13 octobre 2006

Sismologie : un groupe d'universités américaines prête du matériel à l'étranger

Ce matériel est destiné à équiper des stations sismiques.

 

Washington - Un groupe d'universités américaines bénéficiant d'une aide financière de l'État fédéral prête sur une longue période du matériel sismologique à des organismes du monde entier qui cherchent à mettre en place des stations sismiques ou à les moderniser.

Le matériel offert à titre gratuit sera utile aux pays ou à des organismes désireux de mettre en place des réseaux d'observation des séismes et à des universités pour leur enseignement et pour leur recherche. Les prêts de matériel sont aussi destinés à encourager la coopération et les échanges de données sans restriction entre sismologues et d'autres scientifiques.

La sismologie est l'étude des séismes et de la structure de la Terre à l'aide d'ondes sismiques produites naturellement ou artificiellement. Les réseaux de stations sismiques sont les principaux moyens utilisés afin d'étudier les séismes, de déceler les explosions nucléaires souterraines et de surveiller d'autres sources d'ondes sismiques qui se propagent dans le sol.

Un institut de recherche sismologique financé par la Fondation nationale des sciences des États-Unis, l'IRIS (Incorporated Research Institute for Seismology), offre des enregistreurs de données de 24 octets dotés de 6 pistes qui reçoivent les signaux des sismomètres, puis les numérisent et les enregistrent.

Les enregistreurs de données peuvent aussi transmettre les données à un centre de gestion des données chargé de les communiquer à d'autres sismologues.

Un haut responsable de l'IRIS, M. Raymond Willemann, a déclaré au « Washington File » que ces enregistreurs de données servaient depuis une dizaine d'années à réaliser des expériences dans le monde entier. « Ils fonctionnent encore très bien, mais chaque fois qu'on les expédie, des petites pièces se détachent, et il faut les souder pour les remettre en place. À la longue, ces instruments ne sont plus utiles pour la réalisation d'expériences si l'on doit les expédier à travers le monde, mais ils seraient bons pour des stations sismiques permanentes. »

Les observatoires de la Terre

Un enregistreur de données n'est qu'un des éléments d'une station sismique, qui comporte aussi un sismomètre placé dans une enceinte, un panneau solaire et parfois un module de communications autoportant.

De forme cylindrique, l'enceinte du sismomètre est d'environ 1 mètre de large et de 2 mètres de profondeur et comporte une base en béton. Elle est en grande partie enterrée. À l'intérieur, on y trouve des piles, un système de données, un récepteur du système mondial de localisation, du matériel de communications et d'autres dispositifs électroniques. Un panneau solaire et une antenne de communications sont fixés sur un mât métallique qui se trouve à moins de 5 mètres de l'enceinte du sismomètre.

Les réseaux de stations sismiques permettent aux chercheurs d'étudier la Terre et de l'observer. L'un de ces réseaux, le Réseau sismographique mondial (Global Seismographic Network ou GSN) financé par la Fondation nationale des sciences, comprend 128 stations sismiques dans quelque 80 pays répartis dans tous les continents. Il surveille les séismes, les signale dans le monde entier et surveille également les explosions nucléaires à travers le monde.

Ce réseau relève de l'IRIS, qui comprend aussi un ensemble de sismomètres portatifs à son centre d'instrumentation PASSCAL au Nouveau-Mexique, un centre de gestion des données où sont enregistrées les données sismiques du GSN, du centre PASSCAL et du Geological Survey des États-Unis, ainsi qu'un programme d'information et de vulgarisation.

Un autre réseau, la Fédération internationale des réseaux de sismographes numériques (International Federation of Digital Seismograph Networks), est un organisme mondial dont les membres sont des groupes chargés d'installer et d'entretenir des sismographes sur leur territoire ou dans le monde. Les membres coordonnent leur action en ce qui concerne l'emplacement des stations sismiques et fournissent un accès libre à leurs données.

M. Willeman a indiqué que l'IRIS n'offrait que des enregistreurs de données et non pas tout le matériel nécessaire pour équiper une station sismique et qu'il recherchait donc des organismes susceptibles d'obtenir les fonds nécessaires à l'acquisition des autres appareils nécessaires. Les enregistreurs de données peuvent aussi servir à moderniser des stations sismiques existantes.

L'IRIS est actuellement en pourparlers avec l'Arabie saoudite, le Bangladesh, le Maroc et la Tunisie au sujet de l'élargissement de son programme de prêts de matériel. L'Asie centrale, l'Asie du Sud-Est, les Philippines et la Thaïlande ne font pas encore partie de réseaux sismiques.

Pour participer à ce programme, les institutions compétentes doivent avoir les moyens techniques de s'occuper des enregistreurs de données, décrire le type de sismomètre qu'elles comptent utiliser avec les enregistreurs de données et s'engager à communiquer leurs données sismiques à d'autres institutions et à d'autres pays.

AfricaArray

L'IRIS a annoncé ce programme de prêts de matériel en juin, après avoir établi un projet pilote du programme AfricaArray organisé par M. Andrew Nyblade de l'université d'État de la Pennsylvanie et par des chercheurs de l'université de Witwatersrand en Afrique du Sud.

AfricaArray constitue un partenariat entre le secteur public et le secteur privé qui vise, sur une période de vingt ans, à encourager des programmes de formation et de recherche destinés à doter les pays africains de scientifiques spécialisés dans le secteur des ressources naturelles telles que le pétrole, les minerais et l'eau. Il sera mis en place en trois étapes au cours d'une période de dix ans.

Le financement d'AfricaArray provient en partie de la Fondation nationale des sciences, du ministère américain de l'énergie et de la Fondation nationale de la recherche de l'Afrique du Sud, ainsi du secteur privé. Il reçoit aussi une assistance technique d'organismes tels que l'IRIS.

Son objectif est de mettre en place des programmes de formation en géophysique et de favoriser la recherche dans ce domaine en Afrique, d'établir un mécanisme de soutien à la recherche et de recueillir des données géophysiques par l'intermédiaire d'un réseau d'observatoires destinés à étudier les phénomènes géologiques du continent africain.

« Nous ne pouvons pas bien former les étudiants africains à ce niveau si nous ne disposons pas d'un système de recherche pour consolider cette formation. C'est là où le réseau de stations sismiques a un rôle à jouer », a déclaré M. Nyblade au « Washington File ».

Dès qu'AfricaArray sera mis en place, ce modèle de renforcement des capacités au moyen de la formation et de la recherche servira dans d'autres domaines scientifiques essentiels pour l'exploitation des richesses naturelles de l'Afrique.

« L'IRIS souhaite que ce matériel serve à faciliter la réalisation d'autres projets tels qu'AfricaArray dans d'autres parties du monde », a souligné M. Nyblade.

(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

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