11 octobre 2006
C'est selon elle un impératif moral.

Washington - Un consortium international n'est peut-être pas parvenue à atteindre son objectif qui était l'éradication de la polio en 2005 mais, selon la sous-secrétaire d'État à la démocratie et aux affaires mondiales, Mme Paula Dobriansky, cette tâche peut être accomplie avec « de la volonté, de la coopération et l'engagement des collectivités ».
Lors d'une allocution prononcée le 10 octobre à l'université George Washington, Mme Dobriansky a déclaré que l'éradication de cette maladie était « un objectif clé de la politique étrangère des États-Unis et l'une des priorités du gouvernement Bush dans le domaine de la santé publique mondiale ».
Depuis le lancement, dans les années 80, d'un vaste programme de vaccination des enfants dans le monde, l'incidence de la poliomyélite a baissé de 99 %.
L'Initiative mondiale pour l'éradication de la poliomyélite (GPEI) visait à éliminer cette maladie d'ici à 2005, mais on trouve encore le virus dans quatre pays : Afghanistan, Inde, Nigeria et Pakistan.
Dix autres pays qui avaient éradiqué la maladie ont rapporté de nouveaux cas en 2006, situation imputable à la mauvaise mise en œuvre des programmes de vaccination qui a permis au virus de se propager des pays endémiques aux pays d'où on pensait qu'il avait été éliminé.
Afin de continuer la bataille contre la maladie, la diplomatie doit renforcer son action dans le domaine de la santé publique, a affirmé Mme Dobriansky, qui a lancé un appel à un engagement renouvelé et renforcé de la part de la communauté internationale.
« Nous devons lutter contre la lassitude, le manque d'enthousiasme et le soutien financier décroissant de certains donateurs », a-t-elle ajouté. Les États-Unis ont versé 28 % des cinq milliards de dollars qui ont été alloués à la GPEI à ce jour, dont 132 millions de dollars pour la seule année 2006.
Mais le manque de moyens financiers sape les travaux de la GPEI, et Mme Dobriansky a affirmé que le gouvernement Bush œuvrerait avec ses partenaires internationaux pour tenter de rassembler plus de fonds pour cette cause.
Des journées nationales de vaccination, lorsque des millions d'enfants reçoivent des doses qui les protègent de la maladie, sont nécessaires pour aboutir à l'éradication de la polio, mais elles nécessitent la participation des collectivités locales.
« Les autorités locales et les chefs religieux ont un rôle crucial à jouer au niveau de la dissémination d'informations utiles, de la lutte contre les idées reçues et de l'instauration de la confiance à l'égard de l'immunisation », a ajouté Mme Dobriansky.
La campagne contre la polio est longue et devient de plus en plus difficile, mais elle ne peut pas être abandonnée. « La voie la plus difficile, la voie morale, la voie stratégique, est de persévérer, de mener la lutte jusqu'à son aboutissement. »
Au 4 octobre, la GPEI faisait état de 1.353 cas de polio en 2006, soit une augmentation par rapport aux 1.273 cas enregistrés en 2005. Le Nigeria, avec 850 cas déclarés en 2006, est le pays le plus touché.
Les principaux partenaires de la GPEI sont Rotary International, le Centre d'épidémiologie des États-Unis, l'Organisation mondiale de la santé et l'UNICEF.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)