16 octobre 2006
Le président Bush se félicite du « message clair » d'unité et de résolution.
Washington (Nations unies) - Après avoir déclaré que l'essai nucléaire de la Corée du Nord constituait « une menace claire pour la paix et la sécurité internationales », le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé à l'unanimité d'appliquer des sanctions internationales strictes et obligatoires à ce pays et lui a demandé instamment de mettre fin à ses essais nucléaires et au tir de missiles balistiques.
À la Maison-Blanche, le président Bush s'est félicité du « message clair » que la communauté internationale venait d'adresser au chef d'État de la Corée du Nord. « La mesure rapide et stricte que les Nations unies viennent de prendre, a-t-il dit, indique que nous sommes unis dans notre détermination à veiller à ce que la péninsule Coréenne ne compte pas d'armes nucléaires. »
« Il existe une meilleure voie pour le peuple nord-coréen, a-t-il ajouté. Si le chef d'État de la Corée du Nord mettait fin à ses programmes d'armement et qu'on puisse le vérifier, les États-Unis et d'autres États seraient disposés à aider son pays à se redresser sur le plan économique. »
À New York, le représentant permanent des États-Unis auprès de l'ONU, M. John Bolton, a déclaré pour sa part : « Aujourd'hui, nous envoyons un message vigoureux et clair à la Corée du Nord et aux autres pays désireux de se livrer à la prolifération nucléaire selon lequel les répercussions seraient graves s'ils persistaient à poursuivre leurs programmes d'armes de destruction massive. »
Il a qualifié la décision unanime du Conseil de sécurité de « mesure importante pour s'attaquer au problème nucléaire nord-coréen ». Les États-Unis, a-t-il dit, sont « heureux que le Conseil de sécurité ait été unanime à condamner l'action du gouvernement de Pyongyang et à prendre une mesure claire, ferme et punitive en adoptant cette résolution, montrant ainsi à la Corée du Nord et à d'autres pays que le Conseil de sécurité est prêt à faire face à des menaces pesant sur la sécurité internationale en agissant sans tarder ».
Le Conseil de sécurité a adopté une résolution à cet effet le 14 octobre, à l'issue de six jours de négociations qui ont fait suite à l'essai nucléaire souterrain effectué par la Corée du Nord le 9 octobre. M. Bolton, qui était accompagné du représentant permanent de la Chine, M. Wang Guangya, a fait part à la presse de l'aboutissement des négociations et annoncé que tous les quinze membres du Conseil de sécurité avaient décidé d'adopter le projet de résolution.
M. Wang a déclaré pour sa part que le projet de résolution constituait une « mesure ferme, énergique et adaptée ».
M. Bolton a indiqué que le texte final du projet de résolution était « tout à fait satisfaisant pour les États-Unis » et qu'il « réalisait tous les grands objectifs » que Washington avait cherché à atteindre pendant son élaboration.
Par sa nouvelle résolution, le Conseil de sécurité décide que « tous les États membres devront empêcher la fourniture, la vente ou le transfert, directs ou indirects, vers la République populaire démocratique de Corée, (...) de chars de combat, de véhicules blindés de combat, de systèmes d'artillerie de gros calibre, d'avions de combat, d'hélicoptères d'attaque, de navires de guerre, de missiles et de lanceurs de missiles (...) ou matériel connexe ».
En outre, « tous les États membres devront s'opposer à tout transfert à destination ou en provenance de la République populaire de Corée, par leur nationaux ou en provenance de leurs territoires respectif, de formation technique, de services conseil, de services ou d'assistance liés à la fourniture, à la fabrication, à l'entretien ou à l'utilisation des articles énumérés » ci-dessus.
Une disposition de la résolution prévoit également l'interdiction de la vente d'articles de luxe à la Corée du Nord.
Tous les États membres de l'ONU sont invités à coopérer notamment en procédant à l'inspection du fret à destination ou en provenance de la Corée du Nord selon que de besoin.
Par ailleurs, ils devront bloquer immédiatement les fonds, les avoirs financiers et les ressources économiques se trouvant sur leur territoire qui sont la propriété ou sous le contrôle direct ou indirect des personnes ou entreprises liées aux programmes en rapport avec les armes nucléaires, les missiles balistiques et autres armes de destruction massive de la Corée du Nord.
Cette dernière mesure ne s'applique pas aux transactions financières et aux ressources nécessaires pour régler les dépenses ordinaires (vivres, loyers, mensualités de prêts hypothécaires, médicaments ou frais médicaux, impôts, primes d'assurance, factures d'électricité et d'eau, etc.).
Il en est de même pour les biens et les services d'ordre humanitaire car, a expliqué M. Bolton, le Conseil de sécurité se préoccupe de l'action du gouvernement nord-coréen et ne cherche pas à faire souffrir encore plus la population nord-coréenne.
Le Conseil de sécurité a adopté la résolution en vertu du chapitre VII de la Charte de l'ONU, et en particulier de son article 41, lequel n'autorise que des moyens n'impliquant pas l'usage de la force.
En ce qui concerne les pourparlers à six, il invite la Corée du Nord à les « reprendre immédiatement (...) sans conditions préalables ».
Selon M. Bolton, si la Corée du Nord applique dans son intégralité la résolution et qu'elle reprend les pourparlers à six, le Conseil de sécurité lèvera les sanctions prévues, mais si ce pays continue de progresser sur la voie actuelle, il aura à faire face à d'autres « conséquences graves ».
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)