de distribuer du lait aux enfants - cette distribution se faisant souvent à pied et dans des collectivités reculées - et de donner à des agriculteurs des cours de formation sur le terrain.
Mme Terpstra a également cité le programme d'aide alimentaire « Vivres pour l'éducation » lancé par l'USDA et qui connaît un succès grandissant. Ce programme financé à hauteur de 100 millions de dollars par an assure la distribution dans des pays dits « à déficit alimentaire » d'aliments nutritifs aux familles qui comptent des enfants d'âge scolaire, l'objectif étant d'inciter les parents à encourager leurs enfants, en particulier leurs filles, à aller à l'école au lieu de les faire travailler à l'extérieur ou de les retenir à la maison pour accomplir des travaux domestiques.
Ce même programme finance la reconstruction d'écoles, l'amélioration de l'accès des établissements scolaires aux services d'hygiène publique et à l'eau potable, ainsi que des projets qui aident les habitants à cultiver des fruits et des légumes afin d'améliorer l'alimentation de leurs enfants.
Depuis l'an 2000, ce programme a contribué à assurer l'alimentation de plus de 10 millions d'enfants dans plus de 40 pays et a amélioré la fréquentation scolaire ainsi que la formation des enseignants.
L'USDA aide aussi les pays en développement à apprendre à identifier et à traiter les maladies végétales et animales, a indiqué Mme Terpstra.
Cette dernière a enfin évoqué l'aide qu'apportait son ministère au Cochran Fellowship Program, qui permet à des agronomes et à de hauts fonctionnaires des pays en développement de venir faire des stages de formation intensive aux États-Unis. Près de 10.000 spécialistes du tiers monde ont déjà reçu une telle formation dans le cadre de ce programme.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)