21 novembre 2006

La vie traditionnelle à l'honneur au Musée des Indiens d'Amérique

Une exposition présente des récits et des objets sacrés de tribus de la côte Pacifique.

 
Masque inspiré d'un corbeau de la tribu Nuxalt
Masque inspiré d'un corbeau de la tribu Nuxalt. Il fait partie de l'exposition « À l'écoute de nos ancêtres ». (© AP Images)

Washington - Le Musée national des Indiens d'Amérique, situé à Washington, présente une exposition qui ne cesse de susciter un vif intérêt et de nombreuses activités en raison de son thème principal reliant la vie des Amérindiens d'aujourd'hui aux traditions de leurs ancêtres.

Intitulée « À l'écoute de nos ancêtres : l'art de la vie autochtone de la côte Pacifique », cette exposition réunira pendant quelque temps encore (jusqu'au 2 janvier) plus de quatre cents œuvres d'art et objets de la vie courante appartenant aux Amérindiens des États du Washington et de l'Alaska et aux populations autochtones de l'actuelle Colombie britannique, ainsi que des commentaires de représentants des diverses tribus.

« Notre manière d'être, notre vue du monde dans toute sa profondeur et toute sa complexité, continuent de nous définir », déclarent des membres de la nation Tsimshian. « Les objets de cérémonie qu'on utilisait hier et ceux qu'on utilise aujourd'hui ne sont séparés que par le temps ; ils renferment toujours le cœur de notre peuple. »

Invités à raconter leur histoire, des membres d'une tribu, les Kwakwaka'wakw, rappellent les mesures prises par le gouvernement canadien pour interdire leurs « potlatches », ou fêtes traditionnelles, des années 1880 aux années 1950, emprisonnant ceux qui défiaient l'interdiction et leur enlevant leurs parures et leurs masques.

Une autre tribu, celle des Nuxalk, décrit comment, durant les longues années d'interdiction des potlatches, les anciens arrivaient à raconter leurs histoires traditionnelles la nuit, en secret.

L'un des aspects remarquables de l'exposition a trait au fait que les membres des onze communautés autochtones dont la culture y est représentée ont participé au premier chef à son organisation, notamment en décidant quels objets seraient présentés et comment. Cette approche inédite découle tout naturellement du point de vue que le conservateur du musée, M. Richard West, lui-même de la tribu des Cheyennes, a exprimé dans la brochure de l'exposition, selon lequel le musée et ses employés n'étaient que les gardiens de collections appartenant aux communautés culturelles représentées.

La plupart des objets datent du XIXe siècle et du début du XXe et proviennent de la collection permanente du musée, qui en compte plus de huit cent mille. On y voit notamment une barque creusée dans un tronc d'arbre, des lances, des outils de chasse à la baleine, des tuniques, des couvre-chef, des coffrets ouvrés, des instruments de percussion, des habits de cérémonie, des bijoux faits d'os de baleine et d'ormeaux, des cuillères, des bols, des louches travaillées dans des cornes de moutons des Rocheuses, des paniers, des tapis, des masques suscitant les uns l'admiration les autres l'épouvante, et bien d'autres objets encore.

Les onze nations représentées sont les suivantes : Salish de la côte, Makah, Nuu-chah-nulth, Kwakwaka'wakw, Heiltsuk, Nuxalk, Tsimshian, Gitxsan, Nisga'a, Haida et Tlingit.

Les autochtones contemporains apportent à l'exposition une perspective vitale sur la signification profonde des objets et montrent combien ces derniers demeurent des éléments essentiels de la vie spirituelle de leur peuple. Les différents objets sont en effet accompagnés de commentaires enregistrés par les Amérindiens, qui les relient ainsi aux voix de leurs ancêtres.

Par exemple, Barb Cranmer, des Kwakwaka'wakw, a choisi de présenter des objets et des parures liés aux cérémonies de l'Écorce de cèdre rouge exécutées lors des potlatches. « C'est durant ces cérémonies que les participants pénètrent dans le monde des esprits pour saisir un pouvoir surnaturel et se fondre dans notre histoire et dans nos danses. »

D'autres objets représentent des créatures surnaturelles dépeintes dans les récits des origines des Kwakwaka'wakw.

Le membre des Gitxsan a choisi des objets destinés à démontrer « notre conception de l'univers et notre relation avec des entités puissantes ». Les Gitxsan croient que les êtres humains font un avec la nature, les animaux et les esprits.

Pour ceux qui ne peuvent se rendre à Washington pour la visiter, il existe de cette exposition une version sur l'internet contenant des photographies réparties selon les tribus. La section sur les Kwakwaka'wakw, par exemple, associe les objets de l'exposition à des explications sur les coutumes tribales relatives à la naissance, à la puberté, aux origines, aux danses de la paix et aux cérémonies de l'Écorce de cèdre rouge.

(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

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